Le 22 juillet 2026, MSC a annoncé un service de navette maritime dédié au projet Mozambique LNG, opéré par TotalEnergies. Ce lancement confirme la reprise à plein régime du mégaprojet, interrompu depuis 2021 en raison de l'insécurité dans la province de Cabo Delgado. Alors que le groupe français accélère en Afrique de l'Est, les projets ouest-africains comme le GTA ou Yakaar-Teranga pourraient voir leur calendrier relégué au second plan.
Mozambique LNG relance : quel signal pour le gaz ouest-africain ?
Le 22 juillet 2026, MSC annonce un service de navette maritime dédié au projet Mozambique LNG (TotalEnergies). La reprise à plein régime du mégaprojet, interrompu depuis 2021, interroge le calendrier des projets ouest-africains (GTA, Yakaar-Teranga).
🔗 Acteurs clés du projet
📊 Chiffres clés du mégaprojet
⚖️ Le dilemme ouest-africain
Une reprise concrète sur le terrain
Le service Afungi Shuttle, annoncé par MSC, relie le chantier du terminal de GNL d'Afungi aux ports de Nacala et Maputo. Il transporte matériaux de construction, machines et équipements industriels. Cette logistique s'inscrit dans le redémarrage complet des travaux intervenu plus tôt en 2026. Plus de 6 000 personnes œuvrent sur le site, dont l'avancement atteignait 42% fin mars. Le budget total du projet est de 20 milliards de dollars, pour une capacité de liquéfaction de 13,12 millions de tonnes par an sur deux trains. La première production de GNL est visée pour 2029.
TotalEnergies, opérateur clé des deux côtés de l'Afrique
TotalEnergies détient 26,5% du projet Mozambique LNG via sa filiale TotalEnergies EP Mozambique Area 1. Il est rejoint par des partenaires asiatiques (Mitsui, ONGC Videsh, PTTEP) et mozambicains (ENH). Cette implication massive rappelle celle du groupe en Afrique de l'Ouest, notamment sur le Grand Tortue Ahmeyim (GTA) à la frontière sénégalo-mauritanienne, où TotalEnergies détient une participation aux côtés de bp, Petrosen et SMH. Le parallèle est frappant : dans les deux cas, le géant français pilote des projets de GNL off shore complexes, mais dans des contextes sécuritaires et politiques très différents.
Une compétition de calendrier entre les deux régions
Le Mozambique LNG a subi une interruption de près de quatre ans après une attaque djihadiste en 2021. Sa relance en 2026 montre que TotalEnergies est prêt à investir massivement là où la sécurité est rétablie. En comparaison, le GTA a démarré sa production en 2024, mais le projet Yakaar-Teranga au Sénégal traîne en raison de retards de décision finale d'investissement (FID). Le calendrier ouest-africain pourrait être relégué au profit du Mozambique, où le potentiel de réserves est plus important et où les infrastructures sont en construction avancée.
Enjeux de souveraineté énergétique régionale
Pour les États de la CEDEAO, la concurrence entre les projets gaziers africains pose la question de la priorité des investisseurs. Si TotalEnergies concentre ses moyens en Afrique de l'Est, les ambitions du Sénégal et de la Mauritanie de devenir des exportateurs de GNL pourraient être freinées. Par ailleurs, la monétisation du gaz pour le marché intérieur ouest-africain – via le gaz-to-power – pourrait pâtir de ce redéploiement. Le Mozambique, lui, vise avant tout l'exportation vers les marchés asiatiques et européens, renforçant sa position de fournisseur, mais sans effet direct sur la souveraineté énergétique ouest-africaine.
Une dynamique qui éclaire les choix stratégiques de TotalEnergies
Le lancement de l'Afungi Shuttle intervient alors que TotalEnergies multiplie les projets GNL en Afrique, avec également des actifs au Nigeria et en Angola. Le groupe mise sur le GNL comme énergie de transition, dans un contexte de demande mondiale soutenue. La relance du Mozambique LNG, après des années d'incertitude, démontre la capacité de TotalEnergies à gérer des risques élevés. Mais elle montre aussi une sélectivité accrue : les projets doivent être suffisamment avancés et sécurisés pour obtenir le feu vert. En Afrique de l'Ouest, le Sénégal et la Mauritanie devront redoubler d'efforts pour maintenir l'attractivité de leurs ressources gazières face à la concurrence de l'Est.
Au-delà du cas mozambicain, cette relance interroge la hiérarchie des priorités des majors pétrolières en Afrique. Alors que le GNL ouest-africain peine à décoller, le Mozambique rattrape son retard. Une tendance qui pourrait redessiner la carte gazière du continent dans la prochaine décennie.