Le 15 juillet 2026, le cours de l'or franchit un nouveau seuil historique, porté par les tensions au Moyen-Orient. Pour les États ouest-africains producteurs, cette flambée ravive les espoirs de développement minier, mais soulève aussi des questions sur la répartition des revenus et le contrôle des ressources. Depuis mai 2026, plusieurs signaux annonçaient cette tendance, confirmant le rôle croissant de la région dans l'approvisionnement aurifère mondial.
Or ouest-africain : le baril d'or noir du Sahel ?
Le cours de l'or franchit un seuil historique. Pour les États producteurs d'Afrique de l'Ouest, la flambée ravive espoirs et tensions.
L'instabilité dans le détroit d'Ormuz propulse l'or comme valeur refuge.
Insécurité, gouvernance et artisanat informel freinent la production.
Comment répartir les revenus de l'or entre États, entreprises et communautés ?
La flambée de l'or profite aux pays du Sahel, mais la répartition des revenus, la sécurité et le contrôle des ressources restent des obstacles structurels. L'informel et la gouvernance freinent l'essor d'un secteur qui pourrait transformer l'économie régionale.
Une conjoncture internationale propice
Depuis le début de l'année 2026, l'instabilité géopolitique, notamment dans le détroit d'Ormuz, a propulsé les prix des matières premières. L'or, valeur refuge par excellence, a atteint 2 800 dollars l'once, soit une hausse de 15 % par rapport à janvier. Cette dynamique profite directement aux pays d'Afrique de l'Ouest qui détiennent d'importantes réserves aurifères, du Mali au Burkina Faso en passant par la Côte d'Ivoire et le Ghana.
Un potentiel minier encore sous-exploité
La région abrite certaines des plus grandes mines d'or du continent, mais la production reste entravée par l'insécurité, les problèmes de gouvernance et le poids de l'artisanat informel. Pourtant, les investissements étrangers affluent : la Guinée, déjà premier contributeur africain au Fonds africain de développement, pourrait voir sa production doubler d'ici 2028 grâce à l'extension de la mine de Siguiri.
L'enjeu de la souveraineté fiscale
Les recettes de l'or représentent une part croissante des budgets nationaux. Mais la dépendance aux cours mondiaux expose ces économies aux fluctuations. Parallèlement, la question du raffinage local émerge : transformer l'or sur place pourrait créer de la valeur ajoutée et réduire les fuites de capitaux. Le Ghana a déjà lancé une politique en ce sens, tandis que le Sénégal étudie la création d'une bourse des métaux précieux.
Vers une nouvelle gouvernance minière ?
Les tensions géopolitiques actuelles rappellent la nécessité pour les États de mieux contrôler leurs ressources. La révision des codes miniers dans plusieurs pays (Mali, Burkina Faso) vise à accroître la part de l'État dans les projets, quitte à renégocier les contrats avec les multinationales. Cette tendance s'inscrit dans un mouvement plus large de souveraineté sur les matières premières, observé également dans le secteur pétrolier avec la raffinerie de Dangote au Nigeria.
Par ailleurs, l'or artisanal, qui représente jusqu'à 40 % de la production dans certains pays, reste largement informel. Des initiatives de formalisation sont en cours, mais leur succès dépendra de la capacité des États à offrir des incitations attractives aux mineurs.
Enfin, la coopération régionale pourrait jouer un rôle clé. L'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) réfléchit à un cadre harmonisé pour la commercialisation de l'or, afin d'éviter la concurrence fiscale entre États et de renforcer le pouvoir de négociation face aux acheteurs internationaux.
La flambée de l'or offre une fenêtre d'opportunité pour l'Afrique de l'Ouest, mais elle met aussi en lumière les fragilités structurelles de son secteur extractif. Entre convoitises internationales et aspirations locales, la gestion de cette manne déterminera la capacité de la région à transformer ses richesses souterraines en développement durable.