Le 26 mai 2026, Global Atomic annonce avoir obtenu un appui politique ferme du Niger pour son projet d'uranium Dasa, après des mois de reports et d'incertitudes. Cette nouvelle marque un tournant dans la stratégie du régime militaire, qui cherche à concilier contrôle national et besoins d'investissement étranger. Le projet, présenté comme stratégique, soulève des questions sur la répartition des bénéfices et la dépendance aux cours mondiaux.
Dasa : le grand virage du Niger post-coup
Après des mois de tensions, Niamey donne son feu vert politique au géant canadien Global Atomic. Un revanchement pragmatique pour un pays sous sanctions.
Régime militaire veut garder la main sur les ressources. Défiance envers les partenaires traditionnels.
Sanctions, inflation, déficit budgétaire. Le Niger a un besoin urgent de recettes et d'emplois.
✅ Feu vert politique à Global Atomic
« Investissement majeur pour le Niger » — Président Tiani
Le Niger sous sanctions a un besoin urgent de recettes fiscales et de création d'emplois.
Le redressement des relations entre Niamey et Global Atomic s'explique par un calcul pragmatique : besoin urgent de recettes et d'emplois. Le projet Dasa, plus grand projet minier en développement du Niger, pourrait générer des centaines de millions de dollars de revenus pour le Trésor. Mais ce rapprochement s'inscrit dans une recomposition plus large, marquée par la défiance envers les partenaires traditionnels.
La visite des dirigeants de Global Atomic à Niamey début mai 2026 a débouché sur une lettre de soutien du président Tiani qualifiant le projet Dasa d'investissement majeur pour le Niger. Une déclaration qui contraste avec les tensions des mois précédents, marquées par le report des premières livraisons à 2028. Le contexte géopolitique régional, dominé par la défiance envers les partenaires traditionnels, avait freiné l'avancée du dossier.
Le redressement des relations entre Niamey et le groupe canadien s'explique par un calcul pragmatique: le besoin urgent de recettes fiscales et de création d'emplois dans un pays frappé par les sanctions. Dasa, détenu à 80% par Global Atomic et 20% par l'État, représente le plus grand projet minier en développement du Niger. Avec une production annuelle prévue de 4 à 5 millions de livres d'U3O8, il pourrait générer des centaines de millions de dollars de revenus pour le Trésor.
Mais ce rapprochement s'inscrit dans une recomposition plus large. En se tournant vers des investisseurs canadiens et en obtenant leur soutien, le régime de Tiani diversifie ses partenaires tout en maintenant un contrôle accru via la participation publique et l'appui présidentiel direct. Il s'agit d'une tentative de concilier souveraineté – un thème clé du discours post-coup – et attractivité pour les capitaux étrangers.
La dynamique mondiale du nucléaire joue aussi en faveur du projet. La demande d'uranium est soutenue par la relance des réacteurs en Asie et en Europe, ainsi que par les besoins énergétiques liés à l'intelligence artificielle. Les prix, bien qu'encore volatils, offrent des marges suffisantes pour justifier des investissements lourds. Global Atomic mise sur une technologie d'extraction moins coûteuse, mais les délais déjà annoncés suggèrent des défis techniques.
Pour le Niger, l'enjeu dépasse le simple apport fiscal. Le projet Dasa est présenté comme un levier de développement des infrastructures et de formation locale. La première visite des représentants gouvernementaux sur le site en mai 2026 témoigne de la volonté de s'assurer que les retombées profitent au territoire. Reste à savoir si ce contrôle renforcé suffira à éviter les écueils des projets miniers passés, souvent critiqués pour leur impact limité sur les communautés.
Dans un Sahel où les régimes militaires multiplient les discours de rupture avec l'ancien ordre, le cas Dasa illustre la difficile équation entre affirmation nationale et nécessité de capitaux. L'équilibre trouvé aujourd'hui pourrait servir de modèle – ou de repoussoir – pour d'autres pays tentés par une voie similaire. Mais il dépendra aussi de l'évolution des cours de l'uranium et de la stabilité politique régionale.
Le soutien de Niamey au projet Dasa n'efface pas les incertitudes structurelles : dépendance aux prix mondiaux, tensions géopolitiques, capacité à attirer d'autres investisseurs. Cette décision pose une question plus large : comment les régimes sahéliens peuvent-ils transformer leurs ressources naturelles en leviers de souveraineté sans tomber dans une nouvelle forme de dépendance ?