Au Togo, le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) a remis 4 850 plants à des producteurs sinistrés par les feux de végétation, dans le cadre d’un programme national de reconstitution. Avec près de 940 000 plants distribués depuis 2021, le pays tente de redynamiser une filière qui pèse 1,2 % de son PIB. Cette opération illustre les défis auxquels sont confrontés les producteurs ouest-africains de cacao face au vieillissement des vergers et aux aléas climatiques.

Infographie — Cacao

La remise de 4 850 plants de caféiers, cacaoyers et essences agroforestières à Kpélé-Elé, dans la commune de Kpélé 2, marque une nouvelle étape du Plan de développement café-cacao (PDCC) togolais. Ce programme, piloté par le CCFC, prévoit la distribution de 10 000 plants dans cette seule commune pour accompagner la restauration progressive des exploitations touchées par les feux de végétation. Lancée symboliquement avec la mise en terre de quelques plants dans l'enceinte de la mairie en construction, cette opération s'inscrit dans une campagne nationale plus vaste: début juin, ce sont 398 240 plants qui avaient été distribués, dont 177 200 cacaoyers, 106 540 caféiers et 114 500 plants agroforestiers.

Une stratégie de reconstitution à l’épreuve du climat

Depuis 2021, le PDCC a permis de distribuer près de 940 000 plants, renouvelant environ 705 hectares de plantations. L'objectif est clair: remédier au vieillissement des vergers, améliorer les rendements et renforcer la résilience des producteurs face aux effets du changement climatique, qui se manifestent notamment par des feux de végétation de plus en plus fréquents. Les résultats commencent à se voir: lors de la campagne 2024-2025, les exportations de cacao ont atteint 24 000 tonnes, contre 11 182 tonnes un an plus tôt, et celles de café sont passées de 2 618 tonnes à 4 400 tonnes. Une progression significative qui témoigne de l'impact de ces investissements.

Cette dynamique s'observe dans un contexte régional où la Côte d'Ivoire et le Ghana, premiers producteurs mondiaux de cacao, font face aux mêmes défis de vieillissement des plantations et de dégradation des sols. Le Togo, bien que modeste avec ses 32 000 producteurs, pourrait servir de laboratoire pour des programmes de replantation à grande échelle intégrant l'agroforesterie, comme le montre la distribution d'essences associées. L'approche togolaise se distingue par son caractère systématique et son suivi rapproché via le CCFC.

Ailleurs dans le monde, d'autres producteurs explorent des voies différentes. Au Brésil, une étude récente montre que le cacao amazonien non fermenté conserve davantage d'antioxydants et de minéraux, ouvrant la voie à des chocolats à haute valeur nutritionnelle. En Indonésie, on cherche à valoriser le cacao au-delà du chocolat. Ces innovations de niche contrastent avec la stratégie togolaise, qui mise d'abord sur la reconstitution des volumes et la résilience climatique plutôt que sur la différenciation qualitative.

L'enjeu pour le Togo est double. D'une part, il s'agit de consolider la reprise des exportations, qui ont déjà doublé en un an, pour accroître la part de cette filière dans l'économie nationale. D'autre part, la durabilité de ces efforts dépend de la capacité à maintenir un rythme de replantation élevé tout en sécurisant le foncier et en améliorant les conditions de vie des producteurs. Les réformes institutionnelles, comme celles saluées par le classement Doing Business, peuvent attirer des investissements, mais la filière reste vulnérable aux fluctuations des cours mondiaux et aux aléas climatiques.

Le programme de reconstitution des plantations de cacao au Togo illustre une tendance plus large en Afrique de l'Ouest: la nécessité de renouveler des vergers vieillissants pour préserver la compétitivité de la filière face à l'émergence de nouveaux producteurs. La réussite de ce plan dépendra de la coordination entre acteurs publics et privés, de l'accès au financement et de l'adoption de pratiques agroforestières. Le Togo, avec ses 705 hectares déjà renouvelés, montre que des progrès sont possibles, mais le chemin reste long pour garantir une production durable.

Le programme togolais s’inscrit dans une dynamique plus large de renouvellement des vergers ouest-africains, où la Côte d’Ivoire et le Ghana lancent également des campagnes de replantation. Mais face à la concurrence de nouveaux producteurs comme le Brésil ou l’Indonésie, la filière cacao africaine doit également innover dans la transformation locale et la qualité. Le Togo, en misant sur la reconstitution et l’agroforesterie, pourrait ouvrir une voie prometteuse pour une production plus durable et résiliente.

Données de référence : Croissance du PIB réel : 5.9% (FMI)