Au premier trimestre 2026, l'indice composite des cours des produits de base de la CEMAC a progressé de 0,7%, selon la BEAC, après un recul de 4,3% au trimestre précédent. Si les hydrocarbures et les métaux tirent cette reprise, le cacao, pilier des exportations agricoles de la région, accuse une chute de 24,6%. Cette divergence ravive les questions sur la vulnérabilité des économies non pétrolières et l'urgence d'une diversification régionale.
CEMAC : le rebond des hydrocarbures masque la fragilité des filières agricoles
Au T1 2026, l’indice composite des cours des produits de base (ICCPB) progresse de 0,7% après un recul de 4,3% au trimestre précédent. Mais derrière ce léger rebond, les écarts se creusent entre secteurs.
Des signaux contrastés pour les matières premières de la CEMAC
La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a publié, via le quotidien EcoMatin, les données de son indice composite des cours des produits de base (ICCPB) pour le premier trimestre 2026. L'indice, qui couvre 20 produits représentant environ 90% des exportations de la zone, affiche une hausse de 0,7% en glissement trimestriel. Ce modeste rebond intervient après une chute de 4,3% au trimestre précédent, signe d'une reprise fragile mais réelle.
La principale locomotive de cette amélioration est le secteur énergétique, qui bondit de 23% porté par le pétrole et le gaz naturel. Le Brent a ainsi atteint une moyenne de 75,7 dollars le baril, contre 62,1 dollars au T4 2025. Ce redressement profite directement aux pays membres de l'OPEP de la zone – le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale – ainsi qu'au Tchad, qui voient leurs recettes budgétaires se renforcer. Dans un contexte où l'OPEP+ maintient une certaine discipline de production, ce niveau de prix offre un répit aux finances publiques mises sous tension par les années de baisse.
Le contraste avec le cacao : un signal d'alarme pour les économies agricoles
Parallèlement, les métaux et minerais progressent de 8,4%, soutenus par l'or (+17,5%), le manganèse (+13,4%) et le fer (+9,9%). L'or, valeur refuge, bénéficie des incertitudes géopolitiques mondiales, tandis que le manganèse et le fer profitent de la demande chinoise. Ces hausses profitent principalement au Gabon (manganèse) et au Cameroun (fer, bauxite).
À l'opposé, les produits agricoles s'effondrent de 21,8%, entraînés par une chute de 24,6% du cacao – principal produit d'exportation agricole de la sous-région – et un recul de 4,5% du café. Le Cameroun, premier producteur de cacao de la CEMAC, subit de plein fouet cette baisse. Les cours mondiaux du cacao, affectés par une offre excédentaire et une demande atone en provenance des pays développés, n'ont cessé de se dégrader depuis mi-2025. Cette tendance confirme la fragilité d'un modèle d'exportation dépendant de quelques produits agricoles volatils.
Cette photographie du premier trimestre 2026 illustre la dualité des économies de la CEMAC : les pays pétroliers retrouvent des marges de manœuvre, tandis que les pays agricoles peinent à sortir de la dépendance aux cours mondiaux. Au-delà des fluctuations conjoncturelles, l'enjeu d'une diversification structurelle se pose avec acuité, d'autant que la transition énergétique mondiale pourrait à long terme modifier la demande d'hydrocarbures. La BEAC, en publiant ces données, rappelle que la résilience de la zone passe par une réduction de sa vulnérabilité aux chocs externes.