Le producteur intermédiaire canadien B2Gold a annoncé, pour le deuxième trimestre 2026, une production consolidée de 203 648 onces, portée par la performance de ses mines établies, dont le complexe Fekola au Mali. Si les coûts sont maîtrisés, l'enjeu central reste l'obtention du permis d'exploitation Menankoto, qui conditionne l'expansion régionale de la société. Cette attente s'inscrit dans un contexte de renégociation des contrats miniers en Afrique de l'Ouest, où les États cherchent à accroître leurs revenus issus de l'extraction.

Infographie — Or · Production

Une production robuste, mais un avenir suspendu à un permis

B2Gold a publié des résultats supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre 2026, avec une production consolidée de 203 648 onces. Les coûts tout-inclus soutenus (AISC) se sont révélés inférieurs aux prévisions internes, démontrant une discipline opérationnelle saluée par les investisseurs. Le complexe Fekola, au Mali, a particulièrement contribué à cette performance, aux côtés de Masbate aux Philippines et d'Otjikoto en Namibie, ainsi que d'une contribution précoce de la nouvelle mine Goose au Canada.

Cependant, l'attention des observateurs se concentre sur le permis d'exploitation Menankoto, qui tarde à être octroyé par les autorités maliennes. Ce permis est crucial pour le projet Fekola Regional, qui vise à prolonger la durée de vie de la mine et à augmenter la production. Sans lui, B2Gold ne peut pas concrétiser ses plans d'expansion, tandis que l'État malien, dans une logique de souveraineté renforcée sur ses ressources, semble vouloir négocier des conditions plus avantageuses.

Un contexte régional de renégociation des contrats miniers

Cette situation n'est pas isolée. Depuis quelques années, les pays d'Afrique de l'Ouest, notamment le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, cherchent à rééquilibrer les termes des contrats miniers en leur faveur. Le Burkina Faso, par exemple, a récemment émis des décisions judiciaires visant à annuler des accords de flux (streaming) avec des sociétés comme Franco-Nevada, comme l'a rapporté la presse en juin 2026. Ces actions témoignent d'une volonté des États de capter une plus grande part de la valeur générée par l'exploitation de leurs ressources naturelles.

Dans ce contexte, l'obtention du permis Menankoto devient un test de la capacité des gouvernements à concilier attrait des investissements et exigences de souveraineté. Les compagnies minières, de leur côté, doivent naviguer dans un environnement réglementaire de plus en plus complexe, où les délais d'approbation s'allongent et où les conditions peuvent être renégociées.

L'or, le pétrole et le gaz : une même quête de souveraineté énergétique

Au-delà de l'or, l'ensemble du secteur extractif ouest-africain est marqué par cette dynamique. Au Sénégal et en Mauritanie, le gaz naturel du projet GTA (Grand Tortue Ahmeyim) commence tout juste à produire, tandis que le pétrole de Sangomar, au Sénégal, a vu sa production démarrer en 2024. Ces projets sont également soumis à des exigences de contenu local et de retombées économiques accrues.

Dans le même temps, l'orpaillage illégal au Burkina Faso et au Mali demeure un défi majeur, privant les États de revenus substantiels et alimentant des tensions sécuritaires. Les gouvernements tentent de formaliser ce secteur, mais les progrès restent lents, comme en témoignent les récents concours de recrutement d'enseignants au Burkina Faso, qui montrent que les priorités nationales sont multiples.

La Guinée et la bauxite : un autre front de la souveraineté

La Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, n'est pas en reste. L'exploitation de la bauxite, essentielle pour l'aluminium, est au cœur de négociations intenses avec les multinationales. Le gouvernement guinéen a déjà imposé des exigences de construction de raffineries locales pour augmenter la valeur ajoutée sur place. Ces initiatives, bien que louables, soulèvent des questions sur leur faisabilité technique et financière.

L'évolution temporelle : des relations contractuelles en mutation

En juin 2026, les articles faisaient état de décisions judiciaires et de tensions croissantes. Deux mois plus tard, la situation semble se cristalliser : les compagnies minières doivent désormais composer avec des États plus assertifs, mais aussi avec des risques accrus d'arbitrage international. B2Gold, en attendant le permis Menankoto, illustre parfaitement cette nouvelle donne.

Le secteur minier ouest-africain est à un tournant. Les États veulent maximiser leurs revenus, les compagnies veulent sécuriser leurs investissements, et les populations attendent des retombées concrètes. L'équilibre est fragile, et chaque décision, comme celle concernant Menankoto, aura des répercussions au-delà des frontières nationales.

Alors que les États d'Afrique de l'Ouest affirment leur souveraineté sur leurs ressources, les compagnies minières doivent s'adapter à un environnement où les règles du jeu évoluent rapidement. L'issue de la demande de permis de B2Gold au Mali pourrait bien servir de baromètre pour les futurs investissements dans la région. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si cette nouvelle dynamique favorisera un partenariat mutuellement bénéfique ou si elle conduira à une défiance accrue entre les parties.