Au Nigeria, l’amélioration de la sécurité dans le delta du Niger se traduit par une hausse de la production pétrolière, tandis qu’au Niger, le projet uranifère de Dasa voit ses premières livraisons reportées à 2028. Deux histoires qui, lues ensemble, éclairent les fragilités structurelles du secteur extractif ouest-africain et les conditions toujours précaires de la souveraineté énergétique régionale.

Infographie — Pétrole · OPEP & Marchés

La comparaison entre les deux pays met en lumière une asymétrie dans la réponse aux défis sécuritaires. Au Nigeria, l’État fédéral dispose de moyens financiers et militaires conséquents pour déployer des dispositifs de protection, même imparfaits. Au Niger, le gouvernement de transition manque à la fois de ressources et de reconnaissance internationale, ce qui retarde les partenariats miniers et les investissements étrangers. Le contraste souligne aussi la dimension politique de la sécurité : la stabilité du delta du Niger est un enjeu vital pour l’économie nigériane, tandis que l’uranium nigérien, bien que stratégique, ne pèse pas autant dans le PIB national, ce qui limite l’urgence des réponses.

Ces deux trajectoires rappellent que la valorisation des ressources extractives en Afrique de l’Ouest dépend moins de la qualité des gisements que de la capacité des États à garantir un environnement sécurisé et stable. Au-delà du pétrole et de l’uranium, c’est tout le modèle de développement extractif régional qui est interrogé : comment transformer des ressources non renouvelables en leviers de souveraineté durable quand la violence et l’instabilité restent des variables lourdes ? La question est d’autant plus pressante que la transition énergétique mondiale amorce une recomposition de la demande en hydrocarbures et en minerais, plaçant les États ouest-africains face à une fenêtre d’opportunité qui pourrait se refermer si les conditions de production ne s’améliorent pas.