Le 17 mai 2026, Lomé accueille la troisième édition du forum BIASHARA AFRIKA, co-organisé avec le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Avec 1 500 participants attendus, cet événement confirme la volonté du Togo de capitaliser sur ses atouts logistiques – notamment le port de Lomé – pour devenir une porte d’entrée vers le marché continental. Il intervient dans un contexte où l’intégration régionale ouest-africaine cherche un second souffle.

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Le forum BIASHARA AFRIKA, dont la thématique « Accélérer la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf » résonne comme un manifeste, s’inscrit dans une stratégie togolaise de plus en plus visible. Depuis plusieurs années, le pays mise sur son infrastructure portuaire, le port de Lomé, qui a traité plus de 30,6 millions de tonnes de marchandises en 2024, pour se positionner comme hub logistique régional. Cette troisième édition du forum marque un changement d’échelle : elle ne se contente plus de promouvoir les échanges bilatéraux mais entend connecter les PME ouest-africaines aux chaînes de valeur continentales.

Une plateforme pour les PME, piliers de l’économie locale Au Togo, les petites et moyennes entreprises représentent plus de 80 % du tissu économique. Pourtant, leur accès aux marchés extérieurs reste limité par des obstacles structurels : financement insuffisant, normes non harmonisées, logistique coûteuse. En ciblant ces acteurs, le forum BIASHARA AFRIKA tente de répondre à une faiblesse chronique de l’intégration africaine : la difficulté des PME à bénéficier des accords commerciaux. Le gouvernement togolais espère ainsi transformer l’accord continental en résultats concrets, notamment en facilitant les partenariats avec des investisseurs et en offrant des outils de mise en réseau.

Un contexte régional en mutation Ce forum se tient alors que la CEDEAO cherche à consolider son propre « Pacte d’avenir » en six piliers, dévoilé récemment pour renforcer l’intégration. Parallèlement, des projets structurants comme le barrage de Souapiti en Guinée, avec son programme de formation d’ingénieurs, illustrent la montée en compétence locale nécessaire pour soutenir l’industrialisation. Ces éléments montrent que l’Afrique de l’Ouest tente de combler le fossé entre ambitions politiques et réalités économiques. Le Togo, en accueillant ce forum, cherche à capitaliser sur cette dynamique en offrant une vitrine à ses infrastructures et à ses politiques favorables aux affaires.

Les enjeux de la ZLECAf pour l’Afrique de l’Ouest La mise en œuvre de la ZLECAf bute encore sur des défis majeurs : lourdeurs douanières, absence d’harmonisation des règles d’origine, et faiblesse des chaînes de transport. Le forum BIASHARA AFRIKA tente de dépasser ces blocages en favorisant le dialogue direct entre opérateurs économiques. La présence attendue de participants venus de tout le continent témoigne de l’intérêt croissant pour le corridor togolais. Cependant, le succès de l’événement dépendra de sa capacité à produire des accords concrets, au-delà des déclarations d’intention.

Évolution depuis les éditions précédentes Comparé aux deux premières éditions, celle de 2026 met un accent accru sur la qualité des participants et la représentativité sectorielle. Cela reflète une maturation du forum, qui passe d’une vitrine promotionnelle à un outil de mise en relation stratégique. Pour le Togo, chaque édition renforce son image de facilitateur du commerce régional, en cohérence avec sa politique de hub logistique amorcée avec les investissements portuaires et les réformes douanières.

En définitive, BIASHARA AFRIKA 2026 illustre une tendance plus large : la multiplication des plateformes de dialogue économique en Afrique de l’Ouest, portée par des États qui cherchent à capter les flux du commerce intra-africain. Reste à savoir si ces initiatives parviendront à dépasser le stade des rencontres pour influer durablement sur les structures productives de la région.