Les 2 et 3 juillet, Abidjan a accueilli la 7e édition des Rencontres africaines du Risk management (RARM), qui a consacré un changement de paradigme : la gestion des risques n'est plus une simple fonction de conformité, mais un levier stratégique de compétitivité. Ce repositionnement intervient dans un contexte régional marqué par une amélioration des indicateurs boursiers, des révisions de notation souveraine et des défis de financement des plans de développement. Il révèle une maturation des économies ouest-africaines face aux incertitudes climatiques, géopolitiques et technologiques.
Le Risk Management, levier clé pour financer le développement en Afrique de l’Ouest
Changement de paradigme : la gestion des risques n’est plus une simple conformité, mais un levier stratégique de compétitivité.
Plan national de développement (PND) ivoirien — un financement long et sécurisé est au cœur des discussions.
La gestion des risques était perçue comme une contrainte réglementaire, sans impact direct sur la compétitivité.
Le risk management devient un outil de structuration de financements longs et sécurisés, moteur de résilience économique.
Contexte régional porteur
Acteurs mobilisés
Tous les acteurs convergent vers un objectif commun : structurer des financements longs et sécurisés pour le développement.
Climatiques, géopolitiques, technologiques — les économies ouest-africaines intègrent ces risques dans leur stratégie de croissance. La résilience économique passe par une gestion proactive.
Les RARM 2026 ont acté une transformation profonde dans la manière dont les économies africaines appréhendent le risque. Alors que le continent fait face à un besoin de financement estimé à 114 000 milliards FCFA pour le Plan national de développement (PND) ivoirien, les discussions ont mis en avant le rôle central des institutions financières et des assureurs dans la structuration de financements longs et sécurisés. Ce changement de paradigme, souligné par l'ensemble des acteurs – États, banques, entreprises –, reflète une prise de conscience collective : la résilience économique passe désormais par une gestion proactive des risques.
Un repositionnement stratégique dans un contexte régional porteur
Cette évolution s'inscrit dans une dynamique régionale positive. Fin mai 2026, la BRVM affichait une hausse de près de 2% de son indice composite, témoignant d'une confiance retrouvée des investisseurs dans la zone UEMOA. Parallèlement, l'agence Standard & Poor's relevait la note souveraine du Nigeria de "B-" à "B", signalant une amélioration macroéconomique. Ces signaux, bien que disparates, créent un environnement favorable à une réflexion approfondie sur la gestion des risques, comme l'ont illustré les débats d'Abidjan.
Des secteurs clés en première ligne
Les enjeux de risque sont particulièrement prégnants dans les secteurs porteurs de la région. Au Cameroun, la tentative de formalisation du secteur aurifère illustre la nécessité de maîtriser les risques liés à l'économie informelle. Au Sénégal, la production record d'oignons attendue en 2026 – plus de 450 000 tonnes – pose la question de la gestion des risques agricoles face aux aléas climatiques. Le Gabon, avec Maurel & Prom confirmant son rôle de pilier financier, montre que même les secteurs traditionnels doivent intégrer le risque dans leur stratégie.
Le partenariat public-privé comme clé de voûte
Le grand panel consacré au partenariat État-secteur privé a été l'un des temps forts des RARM. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources considérables, en renforçant la coopération entre les pouvoirs publics, les banques, les compagnies d'assurances et les investisseurs institutionnels. Ce consensus traduit une évolution notable : alors que par le passé le risque était souvent considéré comme un frein, il devient aujourd'hui un outil pour catalyser l'investissement, notamment dans les infrastructures et l'industrialisation.
Un changement de mentalité en marche
Ce repositionnement du risk management n'est pas anodin. Il suppose une évolution des mentalités au sein des entreprises et des administrations, qui doivent passer d'une logique de conformité à une logique de performance. Les RARM 2026 ont montré que cette transition est en cours, portée par des acteurs de plus en plus conscients que la gestion des risques est un avantage concurrentiel dans un environnement mondial volatil.
Les RARM 2026 à Abidjan ne sont pas un événement isolé : ils s'inscrivent dans une tendance plus large de professionnalisation et de sophistication des économies ouest-africaines. Alors que la région doit relever des défis structurels – changement climatique, transition démographique, digitalisation –, le risk management s'impose comme un outil indispensable pour transformer ces défis en opportunités. Reste à savoir si les dispositifs annoncés seront suffisamment ambitieux pour répondre aux attentes d'un continent en pleine mutation.