En juillet 2026, l'indice FAO des prix alimentaires progresse de 0,6 %, porté par le blé, le maïs et les huiles végétales. Pendant que le riz demeure stable, cette hausse mondiale révèle l'ampleur des pressions sur les économies ouest-africaines, importatrices nettes de céréales et d'huiles. Alors que les débats sur la souveraineté alimentaire s'intensifient dans la sous-région, ce nouvel épisode rappelle l'urgence d'une transformation structurelle des filières stratégiques.

Infographie — Riz · Souveraineté alimentaire

Dans ce contexte, la question posée aux États ouest-africains est moins celle de la variation conjoncturelle des cours que celle de la résilience des systèmes alimentaires. Les initiatives régionales, comme la mise en œuvre de la Politique agricole de la CEDEAO et les stratégies nationales de souveraineté rizicole, tentent d'apporter des réponses structurelles. Mais l'écart entre les intentions et la réalité des investissements demeure considérable. La stabilisation des cours du riz, si elle se confirme, offre une marge de manœuvre précieuse. La question est de savoir si les gouvernements sauront l'utiliser pour transformer en profondeur leurs agricultures, plutôt que de retomber dans une dépendance commodément entretenue par des prix mondiaux bas.

Au-delà du chiffre de l'indice, c'est la capacité de l'Afrique de l'Ouest à évoluer dans un marché mondial de plus en plus volatil qui se trouve interrogée. Les cours du blé et du maïs, liés aux crises géopolitiques et climatiques, pourraient poursuivre leur ascension, tandis que le riz, produit stratégique pour la région, reste soumis à des aléas multiples. Dans un contexte où les chaînes d'approvisionnement mondiales se redéfinissent, les filières ouest-africaines ont l'opportunité de repenser leurs articulations entre exportation et consommation locale, entre production agricole et transformation industrielle. Un chantier qui dépasse le simple calcul économique, pour toucher à la stabilité politique et sociale des pays côtiers et sahéliens.