Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a lancé le 18 juillet 2026 le Guichet unique de données des investissements privés (GUDIP), une plateforme numérique centralisant les données sur les capitaux engagés. L’initiative entend remédier à la fragmentation des statistiques économiques ivoiriennes et renforcer la traçabilité des flux d’investissement. Elle intervient dans un contexte où la compétition pour attirer les capitaux étrangers s’intensifie au sein de l’UEMOA, et où les partenaires techniques conditionnent leur soutien à une meilleure qualité du reporting.

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Le GUDIP se présente comme une infrastructure numérique fédératrice, collectant les données auprès des administrations, chambres consulaires et opérateurs. L'objectif affiché : offrir une vision consolidée des dynamiques sectorielles, là où la fragmentation des sources a longtemps constitué un angle mort du pilotage économique ivoirien. Analystes et bailleurs devaient composer avec des séries hétérogènes, rendant les comparaisons peu fiables.

Une réponse à l'opacité statistique

Cette centralisation n'est pas qu'une commodité technique. Elle répond à une exigence croissante des partenaires techniques et financiers : le FMI, la Banque mondiale et la BAD conditionnent une partie de leurs appuis à la qualité du reporting sur les IDE et sur la mobilisation du capital domestique. Un référentiel unique réduit les marges d’interprétation et facilite les revues conjointes, renforçant la crédibilité du pays.

Un enjeu de crédibilité régionale

La Côte d'Ivoire n'agit pas en vase clos. Au sein de l'UEMOA, la concurrence pour attirer les investissements étrangers s'intensifie. En juin, le Sénégal organisait le forum SENEGAL REK, axé sur les opportunités numériques et la diaspora. Par ailleurs, l'optimisation des corridors interétatiques, priorité régionale, illustre le besoin de coordination que le GUDIP pourrait faciliter à l'échelle nationale. Dans le même temps, les tensions géopolitiques autour des routes maritimes (crise américano-iranienne) rappellent la vulnérabilité des économies ouest-africaines et l'impératif de transparence pour attirer des capitaux stables.

Au-delà de la crédibilité, le GUDIP pourrait améliorer la qualité des décisions d'investissement. Les investisseurs, qu'ils soient locaux ou étrangers, disposeront d'indicateurs fiables pour évaluer les risques et opportunités sectorielles. Cela pourrait stimuler à la fois les IDE et l'investissement domestique, souvent sous-estimé.

Reste des défis de taille : la collecte de données auprès d'administrations multiples nécessite une coordination robuste et une culture de partage qui n'est pas encore généralisée. La qualité des données dépendra de la fiabilité des sources, et le CEPICI devra garantir une mise à jour en temps réel pour ne pas perdre la confiance des utilisateurs.

Le GUDIP est un indicateur parmi d'autres de la transformation numérique des États ouest-africains. Il révèle surtout un changement de paradigme : la gouvernance économique ne se joue plus seulement sur le terrain des incitations fiscales ou des infrastructures physiques, mais aussi sur la capacité à produire une information fiable et transparente. Dans un environnement global où les capitaux se font plus sélectifs, la donnée devient un actif stratégique. La Côte d'Ivoire teste ici sa capacité à se hisser au rang des économies les plus crédibles du continent.