Le 7 juillet 2026, Acwa Power et les autorités mauritaniennes ont signé un partenariat public-privé (PPP) et un contrat d’achat d’électricité (PPA) pour la construction d’une centrale à cycle combiné de 230 MW à N’Diago. Ce projet constitue le premier grand projet indépendant de production d’électricité (IPP) alimenté au gaz en Mauritanie, s’appuyant sur les ressources nationales de gaz naturel. Il intervient dans un contexte de maturation du secteur gazier mauritanien, avec l’entrée en production du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et une volonté affirmée de diversifier l’économie et de renforcer la sécurité énergétique.
Acwa Power en Mauritanie : premier IPP gaz
Un tournant pour l’énergie ouest-africaine
Premier IPP gaz en Mauritanie
Chronologie du projet
Signature du PPP et du PPA entre Acwa Power et la Mauritanie pour la centrale de N’Diago (230 MW)
Entrée en production du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA) — gaz offshore mauritanien
Mise en service prévue de la centrale — premier IPP gaz du pays
Acteurs du projet
En bref
Contexte stratégique
« Ce projet marque une rupture avec le modèle historique dominé par Somelec. »
En confiant le développement à Acwa Power, Nouakchott attire capitaux et compétences pour moderniser un réseau électrique fragile et sous-dimensionné. La centrale de N’Diago s’appuie sur les ressources nationales de gaz (GTA) et s’inscrit dans une stratégie de valorisation locale du gaz, renforçant la sécurité énergétique et la souveraineté du pays.
Un projet structurant pour le mix électrique mauritanien\n\nLa centrale de N’Diago, d’une capacité de 230 MW, sera équipée d’une technologie à cycle combiné à haut rendement, permettant de réduire l’intensité énergétique par rapport aux centrales thermiques conventionnelles. Le projet est développé sous forme d’IPP, un modèle encore inédit en Mauritanie pour la filière gaz. Cette ouverture au secteur privé marque une rupture avec le modèle historique dominé par la société nationale d’électricité, la Société Mauritanienne d’Électricité (Somelec). En confiant le développement, le financement, la construction et l’exploitation à Acwa Power, Nouakchott espère attirer des capitaux et des compétences techniques pour moderniser un réseau électrique fragile et sous-dimensionné.\n\n## Une valorisation locale du gaz, enjeu de souveraineté\n\nCe projet s’inscrit dans la stratégie de valorisation nationale du gaz naturel, alors que le pays commence à exploiter ses ressources offshores via le champ GTA, partagé avec le Sénégal. La Mauritanie cherche à capter une partie de la valeur ajoutée en aval, en utilisant le gaz pour produire de l’électricité et alimenter son développement industriel. L’accord avec Acwa Power, initialement évoqué lors d’une réunion avec la Banque mondiale le 9 juin 2026, a été concrétisé moins d’un mois plus tard, signe d’une volonté politique d’accélérer les projets structurants. Cette dynamique s’observe également au Sénégal, où Senelec a présenté le 1er juillet 2026 la centrale West African Energy, un autre projet gazier majeur. Les deux pays progressent en parallèle, mais selon des modèles différents : le Sénégal mise sur un opérateur privé régional, tandis que la Mauritanie fait appel à un géant saoudien des infrastructures.\n\n## Acwa Power, un acteur clé de la transition énergétique africaine\n\nPour Acwa Power, cette signature confirme une stratégie d’expansion en Afrique de l’Ouest. Le groupe saoudien, déjà présent dans le dessalement et les énergies renouvelables, ajoute une centrale à gaz à son portefeuille. En choisissant le gaz comme combustible de transition, la Mauritanie et Acwa Power répondent à un double impératif : assurer une production de base stable tout en réduisant les émissions par rapport au fioul lourd. Le projet contribue également à la stabilité du réseau, en fournissant une puissance modulable capable de compenser l’intermittence des renouvelables. Toutefois, le financement de ce type d’infrastructure reste un défi, d’autant que les institutions internationales conditionnent de plus en plus leurs soutiens à des critères climatiques stricts.\n\n## Une étape vers l’intégration énergétique régionale ?\n\nLa centrale de N’Diago pourrait à terme s’inscrire dans les projets d’interconnexion ouest-africains, comme l’initiative de la CEDEAO pour un marché régional de l’électricité. La Mauritanie, membre de l’UEMOA et de la CEDEAO, pourrait exporter son électricité vers les pays voisins, renforçant ainsi la sécurité énergétique régionale. Cependant, les infrastructures de transport restent à construire, et les négociations sur les tarifs et les règles d’échange sont complexes. L’entrée en service de la centrale, prévue d’ici 2029, sera un test grandeur nature de la capacité du pays à intégrer le gaz dans son économie et à attirer des investissements privés dans un secteur longtemps verrouillé.
L’accord entre Acwa Power et la Mauritanie illustre une tendance lourde en Afrique de l’Ouest : l’émergence de modèles IPP gaziers, portés par des majors internationales, comme réponse aux besoins croissants d’électricité. Alors que la région fait face à une demande en forte hausse et à une pression pour décarboner, le gaz naturel s’impose comme un combustible de transition, mais son développement soulève des questions de financement, de souveraineté et de viabilité à long terme. La Mauritanie, avec ce premier IPP, pose une pierre importante, mais le chemin vers un système énergétique résilient et inclusif reste long.