Le marché mondial du stockage du pétrole et du gaz, évalué à 18,72 milliards de dollars en 2025, devrait bondir à 30,58 milliards d'ici 2035, selon un rapport de Spheric Insights & Consulting. Cette croissance, portée par la hausse de la demande énergétique et le développement des réserves stratégiques, intervient alors que des pays comme le Sénégal cherchent à reprendre le contrôle de leurs ressources. En Afrique de l'Ouest, l'enjeu dépasse la simple infrastructure : il s'agit de renforcer la souveraineté énergétique dans un contexte de tensions géopolitiques mondiales. Depuis mai 2026, les négociations entre Woodside et Petrosen autour du champ Sangomar illustrent cette volonté de rééquilibrage.
Stockage pétrolier & gazier : un marché en pleine expansion
Le marché mondial du stockage des hydrocarbures connaît une croissance structurelle, portée par la volatilité géopolitique et la sécurisation des approvisionnements. En Afrique de l’Ouest, l’enjeu dépasse l’infrastructure : il s’agit de souveraineté énergétique.
Les États et opérateurs privés multiplient les investissements dans des installations sûres : réservoirs hors sol, cavernes souterraines, unités flottantes.
Guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, craintes de pénurie (mai 2026) : la demande de stockage explose dans un contexte géopolitique instable.
Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal : le stockage moderne est un levier de contrôle des ressources et d’indépendance énergétique.
Le marché du stockage pétrolier et gazier connaît une expansion rapide, tirée par la volatilité mondiale et la sécurisation des approvisionnements. En Afrique de l’Ouest, l’enjeu est double : infrastructure et souveraineté. Les négociations autour du champ Sangomar (Sénégal) illustrent ce rééquilibrage.
Un marché tiré par la volatilité et la sécurisation des approvisionnements
Le rapport de Spheric Insights & Consulting prévoit un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 5,03 % sur la période 2026-2035 pour le marché du stockage des hydrocarbures. Cette dynamique repose sur plusieurs piliers : l'augmentation des réserves stratégiques de pétrole, l'expansion des capacités de raffinage, et la montée en puissance du commerce du GNL. Dans un contexte de volatilité accrue – guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, craintes de pénurie évoquées dès mai 2026 – les États et les opérateurs privés multiplient les investissements dans des installations de stockage sûres : réservoirs hors sol, cavernes souterraines, unités flottantes de regazéification.
L'Afrique de l'Ouest face au défi de l'infrastructure de stockage
Pour les pays ouest-africains producteurs de pétrole et de gaz – Nigeria, Ghana, Côte d'Ivoire, Sénégal – l'accès à des capacités de stockage modernes est un levier de souveraineté. Sans stockage suffisant, les États sont dépendants des traders et des compagnies internationales pour l'écoulement de leur production, ce qui fragilise leur pouvoir de négociation. À l'inverse, des réserves stratégiques permettent de lisser les fluctuations de prix et de garantir l'approvisionnement intérieur en cas de crise. Le Sénégal, qui a entamé sa production pétrolière en 2024 avec le champ Sangomar, affiche désormais une volonté claire : bâtir une économie endogène et libérée de la dépendance extérieure, comme le souligne le projet PASTEF.
Le cas sénégalais : entre négociations et ambitions de contrôle
Depuis mai 2026, les discussions entre Woodside et Petrosen sous l'égide du COS Petrogaz traduisent une inflexion. Le secrétaire permanent du COS, Khadim Bamba Diagne, a haussé le ton face aux compagnies internationales, réclamant une meilleure valorisation des ressources. Le développement d'infrastructures de stockage – notamment pour le GNL – pourrait être un atout dans ces négociations. En maîtrisant la chaîne de stockage et de regazéification, Dakar renforcerait sa capacité à exporter aux meilleures conditions et à sécuriser son marché domestique. Le rapport de Spheric Insights souligne d'ailleurs le rôle clé des terminaux de stockage de GNL dans la croissance du secteur.
Opportunités et défis pour la région
La croissance attendue du marché du stockage offre une fenêtre d'opportunité pour les États ouest-africains, mais elle exige des investissements conséquents. Le rapport estime le marché à 30,5 milliards de dollars en 2035, soit un quasi-doublement en dix ans. Pour capter une partie de cette valeur, les pays devront attirer des financements, souvent via des partenariats public-privé. La Banque africaine de développement (BAD) et d'autres institutions régionales pourraient jouer un rôle de catalyseur. Par ailleurs, la transition énergétique – avec la place croissante du gaz comme combustible de transition – rend ces infrastructures stratégiques pour les décennies à venir.
Au-delà des chiffres, cette expansion des capacités de stockage pose la question du modèle économique des producteurs africains. Si les pays réussissent à intégrer cette infrastructure dans leur stratégie de valorisation, ils pourraient renforcer leur souveraineté énergétique. Mais l'échec ferait peser le risque d'une dépendance accrue vis-à-vis des acteurs extérieurs. Le Sénégal, par ses choix actuels, joue une carte décisive pour l'ensemble de la sous-région.
Données de référence : Croissance du PIB réel : 7.9% (FMI)