La Côte d'Ivoire a enregistré en 2025 une progression record de sa production agricole, avec 11,25 millions de tonnes pour les cultures d'exportation et 25,8 millions de tonnes pour le vivrier. Ces résultats, présentés le 5 juin à Yamoussoukro, traduisent les effets du Programme national d'investissement agricole de deuxième génération (PNIA II) et confirment le poids stratégique du secteur dans l'économie nationale. Cette performance s'inscrit dans un contexte régional contrasté, où la campagne 2025-2026 de l'UEMOA est qualifiée de record malgré un recul préoccupant du cacao et du café.
Agriculture ivoirienne : un cap historique
La production agricole franchit un palier inédit en 2025, portée par le PNIA II et une double stratégie export/vivrier.
Les ressorts de la croissance
« Ces résultats traduisent les avancées du PNIA II et la mobilisation de toute la filière. »
Contexte UEMOA 2025-2026
Une performance portée par les exportations et le vivrier
Selon les chiffres officiels dévoilés lors de l'atelier de bilan du secteur agricole, la production destinée à l'exportation a atteint 11,25 millions de tonnes, soit une augmentation nette de plus de 916 000 tonnes par rapport à 2024. Les grandes filières – cacao, anacarde, hévéa, café, coton – ont toutes contribué à cette hausse, consolidant la position de la Côte d'Ivoire comme premier producteur mondial de cacao et acteur majeur de l'anacarde et de l'hévéa. Parallèlement, la production vivrière a progressé de 9 %, passant de 23,65 à 25,8 millions de tonnes, tirée par le riz, le maïs, le manioc, l'igname et la banane plantain. Cette double progression témoigne d'une stratégie visant à la fois à renforcer les recettes d'exportation et à améliorer la sécurité alimentaire.
Les ressorts de la croissance : PNIA II et modernisation
Le ministre de l'Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a attribué ces résultats aux avancées du PNIA II, lancé pour moderniser l'agriculture, renforcer sa résilience face aux chocs climatiques et améliorer les conditions de vie des populations rurales. Ce programme a notamment favorisé l'accès aux intrants, la mécanisation et la formation des producteurs. Le directeur général de la Planification, Kokora Dibi, a rappelé que le secteur représente 17 % du PIB, 40 % des exportations et 40 % de l'emploi national. Ces chiffres soulignent l'importance cruciale de l'agriculture dans la stabilité macroéconomique du pays, d'autant que la Côte d'Ivoire cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance aux matières premières.
Un secteur stratégique mais confronté à des défis régionaux
Cette performance ivoirienne intervient dans un contexte régional nuancé. La campagne agricole 2025-2026 de l'UEMOA est qualifiée de record dans son ensemble, mais marquée par un recul préoccupant du cacao et du café dans plusieurs États membres. La Côte d'Ivoire, premier producteur de cacao au monde, semble avoir inversé cette tendance grâce à ses investissements. Toutefois, les défis persistent : volatilité des cours mondiaux, pression sur les ressources naturelles, et nécessité d'une transformation locale accrue pour capter davantage de valeur ajoutée. Le gouvernement mise sur la poursuite du PNIA II et sur des partenariats public-privé pour soutenir la croissance et créer des emplois dans les chaînes de valeur agricoles.
Alors que la Côte d'Ivoire affiche des chiffres agricoles records, la question de la durabilité de cette dynamique se pose. Entre dépendance aux exportations de matières premières, défis climatiques et besoin de transformation structurelle, le secteur agricole ivoirien illustre à la fois les succès possibles d'une politique d'investissement ciblée et les limites d'un modèle encore vulnérable aux aléas mondiaux. Les prochains mois diront si ces performances peuvent être consolidées dans un environnement régional en mutation.
Données de référence : Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI)