Le ministre ivoirien de l’Environnement, Abou Bamba, a annoncé l’application intégrale du décret de 2013 interdisant les plastiques à usage unique, lors d’une rencontre avec ses homologues ouest-africains à Abidjan. Cette décision, présentée comme un engagement national majeur, intervient dans un contexte où le secteur emploie près de 30 000 personnes en Côte d’Ivoire. Elle pose la question de l’équilibre entre protection environnementale et contraintes socio-économiques, dans une région où la pollution plastique devient critique.
Dans ce contexte, la décision ivoirienne constitue un test pour l’ensemble de la sous-région. Elle pourrait inciter d’autres pays à renforcer leurs législations, mais aussi révéler les limites d’une approche uniquement répressive sans alternatives économiques viables. La CEDEAO, qui soutient cette initiative, devra accompagner les États membres dans la mise en place de filières de substitution et de recyclage. L’enjeu dépasse la simple interdiction : il s’agit de construire une économie circulaire régionale, capable de concilier emplois et durabilité.
La relance du décret ivoirien intervient alors que les négociations pour un traité mondial sur la pollution plastique avancent lentement. En Afrique de l’Ouest, la question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment le faire sans sacrifier les équilibres sociaux. La capacité de la Côte d’Ivoire à tenir cette double promesse – environnementale et sociale – sera scrutée par ses voisins, et pourrait redéfinir les contours de la lutte régionale contre le plastique.