Le 10 juin 2026, le Tribunal de commerce de Ouagadougou a annulé un contrat de streaming aurifère conclu en 2014 entre les anciens propriétaires de la mine de Karma et les groupes canadiens Franco-Nevada et Sandstorm Gold. Cette décision, inédite en Afrique de l’Ouest, remet en cause un montage financier très répandu dans le secteur minier. Elle intervient dans un contexte où le Burkina Faso, premier producteur d’or de la zone UEMOA, cherche à renforcer sa souveraineté sur ses ressources.
Streaming minier : le jackpot sous contrôle
Le 10 juin 2026, le Tribunal de commerce de Ouagadougou annule un contrat de streaming aurifère signé en 2014. Une décision inédite qui bouscule l’industrie.
Contrat de streaming signé entre les anciens propriétaires de la mine de Karma et les groupes canadiens Franco‑Nevada et Sandstorm Gold.
Vague de renégociations des codes miniers au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. Les États cherchent à accroître leurs recettes et leur contrôle.
Le Tribunal de commerce de Ouagadougou annule le contrat de streaming de la mine de Karma. Décision inédite en Afrique de l’Ouest.
Contrat de streaming : un financier achète une partie de la production future à prix décoté, en échange d’un préfinancement.
Termes jugés lésant les intérêts nationaux par la justice burkinabè.
Annulation du contrat. La décision pourrait faire jurisprudence dans toute la zone UEMOA.
Signal fort aux investisseurs : les États ouest-africains reprennent la main sur leurs ressources.
Première annulation d’un contrat de streaming aurifère en Afrique de l’Ouest. La justice burkinabè ouvre une brèche juridique.
Le jugement pourrait faire tache d’huile dans la zone UEMOA et au-delà, où le streaming minier est très répandu.
Depuis 2020, le Mali, la Guinée et le Burkina Faso révisent leurs codes miniers pour accroître leurs recettes et leur contrôle.
Le Burkina Faso, premier producteur d’or de l’UEMOA, voit dans ses ressources un levier de financement crucial face à l’insécurité.
L’annulation du contrat de streaming de la mine de Karma est un signal fort envoyé aux investisseurs miniers.
— Extrait de l’article Cauris, juin 2026
Les termes du contrat ont été jugés lésant les intérêts nationaux. Une brèche juridique qui pourrait redéfinir les règles du jeu minier en Afrique de l’Ouest.
Contexte : Le Burkina Faso est le premier producteur d’or de la zone UEMOA. L’insécurité chronique pousse l’État à utiliser ses ressources minières comme levier de financement.
L’annulation du contrat de streaming de la mine de Karma est un signal fort envoyé aux investisseurs miniers. Ce type d’accord, qui permet à un financier d’acheter une partie de la production future à un prix décoté en échange d’un préfinancement, avait été massivement utilisé dans la région pour attirer des capitaux. Mais la justice burkinabè a estimé que les termes du contrat lésaient les intérêts nationaux, ouvrant une brèche juridique qui pourrait faire jurisprudence.
Au-delà de l’aspect judiciaire, ce jugement s’inscrit dans une évolution plus large des relations entre États ouest-africains et compagnies minières. Depuis le début des années 2020, plusieurs pays (Mali, Guinée, Burkina Faso) ont renégocié des codes miniers ou révisé des conventions pour accroître leurs recettes et leur contrôle. Le Burkina Faso, confronté à une insécurité chronique, voit dans ses ressources aurifères un levier de financement crucial.
Les retombées locales de l’exploitation minière restent toutefois contrastées. À Houndé, commune abritant une mine d’or majeure, les chiffres des investissements sociaux sont éloquents : plus de 4 milliards de FCFA dans la voirie, 2,5 milliards dans l’éducation, 900 millions dans la santé. Mais les attentes des populations locales ne sont pas entièrement satisfaites. Les orpailleurs déplorent l’absence de transfert de compétences et d’emplois qualifiés pour les jeunes. Le débat révèle une tension entre bénéfices matériels et développement humain.
Sur le plan financier, la performance des mines burkinabè reste solide. En 2025, la contribution du Burkina Faso au chiffre d’affaires d’un grand groupe minier (vraisemblablement Endeavour Mining) a atteint 1,20 milliard de francs suisses, contre 936 millions l’année précédente. Cette progression confirme le poids du pays dans la production aurifère régionale. Pourtant, l’annulation du contrat de Karma pourrait refroidir certains investisseurs, notamment les sociétés de royalties spécialisées dans le streaming.
L’enjeu dépasse le cadre national. En Afrique de l’Ouest, le streaming aurifère est pratiqué sur plusieurs sites (Ségalé au Mali, Sissingué en Côte d’Ivoire). La décision burkinabè pourrait inciter d’autres juridictions à examiner la validité de ces accords, jugés parfois déséquilibrés. Les sociétés de streaming, qui avancent des centaines de millions de dollars, devront désormais intégrer un risque juridique accru dans leur modèle.
Parallèlement, les autorités burkinabè tentent de concilier attractivité et contrôle. Le nouveau code minier, adopté en 2024, prévoit une participation accrue de l’État et des exigences de contenu local. L’annulation du contrat de Karma s’inscrit dans cette logique, même si elle pourrait freiner l’arrivée de nouveaux financements.
La décision du tribunal de Ouagadougou interroge la durabilité des instruments financiers utilisés dans le secteur aurifère ouest-africain. Entre volonté de souveraineté et besoin de capitaux, les États de la région cherchent un équilibre qui redéfinira les règles du jeu minier pour les années à venir.