Lors de la première édition 2026 des « Rendez-vous du gouvernement », le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a défendu la crédibilité du Plan national de développement (PND) 2026-2030 face aux critiques sur la fiabilité des statistiques, l'inclusivité de la croissance et l'endettement. Cette intervention intervient alors que la Côte d'Ivoire multiplie les réformes statistiques et financières pour rassurer les investisseurs et les partenaires internationaux.
Souleymane Diarrassouba défend la crédibilité du PND 2026-2030
Face aux critiques sur la fiabilité des statistiques, l'inclusivité de la croissance et l'endettement, le ministre du Plan et du Développement réaffirme la rigueur du nouveau plan national.
Création de l'Agence nationale de la statistique (ex-INS) et appui sur l'ENSEA, « l'une des meilleures écoles du continent ». Objectif : accès à la norme SDDS du FMI.
En mai 2026, l'Assemblée nationale a adopté trois réformes majeures portées par le ministre des Finances, Adama Coulibaly, pour moderniser le cadre budgétaire.
Selon le FMI, la dette publique brute de la Côte d'Ivoire s'établit à 56,3 % du PIB, un niveau jugé soutenable par les partenaires internationaux.
Avec une croissance du PIB réel de 6,5 % (FMI) et une inflation quasi nulle (0,1 %, Banque mondiale), le gouvernement mise sur une redistribution élargie.
70 % de la jauge — la combinaison réformes statistiques + discipline budgétaire + croissance solide place la Côte d'Ivoire en position de confiance vis-à-vis des investisseurs.
6,5 %
FMI
0,1 %
Banque mondiale
56,3 %
FMI
-3,0 %
FMI
Adoption de 3 réformes budgétaires majeures par l'Assemblée nationale (ministre Adama Coulibaly).
Lancement du PND 2026-2030 — première édition des « Rendez-vous du gouvernement ».
Mise en œuvre du PND : objectif de transparence statistique et discipline budgétaire.
Accès à la norme SDDS du FMI — standard international de diffusion des données.
Une réponse aux critiques sur la fiabilité des données
Interpellé sur la fiabilité des chiffres officiels, Souleymane Diarrassouba a rappelé la création de l'Agence nationale de la statistique, issue de la réforme de l'Institut national de la statistique (INS), et mis en avant l'École nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée (ENSEA), présentée comme l'une des meilleures du continent. Selon lui, les statistiques ivoiriennes reposent sur des méthodes scientifiques rigoureuses, alimentées par des enquêtes de terrain et coordonnées entre ministères. La Côte d'Ivoire travaille également à accéder à la Norme spéciale de diffusion des données du FMI (SDDS), un standard international qui renforcerait la crédibilité de ses indicateurs.
Cette démarche s'inscrit dans une dynamique plus large de transparence. En mai 2026, l'Assemblée nationale avait adopté trois réformes majeures portées par le ministre des Finances, Adama Coulibaly, visant à moderniser le cadre budgétaire et fiscal. Parallèlement, le gouvernement a renforcé son partenariat stratégique avec la Banque islamique de développement (BID) autour de 2,7 milliards de dollars pour la période 2025-2029. Ces initiatives témoignent d'une volonté de consolider les institutions économiques du pays.
Un PND ambitieux sous pression
Le PND 2026-2030 place le capital humain au cœur de sa vision, conformément aux orientations du président Alassane Ouattara. Mais cet objectif se heurte à des préoccupations récurrentes : le coût de la vie, l'endettement et la répartition des fruits de la croissance. Diarrassouba a réaffirmé la solidité des fondamentaux économiques, soulignant que la planification du développement nécessite des indicateurs fiables. « Tout ce qui se mesure a tendance à s'améliorer », a-t-il déclaré.
Le financement du PND repose en partie sur les partenariats internationaux. L'accord avec la BID en mai 2026, qui vise à accélérer le développement des infrastructures et du secteur privé, illustre cette stratégie. Mais les critiques persistent, notamment sur l'endettement extérieur et l'impact réel sur les populations les plus vulnérables. Diarrassouba n'a pas éludé ces questions, insistant sur les mécanismes de suivi et d'évaluation intégrés au plan.
La question de l'inclusivité et du coût de la vie
Au-delà des statistiques, c'est la capacité du PND à améliorer concrètement les conditions de vie qui est en jeu. Le ministre a reconnu que l'inclusivité de la croissance reste un défi, mais a mis en avant les programmes sociaux et les investissements dans l'éducation et la santé. Il a également évoqué le rôle de l'ENSEA, qui forme des statisticiens de quinze nationalités, comme un atout pour la région.
Cette insistance sur la qualité des données n'est pas anodine : elle répond à une exigence croissante des bailleurs de fonds et des marchés financiers. L'obtention de la norme SDDS renforcerait la confiance des investisseurs et faciliterait l'accès aux financements internationaux. Dans un contexte où plusieurs pays de la zone UEMOA font face à des tensions sur leur dette, la Côte d'Ivoire cherche à se démarquer par la rigueur de sa gestion et la transparence de ses comptes.
Au-delà du cas ivoirien, ce débat sur la fiabilité des statistiques économiques traverse l'Afrique de l'Ouest. Alors que la CEDEAO et l'UEMOA promeuvent l'harmonisation des données, chaque avancée nationale contribue à renforcer la crédibilité de l'ensemble régional. La question de l'inclusivité, elle, reste un défi structurel qui dépasse la simple production de chiffres.