Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a présidé à Dakar, le 10 juillet 2026, la session ministérielle du Comité de haut niveau sur le Chantier Paix et Sécurité de l’UEMOA. Il y a plaidé pour une « réponse collective » face au terrorisme, soulignant que l’unité n’est « pas une option ». Cette réunion intervient dans un contexte où la région doit aussi gérer des fragilités économiques, comme la hausse du service de la dette et le ralentissement de l’inclusion financière.

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Un plaidoyer pour l’unité face à une menace transversale

La septième réunion du Comité de haut niveau sur le Chantier Paix et Sécurité de l’UEMOA s’est tenue à Dakar du 6 au 10 juillet 2026. En accueillant les participants, le président Bassirou Diomaye Faye, président en exercice du comité, a insisté sur l’urgence d’une action concertée. « La sous-région paie un lourd tribut au terrorisme et aux menaces transfrontalières, et aucun État, pris isolément, ne peut en venir à bout », a‑t‑il déclaré. Ce discours intervient alors que plusieurs pays de l’Union – notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger – sont en proie à des attaques djihadistes récurrentes, mais aussi que des cellules dormantes sont signalées dans les zones côtières.

Ce sommet sécuritaire s’inscrit dans une dynamique plus large de réactivation des mécanismes régionaux de coopération. L’UEMOA, initialement conçue comme une union monétaire et économique, voit son agenda sécuritaire prendre une place croissante. Le « Chantier Paix et Sécurité », lancé en 2019, vise à coordonner les politiques de défense et de prévention des conflits entre les huit États membres. La session de Dakar devait aboutir à des recommandations opérationnelles, notamment sur le partage de renseignements et la sécurisation des frontières.

Le coût économique de l’insécurité

Au-delà des pertes humaines, le terrorisme pèse lourdement sur les économies ouest-africaines. Selon une étude de la BCEAO publiée en mai 2026, plusieurs États de l’UEMOA voient leurs recettes budgétaires absorbées à plus de 40 % par le remboursement de la dette, tandis que les dépenses sécuritaires grèvent les marges de manœuvre. L’insécurité freine aussi les investissements étrangers dans les secteurs minier et agricole, et perturbe les chaînes d’approvisionnement régionales. Au Togo par exemple, l’opérationnalisation de l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF‑TG), prévue dans la Stratégie nationale d’inclusion financière 2026‑2030, est conditionnée à un environnement stable, a souligné Togo First en mai dernier.

Les liens entre sécurité et inclusion financière

Le lien entre paix et prospérité est d’ailleurs au cœur des réflexions de l’UEMOA. En mai 2026, la BCEAO a contribué à un colloque sur la stabilité monétaire et financière, où des experts ont noté que l’insécurité limite l’accès aux services bancaires dans les zones rurales et frontalières. Or, l’inclusion financière est un levier essentiel pour réduire les vulnérabilités économiques qui alimentent le recrutement terroriste. Le président Faye l’a rappelé : la réponse sécuritaire doit être « centrée sur les populations ». Cela implique de renforcer les infrastructures financières de base dans les régions les plus exposées.

Une région en quête de cohérence

Le sommet de Dakar s’est tenu dans un contexte géopolitique tendu. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO (2024‑2025) a fragilisé la coordination sécuritaire sous‑régionale. L’UEMOA, qui conserve ces trois pays comme membres, apparaît comme un cadre de dialogue résiduel mais essentiel. « L’unité n’est pas une option », a martelé Diomaye Faye, reprenant une formule qui résonne avec les difficultés de l’intégration régionale. La réunion a aussi permis d’évoquer la mutualisation des ressources de défense, un sujet sensible mais de plus en plus débattu.

La déclaration du président sénégalais confirme une prise de conscience : la sécurité et l’économie sont indissociables dans l’UEMOA. Alors que les défis sécuritaires s’amplifient et que les moyens financiers se resserrent, la capacité des États à agir de concert déterminera l’avenir de l’intégration régionale. Reste à savoir si les recommandations de Dakar se traduiront par des actions concrètes, au‑delà des discours.

Données de référence : Dette publique brute : 130.2% (FMI)