Le 27 juillet, Human Rights Watch a publié un rapport accusant Perenco, unique producteur de pétrole en RDC, de pollutions graves à Muanda. L'ONG documente torchage de gaz, fuites de pétrole et impact sanitaire sur les populations. Cette nouvelle mise en cause s'ajoute à une série de critiques, alors que la BRVM vient de battre un record, témoignant de l'appétit pour les valeurs minières et pétrolières en Afrique de l'Ouest.
Perenco en RDC : pollution chronique, impunité persistante
Le rapport de Human Rights Watch du 27 juillet 2026 documente des infractions environnementales graves à Muanda. Torchage illégal, fuites de pétrole, impacts sanitaires : retour sur une affaire qui éclabousse le secteur.
Deux études indépendantes confirment la contamination des sols et des cours d’eau par des fuites de pétrole à Muanda.
Entre janvier 2025 et mars 2026, le torchage du gaz — interdit par la loi congolaise — est observé sur cinq sites, dont un à moins de 80 mètres des habitations.
Human Rights Watch publie son rapport le 27 juillet. Les riverains signalent maladies respiratoires, douleurs thoraciques et nausées. Images satellitaires à l’appui.
Cinq sites de torchage actifs entre 2025 et 2026, dont un à 80 m des habitations. Interdit par la loi congolaise.
Maladies respiratoires, douleurs thoraciques, nausées : les riverains de Muanda subissent les conséquences directes de la pollution.
Des fuites de pétrole contaminent l’environnement. Deux études scientifiques (2022) confirment la contamination.
HRW a utilisé des images satellite pour documenter les infractions, renforçant la crédibilité des accusations.
barils par jour ?
Note La production réelle de Perenco en RDC est d’environ 19 500 barils/jour. Le chiffre 500 illustre ici le contraste entre un volume modeste à l’échelle continentale et des conséquences environnementales et sanitaires graves.
⚖️ Le torchage de gaz est interdit par la loi congolaise, mais les infractions se poursuivent sans sanction connue.
Perenco, unique producteur de pétrole en RDC, est accusé par Human Rights Watch de pollutions graves (torchage illégal, fuites de pétrole) à Muanda. Les populations locales subissent des impacts sanitaires directs. Malgré une législation congolaise interdisant le torchage, les pratiques persistent. L’affaire s’ajoute à une série de critiques visant le secteur pétrolier africain, alors que la BRVM enregistre des records.
Le rapport de Human Rights Watch (HRW) publié le 27 juillet 2026 met une nouvelle fois en lumière les pratiques de Perenco en République démocratique du Congo. Selon l'ONG, les installations terrestres et offshore de Muanda, sur la façade atlantique du pays, génèrent des pollutions de l'air, des sols et des eaux. Des images satellitaires et des témoignages indiquent que le torchage du gaz, pourtant interdit par la législation congolaise, a eu lieu sur cinq sites entre janvier 2025 et mars 2026, dont un à moins de 80 mètres des habitations. Les riverains rapportent des maladies respiratoires, douleurs thoraciques et nausées. Deux études scientifiques antérieures, citées par HRW, confirment la contamination des sols et des cours d'eau par des fuites de pétrole.
Perenco produit environ 19 500 barils par jour en RDC, un volume modeste à l'échelle du continent, mais crucial pour un pays où le pétrole représente une part significative des recettes d'exportation. Les accusations de HRW s'inscrivent dans une série de mises en cause récurrentes. En 2022, une enquête du Sénat français avait déjà pointé des manquements environnementaux. Cette accumulation de rapports suggère une persistance des pratiques contestées, malgré les engagements de l'entreprise.
Le contexte régional est marqué par une forte demande en ressources extractives. Le 31 mai dernier, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a atteint un nouveau record historique à 425,54 points, portée par les valeurs minières et pétrolières. Cette performance traduit l'appétit des investisseurs pour le secteur, mais elle contraste avec les risques de réputation que des scandales comme celui de Perenco peuvent générer. Si la RDC n'est pas membre de l'UEMOA, les similitudes réglementaires et l'interconnexion des marchés financiers rendent ces affaires pertinentes pour toute l'Afrique de l'Ouest.
Les implications pour la souveraineté énergétique régionale
La dépendance des États africains aux revenus pétroliers et miniers les rend vulnérables aux pressions des compagnies. En RDC, le pétrole fournit une part non négligeable des recettes budgétaires, ce qui limite la capacité de l'État à imposer des normes environnementales strictes. Ce dilemme se retrouve dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, comme le Ghana, le Nigeria ou la Côte d'Ivoire. Le torchage du gaz, pratique courante dans le delta du Niger, a été condamné à maintes reprises sans disparaître. Le rapport de HRW rappelle que la législation existe mais que son application reste lacunaire.
Une gouvernance extractive sous pression
Les ONG et les populations locales deviennent plus actives dans la documentation des abus, grâce aux outils de télédétection et aux réseaux sociaux. Cela accroît la pression sur les gouvernements et les entreprises. Parallèlement, la hausse des cours du pétrole et des métaux, couplée à la reprise économique post-Covid, renforce l'urgence de concilier exploitation et durabilité. Le rapport de HRW intervient dans un contexte où la Banque africaine de développement (BAD) plaide pour une transition énergétique juste, mais où les intérêts économiques immédiats restent prépondérants.
L'évolution temporelle montre que les accusations contre Perenco ne datent pas d'hier. Cependant, la méthodologie de plus en plus solide des ONG rend les preuves difficilement contestables. Pour les pays d'Afrique de l'Ouest, ce cas illustre la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence, sous peine de voir leur attractivité financière ternie par des scandales environnementaux.
Perspectives : un tournant pour le secteur extractif ?
Alors que la BRVM continue de grimper, signe de la confiance des investisseurs, les affaires comme celle de Perenco pourraient, à terme, éroder cette confiance si les réponses réglementaires ne sont pas à la hauteur. Les États ouest-africains producteurs de pétrole et de minerais sont directement concernés par ces enjeux de réputation et de durabilité. Le rapport de HRW pose donc une question qui dépasse la RDC : comment concilier les besoins de financement public avec une exploitation respectueuse de l'environnement et des populations ?
Au-delà du cas Perenco, c'est tout le modèle extractif africain qui est questionné. Les records boursiers ne doivent pas occulter les coûts sociaux et environnementaux. La pression des ONG et des citoyens, couplée à l'évolution des standards internationaux, pourrait accélérer une réforme en profondeur du secteur. Mais le chemin est long, comme le montre la persistance des pratiques dénoncées depuis des années. L'Afrique de l'Ouest, avec ses propres défis gaziers, miniers et pétroliers, observe ce dossier de près.