Le 9 juillet 2026, Abidjan a réuni plus de 700 investisseurs pour la deuxième journée du Groupe Consultatif du PND 2026-2030, marquant un tournant stratégique : placer le secteur privé au cœur de la transformation économique. Simultanément, le ministre de la Transition numérique a présenté le numérique comme une infrastructure de base, avec un taux de pénétration mobile de 130 % et 15 millions d’internautes actifs. Cette double annonce s’inscrit dans une fenêtre régionale favorable, alors que le Ghana sort de son programme FMI et que le Sénégal peaufine son offre touristique.
Privé & numérique : les deux piliers du nouveau PND
700 investisseurs réunis à Abidjan · cap sur 2030
Investissement privé comme moteur principal de la croissance
Reconstruction post-crise et consolidation (2016‑2025)
Les trois générations du PND
Les trois moteurs du PND 2026‑2030
Côte d’Ivoire : croissance 6,5 %
PIB/hab. 3 050 USD
3,6 % du PIB
Un dialogue renforcé avec le privé
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a réaffirmé, devant 700 participants internationaux réunis au Sofitel Hôtel Ivoire, la place centrale du secteur privé dans le PND 2026-2030. Ce Groupe Consultatif, bien plus qu’une simple réunion, institue un cadre de dialogue permanent entre l’État et les investisseurs. « Aujourd'hui, c'est une nouvelle étape consacrée à l'investissement, à l'entreprise et à la création de valeur », a-t-il déclaré. Après deux décennies de reconstruction post-crise et une phase de consolidation (PND 2016-2020 et 2021-2025), la Côte d’Ivoire affiche une croissance moyenne de 6,5 % et veut désormais tirer son développement par l’investissement privé plutôt que par les seules dépenses publiques.
Le numérique comme infrastructure de base
Parallèlement, le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, a présenté un état des lieux du secteur numérique lors de cette même journée. Avec 38 000 km de fibre optique déployés, une couverture mobile de 95 % de la population et 15 millions d’internautes actifs, la Côte d’Ivoire se positionne comme un marché numérique mature en Afrique subsaharienne. Le discours du ministre marque un changement de paradigme : le numérique n’est plus un secteur vertical, mais une infrastructure essentielle, au même titre que l’énergie ou l’eau. Cette reconnaissance officielle vise à attirer des capitaux dans le cadre du PND 2026-2030, en faisant du numérique un levier de compétitivité pour l’ensemble de l’économie.
Des chiffres prometteurs mais des disparités persistantes
Derrière les indicateurs globaux – 130 % de taux de pénétration mobile, 2 millions d’utilisateurs d’e-commerce au dernier trimestre 2026 – se cachent des écarts significatifs. Abidjan concentre l’essentiel des infrastructures, tandis que les zones rurales restent sous-connectées. L’utilisation active d’Internet ne concerne qu’un Ivoirien sur deux, malgré une couverture mobile quasi universelle. L’enjeu pour le PND 2026-2030 sera de transformer cette couverture en usages productifs, notamment pour les PME et l’administration en ligne. Le développement de plateformes de transport urbain et du e-commerce témoigne d’une dynamique encourageante, mais la pérennité des modèles économiques reste à prouver face à la concurrence régionale.
Un timing régional favorable
La mobilisation des investisseurs intervient dans un contexte régional particulier. Le Ghana, voisin et concurrent, a officialisé en mai 2026 sa sortie de la Facilité élargie de crédit du FMI, tandis que le Sénégal peaufine encore son offre touristique, comme en témoigne la publication récente de son répertoire culturel. Ces éléments offrent à la Côte d’Ivoire une fenêtre pour conforter son statut de pôle de stabilité et d’attractivité en Afrique de l’Ouest. Abidjan capitalise sur sa stabilité macroéconomique et ses réformes structurelles pour attirer des capitaux, soutenue par une diplomatie économique proactive.
Alors que le PND 2026-2030 se dessine, la Côte d’Ivoire conjugue deux leviers complémentaires : un secteur privé responsabilisé et une infrastructure numérique repensée comme socle. Reste à savoir si cette double ambition parviendra à réduire les inégalités territoriales et à créer des chaînes de valeur inclusives, dans un environnement ouest-africain où la compétition pour les investissements s’intensifie.