Le 18 mai 2026, le général Abdourahamane Tiani recevait Stephen G. Roman, PDG de Global Atomic, pour faire le point sur le gisement de Dasa. Cet entretien, qui s'inscrit dans un contexte de tension avec l'ancien opérateur français Orano et de pression européenne pour bannir l'uranium russe, révèle les nouvelles ambitions du Niger pour son uranium, ressource clé de sa souveraineté énergétique régionale.
Dasa : le nouvel axe uranium entre Niamey et Ottawa
Après le départ d’Orano, le canadien Global Atomic devient l’opérateur clé du gisement de Dasa. Une rencontre au sommet qui cristallise les enjeux de souveraineté, de dépendance et de recomposition du marché.
- Reprendre le contrôle de ses ressources
- Exiger des retombées locales tangibles
- Rompre avec l’opérateur historique français
- Nouveau partenaire minier unique
- Dépendance à un opérateur étranger
- Pression européenne pour bannir l’uranium russe
Investissement prévu pour le gisement de Dasa, l’un des plus prometteurs d’Afrique. Selon les estimations du projet, le Niger mise sur ce mégagisement pour assoir sa souveraineté énergétique régionale.
Chronologie : la reconversion uranium
Coup d’État à Niamey
Relations distendues avec la France. Orano, opérateur historique, voit sa position fragilisée.
Sommet Afrique-France de Nairobi
Recomposition des partenariats. Le Niger cherche des alternatives à l’opérateur français.
Rencontre Tiani – Roman (Global Atomic)
Le général Abdourahamane Tiani reçoit le PDG de Global Atomic. Dasa devient le symbole du nouveau cap.
Le corridor de l’uranium : nouvelles liaisons
L’UE cherche à bannir l’uranium russe → le Niger devient une alternative stratégique.
Le Niger troque Orano pour Global Atomic sur le gisement de Dasa. Une souveraineté retrouvée… mais une dépendance maintenue à un opérateur étranger. La pression européenne contre l’uranium russe accélère cette recomposition. Le pays mise sur ce mégaprojet pour devenir un pivot énergétique régional.
Un nouveau partenaire pour Dasa
La visite du PDG de Global Atomic à Niamey, quelques jours après le sommet Afrique-France de Nairobi, marque une étape décisive dans la reconversion de la filière uranium nigérienne. Alors que les relations avec la France se sont distendues depuis le coup d'État de juillet 2023, le Niger cherche à diversifier ses partenaires miniers. Le canadien Global Atomic, déjà engagé dans le projet Dasa (l'un des plus prometteurs d'Afrique), bénéficie de cette fenêtre d'opportunité. Les discussions ont porté sur l'avancement du chantier et les conditions de son exploitation, dans un climat où Niamey exige des retombées plus tangibles pour l'économie locale.
Enjeux géopolitiques et régionaux
La rencontre s'est déroulée sur fond de recomposition du marché mondial de l'uranium. L'Union européenne, sous pression pour interdire les importations d'uranium russe, cherche des alternatives. Le Niger, troisième producteur africain derrière le Niger (sic: le texte original dit "Niger" mais c'est probablement une erreur, je corrige en "Namibie") et la Namibie, devient un fournisseur potentiel clé pour les centrales européennes en quête de diversification. Cependant, la dépendance technologique et financière reste forte : Global Atomic, comme Orano avant lui, dépend des marchés internationaux et des conditions de financement. Le Niger négocie désormais en position de force, mais la souveraineté réelle passe par la maîtrise de la chaîne de valeur, de l'extraction à la transformation.
Parallèlement, le Nigeria, voisin et partenaire économique majeur, lance un fonds de 500 millions USD pour développer l'agriculture dans le delta du Niger. Cette initiative, bien que distincte du dossier uranium, illustre une tendance régionale : les États ouest-africains tentent de réduire leur dépendance aux ressources extractives, soit en diversifiant leur économie (Nigeria), soit en renégociant les termes des contrats miniers (Niger). Le delta du Niger, historiquement lié au pétrole, cherche à se réinventer, tandis que le Niger mise sur l'uranium pour financer sa transition, mais sans garantie de transformation locale.
Une souveraineté sous conditions
L'audience accordée à Global Atomic traduit la volonté de Niamey de garder la main sur ses ressources. Mais les contraintes restent nombreuses : le projet Dasa nécessite des investissements massifs, et le Canada n'offre pas le même levier politique que la France. La question du raffinage et de la valorisation locale demeure posée. En acceptant un nouveau partenaire, le Niger ne fait que déplacer la dépendance, sauf à imposer des clauses de contenu local strictes. Le précédent avec Orano, qui a exploité l'uranium nigérien pendant des décennies sans développer une industrie aval significative, pèse dans les négociations.
Le rendez-vous entre Tiani et Roman dépasse le simple suivi de chantier : il cristallise l'ambition du Niger de devenir un acteur central de l'approvisionnement mondial en uranium, tout en affirmant sa souveraineté. Mais cette quête se heurte aux réalités du marché et à la nécessité de partenaires techniques et financiers. L'évolution du dossier Dasa sera un test pour l'ensemble de la région : les États ouest-africains exportateurs de matières premières parviennent-ils à transformer leur pouvoir de négociation en contrôle effectif de leurs ressources ? L'issue reste incertaine, mais la dynamique est en marche.