La 21e édition de la Foire internationale de Lomé (FIL) se déroulera du 27 novembre au 13 décembre 2026, sous le thème « Lomé, hub du commerce et des investissements en Afrique ». Cette annonce, faite en juillet, intervient dans un contexte régional où l’insécurité au Sahel et les chocs sanitaires redessinent les flux commerciaux. Alors que d’autres pays de la CEDEAO font face à des crises, le Togo cherche à capitaliser sur sa stabilité relative et ses infrastructures portuaires pour attirer investisseurs et opérateurs économiques.
Lomé, hub commercial ouest-africain
La 21e Foire internationale de Lomé (FIL) veut ancrer la capitale togolaise comme porte d’entrée régionale, dans un contexte de recomposition des flux en Afrique de l’Ouest.
Investissements portuaires et zones franches
Lomé lance l’extension de son port en eau profonde et modernise ses zones franches pour attirer les investisseurs.
Urgence sanitaire régionale
L’OMS déclare une urgence de santé publique face à Ebola en RDC et Ouganda. Le Togo maintient sa stabilité.
FIL 2026 : « Lomé, hub du commerce et des investissements »
Première édition post-Covid et post-turbulences sécuritaires. Objectif : capter les flux détournés du Sahel.
Stabilité relative
Alors que le Sahel connaît des crises sécuritaires, le Togo offre un environnement sûr pour les affaires.
Port en eau profonde & zones franches
Investissements massifs depuis 2020 pour moderniser le port et les zones franches, clés du hub logistique.
Zone de libre-échange continentale (ZLECAf)
Lomé se positionne comme porte d’entrée pour les marchés d’Afrique de l’Ouest et du Centre, alors que la ZLECAf monte en puissance.
Exportations
2,4 Mrd USD
Selon la Banque mondiale
Inflation
0,4 %
Selon le FMI
Contexte : Une inflation maîtrisée et des exportations dynamiques renforcent l’attractivité de Lomé comme hub régional, dans un environnement ouest-africain marqué par l’insécurité et les chocs sanitaires.
Les flux commerciaux se redirigent vers Lomé, qui capitalise sur sa stabilité et ses infrastructures portuaires pour desservir les marchés de la CEDEAO et de la ZLECAf.
« Lomé, hub du commerce et des investissements en Afrique »
Thème officiel de la FIL 2026 — une ambition portée par la modernisation du port et la stabilité du Togo, dans un contexte régional bouleversé.
L’organisation de cette nouvelle édition, la première après la pandémie de Covid-19 et les turbulences sécuritaires dans la bande sahélo-sahélienne, s’inscrit dans une stratégie de long terme. Depuis le début des années 2020, Lomé a investi massivement dans l’extension de son port en eau profonde et dans la modernisation de ses zones franches. Le thème retenu pour 2026 ne doit rien au hasard : il ambitionne de faire de la capitale togolaise une porte d’entrée privilégiée pour les marchés de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, à l’heure où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) commence à produire ses premiers effets.
Six mois plus tôt, l’actualité régionale était dominée par d’autres priorités. En mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé déclarait une urgence de santé publique de portée internationale face à une flambée d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, tandis que des pays comme le Sénégal organisaient la Tabaski avec des records d’approvisionnement en moutons. Ces événements, bien que disjoints, illustrent la diversité des défis auxquels sont confrontés les États ouest-africains – sanitaires, agricoles, logistiques. Au milieu de ce kaléidoscope, le Togo a choisi de maintenir le cap sur son agenda commercial, signe d’une volonté de ne pas laisser les crises conjoncturelles détourner l’attention des objectifs structurels.
Une plateforme au service de l’intégration régionale
La FIL 2026 se positionne comme un espace de rencontre entre les opérateurs économiques togolais, les entreprises de la sous-région et les investisseurs internationaux. Plusieurs pays de la CEDEAO et de l’UEMOA ont déjà confirmé leur participation, et des pavillons dédiés aux industries locales – textile, transformation agroalimentaire, technologies numériques – seront aménagés. L’enjeu est double : d’une part, promouvoir les exportations togolaises et, d’autre part, attirer des capitaux étrangers dans des secteurs jugés prioritaires, comme les énergies renouvelables et les infrastructures de transport.
Le choix des dates – fin novembre à mi-décembre – n’est pas anodin. Il permet de capter une partie des flux commerciaux de fin d’année, période traditionnellement intense pour les échanges en Afrique de l’Ouest. De plus, Lomé bénéficie d’un avantage géographique certain : son port, l’un des rares en eau profonde de la région, offre une capacité d’accueil pour les navires de grande taille, et son hinterland s’étend jusqu’au Burkina Faso, au Niger et au Mali – des pays enclavés qui cherchent des débouchés maritimes sécurisés.
Concurrence et complémentarité entre hubs côtiers
La compétition entre les grands ports ouest-africains s’intensifie. Abidjan, Cotonou, Accra et Dakar investissent également dans l’extension de leurs infrastructures et dans la simplification des procédures douanières. Le Togo, pour se démarquer, mise sur la fluidité de ses corridors logistiques et sur un cadre juridique attractif pour les investisseurs. La FIL sert ainsi de vitrine pour montrer les progrès accomplis en matière de guichet unique du commerce extérieur et de digitalisation des services portuaires.
Cependant, des défis persistent. La concurrence tarifaire entre les ports de la région peut conduire à une guerre des prix préjudiciable à tous, et la mise en œuvre de la ZLECAf nécessite une harmonisation des normes et des procédures encore inaboutie. La FIL 2026 sera l’occasion de discuter de ces questions lors de panels réunissant ministres du Commerce, douaniers et experts du secteur privé.
Au-delà des aspects purement commerciaux, cet événement traduit une ambition plus large : repositionner le Togo comme un hub financier et logistique, à l’image de ce qu’ont réussi certains pays du Golfe ou de l’Asie du Sud-Est. La stabilité politique du pays, malgré un environnement régional troublé, constitue un atout indéniable. Si la FIL 2026 tient ses promesses, elle pourrait bien accélérer le décollage économique du Togo et renforcer son rôle de plaque tournante au sein de l’économie ouest-africaine.
Alors que la région ouest-africaine est confrontée à des chocs multiples – sécuritaires, sanitaires, climatiques –, l’organisation de la FIL 2026 rappelle que le commerce et l’investissement restent des leviers essentiels de résilience. Le succès de cette édition dépendra non seulement de la participation des acteurs économiques, mais aussi de la capacité du Togo à transformer cette vitrine en opportunités concrètes. Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales, Lomé cherche à capter une partie des flux qui se détournent des zones les plus instables. La question est de savoir si le pays parviendra à convertir son avantage comparatif en avantage compétitif durable.