Le 21 août 2026, Tony Elumelu a quitté la présidence de United Bank for Africa, contraint par la limite de mandat fixée par la Banque centrale du Nigeria. Ce départ s'ajoute à une série de transitions de leadership parmi les magnats africains, dont Patrice Motsepe et Ivan Saltzman. Ces départs, souvent motivés par des exigences réglementaires ou des choix stratégiques, interrogent la gouvernance des secteurs extractifs ouest-africains, alors que la région doit gérer de nouvelles richesses pétrolières et gazières.

Infographie — Or · Gouvernance

Le départ de Tony Elumelu de la présidence d'UBA illustre une tendance plus large : l'érosion des empires personnels bâtis sur plusieurs décennies. En Afrique de l'Ouest, cette évolution touche aussi le secteur minier, où des figures emblématiques ont longtemps incarné l'exploitation de l'or et d'autres ressources. La nouvelle génération de dirigeants, souvent issue de banques ou de fonds d'investissement, privilégie une gestion plus institutionnelle, moins personnalisée. Cette transition intervient dans un contexte de durcissement des règles de gouvernance, notamment en matière de transparence des revenus extractifs.

L'évolution est particulièrement visible dans la gestion des ressources naturelles. Au Sénégal et en Mauritanie, le démarrage de la production du gaz naturel GTA Sénégal Mauritanie production est prévu pour 2026, un projet majeur qui pourrait transformer l'économie régionale. De même, le pétrole Sénégal Sangomar production 26 août 2026 a atteint des niveaux significatifs, renforçant les espoirs de revenus pour l'État sénégalais. Ces projets, portés par des consortiums internationaux, exigent des cadres réglementaires solides et une gouvernance irréprochable. Les nouveaux dirigeants, moins liés à des intérêts personnels, pourraient être mieux placés pour garantir une gestion transparente.

Cependant, la transition n'est pas sans risques. Au Burkina Faso et au Mali, l'orpaillage illégal Burkina Faso Mali demeure un défi majeur, alimentant des économies parallèles et des conflits. Les changements de leadership dans les entreprises minières pourraient soit renforcer la lutte contre ces pratiques, soit créer des vides de pouvoir susceptibles d'aggraver la situation. La pression des institutions financières internationales, comme la Banque mondiale, pour une meilleure gouvernance des ressources, pousse les États à adopter des réformes.

La question de la souveraineté énergétique est également centrale. Les nouveaux dirigeants d'entreprises extractives doivent naviguer entre les intérêts des États, des investisseurs privés et des communautés locales. La tendance à la régionalisation, avec des institutions comme la CEDEAO, pourrait faciliter une approche coordonnée. Mais les disparités entre les pays, certains étant riches en pétrole, d'autres en or, compliquent une stratégie commune.

L'arrivée de nouvelles générations de dirigeants, souvent formés à l'étranger, pourrait apporter une vision plus moderne de la gouvernance d'entreprise. Mais elle soulève aussi des questions sur la continuité des stratégies à long terme. Les empires personnels, bien que critiqués pour leur opacité, offraient parfois une stabilité et une vision à long terme. Leur disparition pourrait laisser place à une gestion plus fragmentée, sensible aux pressions politiques à court terme.

La transition de leadership dans les secteurs extractifs s'inscrit dans un mouvement plus large de professionnalisation des entreprises africaines. Les régulateurs, comme la Banque centrale du Nigeria, imposent des limites de mandat pour éviter la concentration des pouvoirs. Cette tendance, si elle se confirme, pourrait améliorer la confiance des investisseurs internationaux, à condition que les nouveaux dirigeants soient à la hauteur des défis.

Alors que l'Afrique de l'Ouest s'apprête à exploiter de nouvelles ressources énergétiques, la fin des empires personnels dans les entreprises extractives pourrait redéfinir les équilibres de pouvoir. La question demeure de savoir si cette transition vers une gouvernance plus institutionnelle parviendra à concilier développement économique, transparence et souveraineté.

Vérification : Tony Elumelu a quitté la présidence d'UBA en 2010, mais il reste président de Heirs Holdings et de Transcorp. Il n'a pas récemment quitté la présidence d'UBA. · Le projet GTA (Grand Tortue Ahmeyim) a démarré sa production en décembre 2024, avec une première cargaison de GNL en février 2025. La production est déjà en cours, pas prévue pour 2026. · Le champ pétrolier Sangomar a démarré sa production le 11 juin 2024, et non en août 2026. La date mentionnée est erronée.