Le 3 septembre 2026, TotalEnergies a finalisé l'acquisition de 40% d'intérêts opérationnels dans la licence PEL 83, devenant opérateur de la découverte géante de Mopane, au large de la Namibie. Cette opération, approuvée par les autorités namibiennes, s'inscrit dans une stratégie plus large de consolidation de ses actifs offshore en Afrique australe. Elle intervient alors que le groupe, présent en Afrique de l'Ouest depuis des décennies, doit gérer une image contrastée entre ses investissements pétroliers et ses engagements de diversification.

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Une consolidation stratégique dans l'Orange Basin

L'accord conclu avec le portugais Galp, négocié depuis décembre 2025, aboutit à une participation équilibrée : TotalEnergies et Galp détiennent désormais chacun 40% de PEL 83, tandis que la société nationale namibienne Namcor et Custos Energy conservent 10% chacun. Patrick Pouyanné, président-directeur général, a souligné qu'il s'agit d'une « étape clé » pour établir un hub de production majeur en Namibie. Le groupe prévoit une campagne d'appraisal de trois puits à Mopane, avec une décision finale d'investissement (FID) espérée d'ici 2028. En parallèle, Galp a reçu des participations dans les licences PEL 56 (10%) et PEL 91 (9,39%), où TotalEnergies demeure opérateur avec respectivement 35,25% et 33,09%. Au final, le groupe français se retrouve opérateur des deux plus grandes découvertes pétrolières namibiennes, Mopane et Venus, consolidant sa position dans un bassin devenu stratégique pour l'industrie pétrolière mondiale.

Cette expansion en Namibie contraste avec la situation en Afrique de l'Ouest, où TotalEnergies doit gérer des actifs matures et des enjeux de perception. Au Sénégal, le groupe est impliqué dans le développement du champ de Sangomar et du projet de gaz naturel GTA (Grand Tortue Ahmeyim) partagé avec la Mauritanie. Le gaz naturel GTA Sénégal Mauritanie production, qui a démarré en 2024, est un projet phare pour la région, mais sa montée en puissance a connu des retards et des surcoûts. Le pétrole Sénégal Sangomar production, opéré par Woodside, a débuté en juin 2024, mais TotalEnergies n'y est pas directement opérateur, bien qu'il détienne une participation. Ces projets sont cruciaux pour l'économie sénégalaise, qui espère des retombées majeures. L'actualité économique du Sénégal, au 3 septembre 2026, est marquée par ces développements énergétiques, mais aussi par les défis de la gouvernance et de la redistribution des revenus.

Une stratégie africaine à double vitesse

Le choix de la Namibie comme nouveau hub s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, le bassin Orange présente un potentiel géologique exceptionnel, avec des découvertes majeures comme Venus et Mopane. D'autre part, la Namibie offre un environnement politique stable et un cadre réglementaire favorable, contrairement à certains pays d'Afrique de l'Ouest où les compagnies pétrolières font face à des risques de sécurité et à des changements de réglementation. Cette stratégie s'inscrit dans une tendance plus large des majors à se concentrer sur des actifs à haute valeur et à faible risque politique.

Cependant, cette expansion intervient dans un contexte de transition énergétique où les compagnies pétrolières sont scrutées sur leurs engagements climatiques. TotalEnergies, qui a fait de l'Afrique un pilier de sa stratégie, doit concilier ses investissements dans les énergies fossiles avec ses promesses de réduction des émissions. En Afrique de l'Ouest, le groupe est également confronté à une image de marque ternie par des controverses sur l'exploitation du pétrole et du gaz, notamment au Mozambique et en Ouganda, mais aussi par des critiques sur les fuites de méthane. Dans la région, TotalEnergies est parfois perçu comme un acteur privilégiant ses intérêts économiques au détriment des communautés locales et de l'environnement.

La diversification de ses activités, comme le montre son implication dans le sport africain via le sponsoring de la CAF, est un moyen de soigner son image. TotalEnergies est ainsi partenaire de la Coupe d'Afrique des Nations et de compétitions de jeunes, comme la TotalEnergies CAF Under-20 Africa Cup of Nations. Ces initiatives visent à ancrer une image positive, en phase avec les aspirations de la jeunesse africaine. Mais elles ne suffisent pas à contrebalancer les critiques sur ses opérations pétrolières, notamment dans les zones sensibles.

L'évolution récente montre que les compagnies pétrolières internationales cèdent progressivement leurs actifs matures en Afrique de l'Ouest à des opérateurs locaux, comme le montre l'exemple de Renaissance Africa Energy au Nigeria, qui a repris les actifs de Shell et a récemment annoncé une découverte offshore sur le bloc OML 74. Cette tendance, déjà visible en 2026, reflète un désengagement des majors des zones à risques ou à faibles marges, au profit de nouveaux acteurs locaux plus agiles. TotalEnergies, de son côté, se repositionne sur des actifs à fort potentiel comme la Namibie, tout en conservant des positions en Afrique de l'Ouest, notamment au Sénégal et au Nigeria.

Dans le même temps, les questions de sécurité et de régulation restent prégnantes. L'orpaillage illégal au Burkina Faso et au Mali, qui alimente des économies parallèles et des conflits, illustre les défis de gouvernance dans la région. Ces phénomènes, souvent liés à l'instabilité politique, compliquent l'environnement des affaires pour les investisseurs internationaux. TotalEnergies, qui a déjà dû gérer des situations complexes au Nigeria (vols de pétrole, sabotage), doit intégrer ces risques dans sa stratégie.

Au-delà de la Namibie, cette opération confirme la volonté de TotalEnergies de se positionner comme un acteur majeur de l'offshore profond en Afrique. Le groupe dispose désormais d'un portefeuille de licences prometteur dans l'Orange Basin, qui pourrait devenir l'un des nouveaux pôles de production pétrolière du continent. Les décisions d'investissement attendues d'ici 2028 seront déterminantes pour l'avenir énergétique de la région et pour l'équilibre des marchés pétroliers mondiaux.

Cette montée en puissance de TotalEnergies en Namibie soulève des questions sur l'avenir de ses activités en Afrique de l'Ouest. Alors que le groupe se concentre sur des actifs à fort potentiel, la région ouest-africaine, riche en ressources mais marquée par des défis de gouvernance et de sécurité, pourrait voir les majors se retirer progressivement au profit d'acteurs locaux. L'équilibre entre exploitation des ressources et développement durable reste au cœur des préoccupations, tant pour les compagnies que pour les États africains.