En mai 2026, Global Atomic repoussait à 2028 les premières livraisons de son projet Dasa au Niger, tandis que le junior canadien Cosa Resources annonçait des levés radiométriques dans l'Athabasca. Parallèlement, des tensions sociales montent à Tillabéri sur fond de revendications hydriques et environnementales. Ces événements révèlent les fragilités d'un secteur uranifère nigérien tiraillé entre attractivité mondiale et exigences locales de souveraineté.
Niger vs Canada : la double face de l’uranium
Entre ruée canadienne, tensions sociales et enjeux hydriques, le secteur uranifère nigérien illustre les fragilités d’une ressource stratégique.
Coup d’État au Niger
Environnement politique incertain, gel de plusieurs projets miniers.
Global Atomic repousse Dasa à 2028
Projet nigérien retardé : difficultés de financement et instabilité politique.
Cosa Resources lance des levés dans l’Athabasca
Junior canadien accélère l’exploration avec 9 M$ de travaux.
- ⚠️ Projet Dasa repoussé à 2028
- 🔒 Financement bloqué + instabilité politique
- 💧 Tensions sociales à Tillabéri (eau, environnement)
- 📉 Inflation : -4,6 % (FMI)
- 🚀 Cosa Resources : levés radiométriques en cours
- 💰 9 millions $ de travaux (Aurora, Astro)
- 🤝 Partenariats avec Traction Uranium & Global Uranium
- 📈 Demande data centers + objectifs climatiques
Le 14 mai 2026, une marche d’envergure a rassemblé des habitants de Tillabéri (ouest du Niger) pour dénoncer l’accaparement des ressources hydriques par les mines d’uranium. Entre sécheresse chronique et besoins industriels, la cohabitation devient explosive. Les revendications environnementales s’ajoutent aux tensions politiques post-coup d’État.
Une exploration canadienne en plein essor
L'annonce par Cosa Resources fin juin 2026 illustre un mouvement de fond dans le secteur de l'uranium : la quête de nouvelles réserves s'accélère en Amérique du Nord, portée par la demande des data centers et les objectifs climatiques. Le modèle de Cosa repose sur des accords d'option avec Traction Uranium et Global Uranium, qui financeront plus de 9 millions de dollars de travaux sur les projets Aurora et Astro, dans le bassin de l'Athabasca. En contrepartie, Cosa conserve des participations résiduelles et des redevances, réduisant la dilution actionnariale. Ce mécanisme contraste avec les difficultés rencontrées au Niger, où le projet Dasa de Global Atomic a vu son calendrier glisser à 2028, invoquant des défis de financement et un environnement politique incertain depuis le coup d'État de juillet 2023.
Tensions sociales et revendications hydriques à Tillabéri
Le 14 mai 2026, une marche d'envergure à Tillabéri, à l'ouest du Niger, a rassemblé les Forces vives de la région du fleuve. Les manifestants réclament une meilleure redistribution des revenus miniers et dénoncent l'insécurité persistante, mais aussi les impacts environnementaux de l'exploitation minière, notamment la pollution des nappes phréatiques et la raréfaction de l'eau. Cette mobilisation s'inscrit dans une contestation plus large des modèles extractifs en Afrique de l'Ouest. Le Mali et le Burkina Faso ont déjà revu leurs codes miniers pour accroître la part de l'État, et le Niger s'engage dans une renégociation des contrats avec les opérateurs étrangers.
L'eau, nerf de l'avenir minier
La tenue prochaine d'un Forum Africain de l'Eau à N'Djamena, doté de 160 millions de dollars de la Banque mondiale, rappelle que l'accès à l'eau conditionne l'avenir du secteur extractif sahélien. Au Niger, les mines d'Arlit et d'Akouta, exploitées par Orano, consomment d'importantes quantités d'eau dans une région aride. Les revendications des populations locales sur ce point pourraient ralentir les projets futurs. La renégociation des contrats exigée par le régime de transition vise à obtenir une plus grande part des bénéfices et un meilleur contrôle de la chaîne de valeur, mais les investisseurs étrangers, comme Global Atomic, restent prudents.
Une demande mondiale soutenue
Pendant ce temps, la demande d'uranium ne faiblit pas. Les utilities verrouillent des contrats d'approvisionnement à long terme, portées par l'essor des data centers et les engagements de décarbonation. Cette pression tire l'exploration vers des zones politiquement stables, comme le bassin de l'Athabasca, au détriment de régions plus risquées comme le Sahel. Le contraste est saisissant entre la fluidité des capitaux au Canada et les blocages nigériens.
*Le projet Dasa, s'il voit le jour en 2028, pourrait offrir une nouvelle source de devises au Niger, mais à condition que les tensions sociales et les enjeux hydriques soient résolus. La redéfinition des modèles extractifs en Afrique de l'Ouest semble inéluctable, même si les chemins restent incertains.*
La trajectoire de la filière uranifère nigérienne, écartelée entre attractivité mondiale et exigences locales de souveraineté, illustre les défis plus larges de l'extraction minière en Afrique de l'Ouest. Entre renégociations des contrats, pressions environnementales et course aux matières premières stratégiques, les équilibres sont en train de se redessiner. Reste à savoir si le Niger parviendra à concilier ces forces contraires sans compromettre son développement.