Le 11 juin 2026, la GIZ a lancé à Abuja le projet FO Hub-GIZ, en partenariat avec le ROPPA et d’autres réseaux ouest-africains. L’initiative vise à renforcer les capacités de plaidoyer des organisations paysannes et à promouvoir une agriculture durable. Elle s’inscrit dans un contexte où l’intégration régionale bute encore sur des obstacles commerciaux et institutionnels, comme en témoignaient les flux informels estimés à près de 10 milliards de dollars par an.
Agriculture ouest-africaine : un projet germano-régional pour renforcer le plaidoyer paysan
Le 11 juin 2026, la GIZ a lancé à Abuja le projet FO Hub-GIZ, en partenariat avec le ROPPA et d’autres réseaux ouest-africains. L’initiative vise à renforcer les capacités de plaidoyer des organisations paysannes et à promouvoir une agriculture durable.
FO Hub-GIZ réunit coopération allemande, organisations paysannes (ROPPA), commerce transfrontalier (AOCTAH) et médias spécialisés (ReJPAH-AOS) pour porter la voix des producteurs ouest-africains.
Contexte : faute de cadres formels efficaces, les flux intra-régionaux contournent les circuits officiels. Le projet FO Hub-GIZ vise à renforcer le plaidoyer paysan pour réduire cette déconnexion entre politiques agricoles et réalités de terrain.
Donner aux organisations paysannes les moyens de peser dans les instances régionales (CEDEAO, UEMOA) et internationales.
Accompagner la transition vers des pratiques agroécologiques et résilientes face au changement climatique.
Réduire les obstacles commerciaux et formeliser les échanges pour capter une partie des 10 milliards $ de flux informels.
Un nouveau maillon dans l’architecture de l’aide au développement agricole
Le projet FO Hub-GIZ, officiellement lancé le 11 juin 2026 à Abuja, Nigeria, se présente comme un dispositif multipartite inédit. Porté par la coopération allemande (GIZ) et adossé au Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), à l’Association Ouest-Africaine pour le Commerce Transfrontalier (AOCTAH) et au Réseau des Journalistes pour la Promotion des Produits Agro-sylvo-pastoraux (ReJPAH-AOS), il ambitionne de consolider la voix des producteurs dans les instances de décision régionales et internationales.
Pourquoi ce projet émerge-t-il maintenant ?
L’Afrique de l’Ouest reste marquée par une déconnexion entre les politiques agricoles nationales et les réalités de terrain. Les articles récents rappellent que les échanges intra-régionaux informels drainent près de 10 milliards de dollars chaque année, faute de cadres formels efficaces. Parallèlement, la CEDEAO, qui a fêté ses 50 ans en 2025, peine à faire progresser l’intégration économique. Dans ce contexte, les organisations paysannes, bien que nombreuses, manquent souvent de capacité d’influence pour faire évoluer les réglementations qui les concernent directement.
Trois composantes pour une montée en puissance
Le projet s’articule autour de trois priorités. La première est le renforcement du plaidoyer : former les organisations de la société civile à peser sur les textes et les budgets agricoles. La seconde cible le leadership de genre, afin que les réformes bénéficient aussi aux femmes et aux jeunes, groupes souvent marginalisés dans les filières. La troisième composante porte sur la protection sociale et les pratiques résilientes face au changement climatique, un enjeu devenu crucial dans le Sahel et les zones côtières.
Un déploiement transnational et interconnecté
FO Hub-GIZ ne se limite pas à l’Afrique de l’Ouest. Le projet est conçu comme un réseau global, avec des pôles en Asie et en Amérique latine, favorisant les échanges d’expériences entre paysans de continents différents. Cette dimension Sud-Sud pourrait accélérer la diffusion d’innovations sociales et techniques, à condition que les organisations ouest-africaines parviennent à tirer parti de ces connexions.
Un pas de plus vers une gouvernance agricole inclusive ?
Au-delà du soutien technique, ce projet interroge la place des producteurs dans la construction des politiques agricoles régionales. Alors que les États de la CEDEAO multiplient les annonces sur la souveraineté alimentaire, la mise à l’écart des principaux concernés – les paysans – reste un point faible. L’initiative de la GIZ et de ses partenaires pourrait contribuer à combler ce déficit de représentation, mais son succès dépendra de sa capacité à traduire le plaidoyer en réformes concrètes.
FO Hub-GIZ illustre une tendance plus large : l’émergence de dispositifs d’appui qui ne se contentent plus de financer des projets, mais cherchent à renforcer le pouvoir de négociation des acteurs de base. Dans une région où les maillons faibles des filières sont souvent les premiers maillons, la question de l’influence politique des producteurs devient centrale. Reste à savoir si cette approche bottom-up parviendra à infléchir les logiques étatiques et commerciales qui structurent encore l’agriculture ouest-africaine.