Vendredi 5 juin à Yamoussoukro, le gouvernement ivoirien a dressé un bilan positif de l’agriculture nationale pour 2025. Avec 17% du PIB et 40% des exportations, le secteur reste un pilier de l’économie. Mais les autorités veulent accélérer la transformation locale des matières premières, comme le cacao et l’anacarde, afin de réduire la dépendance aux cours mondiaux et de renforcer la souveraineté alimentaire. Le futur PNIA III, intégré au PND 2026-2030, devra relever ce défi.
Souveraineté alimentaire : le pari de la transformation locale
Bilan 2025 solide, mais le gouvernement veut accélérer la transformation du cacao et de l’anacarde pour réduire la dépendance aux cours mondiaux.
Transformation locale : deux filières clés
Objectif PNIA III : accélérer la transformation pour réduire l’exposition aux cours mondiaux et renforcer la souveraineté alimentaire.
Calendrier stratégique
Les fragilités à surmonter
Contexte macro : Selon le FMI, la Côte d’Ivoire affiche une croissance de 6,5 %. Les investissements directs étrangers représentent 3,6 % du PIB, et les exportations atteignent 22,7 milliards USD, d’après la Banque mondiale.
Un bilan 2025 solide mais des vulnérabilités persistantes
Les chiffres présentés lors de l’atelier stratégique de Yamoussoukro confirment le poids de l’agriculture dans l’économie ivoirienne : près de 17% du PIB, 40% des exportations et 40% de l’emploi national, pour une production globale estimée à plus de 37 millions de tonnes. La Côte d’Ivoire conserve son statut de leader mondial dans plusieurs filières stratégiques – cacao, anacarde, hévéa. Cependant, ces performances ne masquent pas les fragilités structurelles. La dépendance aux marchés internationaux de matières premières expose le pays aux fluctuations des cours et aux chocs climatiques, rappelant la nécessité d’une stratégie de résilience.
Transformation locale : levier stratégique
Le principal enseignement de la rencontre est l’accent mis sur la transformation locale. Selon les autorités, 41% du cacao produit dans le pays est désormais transformé localement, contre 43% pour la noix de cajou. Cette montée en gamme constitue un levier essentiel pour créer davantage de valeur ajoutée, renforcer les revenus agricoles et réduire la dépendance aux exportations de produits bruts. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a appelé à accélérer ce mouvement, dans la lignée des efforts entrepris depuis le PNIA I. La troisième génération du programme ambitionne d’aller plus loin, en intégrant digitalisation et innovation au service d’une agriculture plus compétitive.
Le PNIA III face aux défis climatiques et alimentaires
Le futur PNIA III, qui s’inscrit dans le Plan national de développement 2026-2030, devra répondre à des enjeux multiples : améliorer les conditions de vie en milieu rural, renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques, et consolider la souveraineté alimentaire. Cette dernière notion, récurrente dans les discours officiels, traduit une volonté de réduire la facture des importations alimentaires, tout en assurant un approvisionnement stable. Les autorités misent sur une agriculture plus digitalisée et innovante, capable de s’adapter aux nouveaux défis. L’atelier de Yamoussoukro a permis d’esquisser les grandes orientations, mais les moyens concrets – budgétaires, techniques et humains – restent à préciser.
Une dynamique régionale à conforter
Ce virage vers la transformation locale n’est pas propre à la Côte d’Ivoire. Dans toute l’Afrique de l’Ouest, des initiatives similaires émergent, comme le récent Forum régional sur la chaîne de valeur du café à Marrakech. La région cherche à s’affranchir de sa dépendance historique à l’exportation de produits bruts, en développant des industries locales créatrices d’emplois. La Côte d’Ivoire, par son poids économique, pourrait servir de laboratoire pour ces politiques. Reste à savoir si les investissements et les réformes annoncés seront à la hauteur des ambitions, dans un contexte de concurrence internationale et de contraintes budgétaires.
L’annonce du PNIA III intervient dans un moment clé, où la Côte d’Ivoire cherche à conjuguer souveraineté alimentaire et compétitivité internationale. La réussite de ce programme dépendra de sa capacité à mobiliser des financements, à impliquer les producteurs et à s’adapter aux réalités du terrain. Au-delà du cas ivoirien, c’est tout un modèle de développement agricole ouest-africain qui se joue.
Données de référence : Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI)