Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a choisi le Sénégal pour héberger le secrétariat du Partenariat national pour l'action sur le plastique (NPAP). Cette annonce, officialisée en juin 2026, marque une étape dans la lutte contre la pollution plastique et l'émergence d'une économie circulaire dans la région. Elle s'inscrit dans un contexte où plusieurs pays ouest-africains, comme la Côte d'Ivoire et le Ghana, cherchent à diversifier leurs modèles de croissance face aux défis environnementaux et budgétaires.
Le PNUD installe un secrétariat pour accélérer l'économie circulaire du plastique
Dakar devient hub régional de l'économie circulaire. Le NPAP s'appuie sur trois piliers : rassembler, générer des connaissances, catalyser des investissements.
Chronologie : vers une économie circulaire du plastique
Les trois piliers du NPAP
Contexte ouest-africain
Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana cherchent à diversifier leurs modèles de croissance face aux défis environnementaux et budgétaires. Le NPAP s’inscrit dans cette dynamique régionale.
Selon le FMI, le Sénégal affiche une croissance de 7,9 % mais une dette publique à 130,2 % du PIB. Le défi budgétaire rend d’autant plus stratégique l’économie circulaire.
Le Sénégal se positionne comme un hub régional de l’économie circulaire. Le NPAP est une plateforme multi-acteurs pour réduire la pollution plastique et catalyser des investissements.
Défis & perspectives
Le PNUD Sénégal a conclu un accord avec le Partenariat mondial pour l'action sur le plastique (GPAP) afin d'accueillir le secrétariat du NPAP. Cette plateforme multi-acteurs, dirigée par le pays, a pour mission de réduire la pollution plastique et d'accélérer la transition vers une économie circulaire. Elle s'appuie sur trois piliers : rassembler les communautés, générer des connaissances et catalyser des investissements pour des solutions à fort potentiel. L'initiative prévoit la co-création d'une feuille de route nationale basée sur les données, l'innovation et la participation inclusive.
Pourquoi le Sénégal ? Le pays dispose déjà d'une législation sur les sacs plastiques depuis 2015, mais la mise en œuvre reste partielle. En accueillant le secrétariat, Dakar se positionne comme un hub régional de l'économie circulaire. Cela répond également aux priorités du Plan Sénégal Émergent, qui intègre la durabilité environnementale comme levier de croissance. Cependant, le défi est de taille : selon des estimations récentes, le Sénégal produit environ 200 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont une faible part est recyclée.
Cette annonce intervient dans un contexte régional marqué par des dynamiques contrastées. Le Ghana vient de sortir du programme de Facilité élargie de crédit du FMI, signe d'une reprise macroéconomique, mais doit encore gérer ses dettes et ses dépenses sociales. La Côte d'Ivoire, lors de l'Africa CEO Forum à Kigali, a multiplié les appels aux investisseurs pour faire du pays une destination privilégiée, tout en développant son secteur numérique mobile. Le Sénégal, lui, mise sur une stratégie de croissance verte pour attirer les financements internationaux et créer des emplois.
Le NPAP sénégalais devra composer avec des acteurs variés : gouvernement, secteur privé, société civile et universités. L'économie circulaire offre des opportunités – recyclage, valorisation énergétique, création de PME – mais nécessite des investissements lourds en infrastructures et en formation. Le PNUD apporte son expertise, mais la pérennité dépendra de l'engagement des entreprises locales et de l'État. La question du financement reste centrale : les fonds climat et les mécanismes de crédits carbone pourraient jouer un rôle, mais leur accessibilité pour les PME est limitée.
Sur le plan géopolitique, cette initiative s'aligne avec les objectifs de l'Union africaine pour une Afrique propre d'ici 2063 et les engagements de la CEDEAO en matière de gestion des déchets. Elle intervient aussi alors que les négociations sur un traité mondial sur le plastique progressent. Le Sénégal pourrait ainsi servir de laboratoire pour des solutions adaptées au contexte ouest-africain, où la gestion des déchets est souvent informelle et sous-financée.
Les premiers mois de mise en œuvre seront décisifs. La feuille de route devra fixer des objectifs clairs – réduction de la fuite plastique de X% d'ici 2030 – et impliquer les communautés locales. Le risque d'une approche trop verticale, pilotée depuis Dakar sans ancrage territorial, est réel. L'expérience d'autres pays comme le Ghana, qui a lancé un NPAP similaire, montre que la coordination entre ministères et le secteur informel est cruciale.
En accueillant ce secrétariat, le Sénégal ne se contente pas de lutter contre la pollution : il tente de tracer une voie de développement sobre en carbone et créatrice de valeur ajoutée. Cette orientation s'inscrit dans une tendance plus large en Afrique de l'Ouest, où la croissance économique ne peut plus ignorer les contraintes environnementales. Reste à savoir si les moyens suivront les ambitions, et si la région parviendra à concilier attractivité des investissements et résilience écologique.