Le 10 juillet à Abidjan, le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a lancé le Guichet Unique de Déclaration de l’Investissement Privé (GUDIP), une plateforme numérique centralisant et analysant les données sur les investissements privés. Ce nouvel outil vise à combler un déficit d’information qui freinait l’efficacité des politiques publiques, alors que le secteur privé est appelé à financer plus de 70 % du Plan National de Développement (PND) 2026-2030. Il s’inscrit dans une tendance régionale de modernisation de la gouvernance économique par la maîtrise des données.

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Le GUDIP a été développé avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD) dans le cadre du Programme d’Appui à l’Amélioration du Climat des Affaires en Côte d’Ivoire (PACA-CI). Conçu en collaboration avec la Direction générale de l’Économie, il permet non seulement de collecter les déclarations obligatoires des investisseurs, mais aussi de les analyser en temps réel. Les autorités disposeront ainsi d’une vision précise du taux de conversion des projets annoncés en réalisations effectives, une traçabilité essentielle pour ajuster les politiques d’attractivité et cibler les secteurs prioritaires du PND 2026-2030.

Jusqu’ici, les informations sur les projets privés étaient éparpillées entre plusieurs administrations, rendant difficile tout suivi systématique. La directrice générale du CEPICI, Solange Amichia, a qualifié l’outil de « véritable outil de gouvernance publique », soulignant qu’il dépasse le simple enregistrement passif. Il doit fournir des indicateurs fiables sur la contribution du privé à la croissance, à l’emploi et à la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

Un enjeu de transparence et de compétitivité

Pour l’État, le GUDIP est l’occasion d’affiner ses politiques incitatives et de mieux orienter les dispositifs d’accompagnement. Pour les investisseurs, la promesse est celle d’une simplification administrative – une revendication historique du patronat local – et d’une meilleure visibilité sur les aides disponibles. Ce double avantage pourrait renforcer l’attractivité de la Côte d’Ivoire dans une sous-région où la concurrence pour capter les capitaux privés s’intensifie.

Cependant, le succès de la plateforme dépendra de l’implication réelle des institutions publiques et privées, notamment dans le partage des données et la désignation de points focaux. La mise en œuvre effective du caractère obligatoire des déclarations et la fiabilité des analyses en temps réel constitueront des tests décisifs. D’autres pays ouest-africains, comme le Sénégal ou le Ghana, ont engagé des démarches similaires, mais rares sont ceux qui disposent encore d’un outil aussi intégré.

Au-delà de son utilité immédiate, le GUDIP illustre une évolution plus large : la donnée devient un actif stratégique de la gouvernance économique en Afrique de l’Ouest. Reste à voir si cet outil parviendra à concilier les exigences de transparence avec les réalités administratives locales, et s’il pourra inspirer une standardisation régionale des systèmes de suivi de l’investissement privé.