Le 3 juillet 2026, la centrale solaire Ferké Solar, d’une capacité de 52,4 MWc, a été officiellement mise en service à Ferkessédougou, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Développée et exploitée par PFO Énergies, filiale du groupe ivoirien PFO AFRICA, elle devient la première centrale solaire portée par un producteur indépendant d’énergie (IPP) privé ivoirien. Cet événement s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification du mix énergétique, alors que la région cherche à concilier accès à l’électricité, réduction de la dépendance aux énergies fossiles et attractivité pour les investissements privés.

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La cérémonie d’inauguration, présidée par le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara et le Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a souligné le caractère stratégique de cette infrastructure pour la région du Tchologo et pour l’ensemble du pays. Avec une production annuelle estimée à plus de 90 GWh, la centrale devrait impacter directement plus de 370 000 foyers, soit près de 2 millions de personnes. Elle constitue la deuxième centrale solaire en Côte d’Ivoire, après celle de Boundiali (37,5 MWc mise en service en 2023), mais la première réalisée par un acteur privé local.

Une première privée dans le solaire ivoirien

Ce projet illustre un changement de paradigme dans le secteur électrique ouest-africain, longtemps dominé par les opérateurs publics et les grands groupes internationaux. En confiant à un IPP ivoirien le développement d’une centrale solaire, Abidjan envoie un signal fort sur sa volonté d’ouvrir le marché aux capitaux privés régionaux. PFO AFRICA, société spécialisée dans l’énergie et les infrastructures, démontre qu’une entreprise locale peut mobiliser les financements, les compétences techniques et les partenariats nécessaires à ce type de projet. Ce modèle pourrait faire école dans d’autres pays de la région, où les besoins en électricité restent criants.

Un signal pour la région ?

La mise en service de Ferké Solar intervient dans un contexte régional marqué par des avancées contrastées. En Guinée, le barrage hydroélectrique de Souapiti (450 MW) alimente depuis 2021 un vaste programme de formation d’ingénieurs, mais sa production est confrontée à des défis de régularité hydrologique. Au Togo, les centrales thermiques continuent de dominer le mix malgré l’accélération des investissements dans les renouvelables. La Côte d’Ivoire, qui bénéficie déjà d’un excédent électrique grâce à ses barrages et à sa capacité thermique, cherche à diversifier ses sources pour renforcer sa position de fournisseur régional. Ferké Solar, bien que modeste en puissance, participe de cette stratégie de résilience énergétique.

Enjeux de souveraineté et financement

Au-delà de l’aspect technique, ce projet pose la question de la souveraineté énergétique. En favorisant un opérateur local, la Côte d’Ivoire réduit sa dépendance aux fournisseurs étrangers pour le développement de ses infrastructures solaires. Le financement de Ferké Solar n’a pas été détaillé, mais il repose vraisemblablement sur une combinaison de fonds propres, de dette bancaire et de garanties publiques. Le succès de cette formule pourrait inciter d’autres États ouest-africains à adopter des mécanismes similaires, d’autant que les bailleurs internationaux privilégient de plus en plus les projets renouvelables portés par le secteur privé.

L’impact de Ferké Solar dépasse le seul cadre ivoirien. Il intervient alors que la CEDEAO cherche à consolider son intégration énergétique via le « Pacte d’avenir » dévoilé en mai 2026, qui prévoit notamment le développement d’un marché régional de l’électricité. Dans ce schéma, la multiplication d’IPP privés locaux pourrait accélérer l’atteinte des objectifs de la politique régionale d’énergie renouvelable, tout en créant des emplois et des compétences locales.

Ferké Solar n’est qu’une étape dans une dynamique plus large où le secteur privé ouest-africain s’affirme comme un acteur incontournable de la transition énergétique. Reste à voir si ce modèle pourra être dupliqué à grande échelle, et si les États parviendront à créer un cadre réglementaire stable et attractif pour ces nouveaux investisseurs, sans compromettre l’objectif d’un accès universel à une électricité abordable.