Le 23 juin 2026, le groupe américain Murphy et la société nationale PETROCI Holding ont annoncé une découverte majeure d'hydrocarbures sur le bloc CI-709, au large d'Abidjan. Le puits Bubale-1X a mis au jour environ 30 mètres de colonne nette d'huile de grande qualité, confirmant le potentiel du bassin sédimentaire ivoirien. Cette annonce intervient alors que la Côte d'Ivoire cherche à accélérer sa production pétrolière pour devenir un acteur clé en Afrique de l'Ouest d'ici 2035.

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Un gisement prometteur dans le bassin sédimentaire ivoirien

Le forage du puits Bubale-1X, entamé fin février 2026, a atteint une profondeur totale de 6 263 mètres, dont 2 400 mètres de tranche d'eau. Les analyses préliminaires révèlent environ 30 mètres de colonne nette d'huile répartie sur deux réservoirs distincts, avec un pétrole de grande qualité. Dans les prochains mois, Murphy et PETROCI engageront des travaux d'évaluation complémentaires, notamment un nouveau puits au second semestre 2026, afin de caractériser le gisement et d'en évaluer le potentiel commercial. Cette découverte renforce l'attractivité du bassin sédimentaire ivoirien, déjà exploré par d'autres majors comme TotalEnergies et Eni.

Les ambitions ivoiriennes à l'horizon 2035

La Côte d'Ivoire produit actuellement environ 30 000 barils par jour, un volume modeste comparé à ses voisins nigérian et ghanéen. Mais le gouvernement a fixé un objectif ambitieux : atteindre 200 000 barils par jour d'ici 2035, en s'appuyant sur de nouvelles découvertes et une meilleure valorisation de ses réserves. La découverte de Murphy s'inscrit dans cette stratégie : elle pourrait ajouter des réserves significatives et attirer d'autres investissements étrangers. Le ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie a salué cette avancée comme un pas supplémentaire vers la souveraineté énergétique.

Un partenariat stratégique avec Murphy

Murphy Oil, compagnie américaine indépendante, est déjà présente en Côte d'Ivoire depuis 2019 sur le bloc CI-705. Le partenariat avec PETROCI Holding, la compagnie nationale, permet de conjuguer expertise technique et ancrage local. Ce modèle de joint-venture est privilégié par Abidjan pour maximiser les retombées économiques tout en maîtrisant les risques. L'apport de Murphy dans le deepwater est crucial : la société possède une expérience similaire dans le golfe du Mexique.

Impacts sur la souveraineté énergétique régionale

À l'échelle ouest-africaine, cette découverte repositionne la Côte d'Ivoire face à des producteurs établis comme le Ghana (champs Jubilee et TEN) et le Nigeria (en déclin). Elle pourrait également stimuler l'exploration dans les bassins sédimentaires voisins, notamment au Libéria et en Sierra Leone, encore peu explorés. Toutefois, la mise en production à grande échelle prendra plusieurs années, et le contexte de transition énergétique mondiale pousse les investisseurs à privilégier des projets à faible coût et à faible empreinte carbone.

Enjeux géopolitiques et perspectives OPEP

La Côte d'Ivoire n'est pas membre de l'OPEP, mais une hausse significative de sa production pourrait l'amener à envisager une adhésion, ou du moins à renforcer sa coopération avec le cartel. À l'inverse, le pays pourrait choisir de rester indépendant pour conserver une flexibilité sur ses volumes. Par ailleurs, la découverte intervient dans un contexte de prix du pétrole volatils, autour de 85 dollars le baril en juin 2026, rendant les projets offshore coûteux mais potentiellement rentables si le gisement s'avère conséquent.

Cette découverte illustre la résilience de l'exploration pétrolière en Afrique de l'Ouest malgré les pressions climatiques. Pour la Côte d'Ivoire, elle ouvre une fenêtre d'opportunité pour diversifier son économie et consolider sa place dans le concert énergétique régional. Reste à savoir si le pays saura concilier exploitation des hydrocarbures et engagement dans la transition énergétique, un équilibre délicat qui déterminera la pérennité de ses ambitions.