Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) intensifie ses actions de sensibilisation fiscale pour lever l’opacité perçue par les investisseurs étrangers. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale visant à faire du pays une économie à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030. Elle intervient dans un contexte régional où la crédibilité financière et la prévisibilité des régimes fiscaux deviennent des critères déterminants pour attirer les capitaux.

Infographie — Économie · Côte d'Ivoire

Un guichet unique en première ligne

Le CEPICI, placé sous la tutelle de la présidence ivoirienne, joue un rôle central dans l’amélioration du climat des affaires. Créé pour centraliser les démarches d’implantation – agrément au Code des investissements, enregistrement des entreprises, accompagnement post-création – il ajoute désormais une forte dimension pédagogique. L’organisation de rencontres sectorielles et de sessions techniques avec la Direction générale des impôts vise à expliciter les exonérations temporaires d’impôt sur les bénéfices, les réductions de droits de douane sur les biens d’équipement ou les régimes spécifiques aux zones franches.

Un constat partagé : la complexité fiscale freine l’investissement

De nombreux opérateurs étrangers renoncent à des facilités fiscales faute d’en connaître l’existence ou les conditions d’éligibilité. Ce manque à gagner, pour l’économie comme pour les porteurs de projets, est l’un des principaux freins identifiés par les enquêtes du CEPICI. En clarifiant le cadre normatif secteur par secteur, l’institution espère transformer la perception d’opacité qui pèse sur le régime fiscal ivoirien.

Une stratégie dans un contexte régional exigeant

Cette initiative intervient alors que les obligations souveraines ouest-africaines sont sous les projecteurs. En mai 2026, S&P Global Ratings a relevé la note du Nigeria à « B » avec perspective stable, validant les réformes d’Abuja. Parallèlement, le déficit d’infrastructure de la région atteint 118 milliards de dollars, selon un rapport de l’Infrastructure Consortium for Africa, et l’inflation grimpe à 15,7 % en avril. Dans ce paysage, la Côte d’Ivoire mise sur la prévisibilité fiscale pour se démarquer.

La transparence comme avantage compétitif

Au-delà de la communication institutionnelle, la démarche du CEPICI répond à une exigence croissante des bailleurs de fonds et des multinationales. Pour eux, la stabilité et la clarté du régime fiscal pèsent autant que la paix politique ou la qualité des infrastructures. En rendant le code des investissements plus lisible, Abidjan cherche à attirer des flux dans des secteurs clés comme l’agro-industrie, les énergies renouvelables ou les technologies numériques.

Une évolution temporelle à suivre

Les efforts du CEPICI s’inscrivent dans une tendance régionale de professionnalisation des agences de promotion. Cependant, leur efficacité dépendra de la capacité à traduire cette pédagogie en actes concrets : simplification administrative, application uniforme des règles, et lutte contre la corruption. Les investisseurs attendent des résultats tangibles, pas seulement des déclarations.

Alors que l’Afrique de l’Ouest cherche à attirer davantage de capitaux privés pour combler son déficit d’infrastructures et faire face à l’inflation, l’initiative ivoirienne pose une question plus large : la transparence fiscale suffira-t-elle à créer un choc d’attractivité, ou faudra-t-il aller plus loin dans la réforme de l’administration ?

Données de référence : Inflation : 0.1% (FMI)