Le président Bassirou Diomaye Faye a ouvert le 13 juillet 2026 à Dakar le premier Forum international sur le développement durable des transports maritimes et de la logistique dans l'économie bleue. Cette initiative vise à transformer le secteur maritime en levier de souveraineté et de croissance, alors que le pays fait face à des défis budgétaires et cherche à diversifier son économie. Le forum s'inscrit dans la continuité de l'Agenda Sénégal 2050 et fait écho à des dynamiques régionales récentes, notamment la coalition Blue Ventures en mai dernier.
Le pari bleu du Sénégal
Bassirou Diomaye Faye veut faire du secteur maritime un levier de souveraineté. Le premier Forum international sur l’économie bleue s’est tenu à Dakar le 13 juillet 2026.
« L’économie bleue constitue un levier de croissance, un instrument de souveraineté, un facteur de stabilité et une réponse concrète aux défis du XXIe siècle. »
— Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal
Feuille de route
700 milliards FCFA générés par le port de Dakar
4 % du PIB · 170 000 emplois
Coalition Blue Ventures
Dynamique régionale ouest-africaine
1er Forum international de Dakar
Transports maritimes, logistique, économie bleue
Agenda Sénégal 2050
Vision de long terme pour la souveraineté économique
Atouts & défis
Contexte budgétaire
Le forum intervient alors que le Sénégal fait face à une lourde dette héritée de l’ancien gouvernement et à des pressions budgétaires liées au coût du gaz naturel et aux retards du projet Grand Tortue Ahmeyim. La croissance du PIB réel atteint 7,9 % selon le FMI, mais le pays doit diversifier son économie pour asseoir sa souveraineté.
Le président Bassirou Diomaye Faye a profité de cette tribune pour rappeler que l'économie bleue dépasse désormais le simple cadre de l'exploitation des ressources marines. « Elle constitue un levier de croissance, un instrument de souveraineté, un facteur de stabilité et une réponse concrète aux défis du XXIe siècle », a-t-il déclaré, citant des chiffres clés : les activités portuaires de Dakar ont généré près de 700 milliards de francs CFA entre 2022 et 2024, soit environ 4 % du PIB, et soutenu 170 000 emplois. Ces données illustrent le poids déjà significatif du secteur, mais aussi le potentiel encore inexploité d'un pays doté de 750 kilomètres de côtes et d'un vaste réseau fluvio-lacustre.
Ce forum intervient dans un contexte économique tendu pour le Sénégal. Comme le rappelaient des analyses récentes, le pays doit composer avec une lourde dette héritée de l'ancien gouvernement et des pressions budgétaires accrues, notamment liées au coût du gaz naturel et aux retards du projet Grand Tortue Ahmeyim. La nécessité de diversifier les sources de croissance et de renforcer la résilience économique est devenue impérative. L'économie bleue apparaît ainsi comme une réponse stratégique, offrant des perspectives de revenus durables et d'emplois, tout en réduisant la dépendance aux hydrocarbures.
L'initiative s'inscrit également dans un mouvement régional plus large. En mai 2026, l'ONG Blue Ventures réunissait pour la première fois ses partenaires du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Cap-Vert et du Ghana pour bâtir une coalition régionale de régulation de l'économie bleue. Ce forum de Dakar semble prolonger cette dynamique, en offrant un cadre de dialogue entre États et acteurs privés. La présence de la République du Congo comme invité d'honneur souligne la dimension panafricaine de la rencontre, avec un partage de bonnes pratiques en matière de transports et de logistique.
Le chef de l'État a placé son discours sous le signe de la souveraineté, reprenant une rhétorique déjà déployée lors du Sommet Africa Forward en mai 2026. « Notre souveraineté maritime ne se négocie pas. Elle se construit par l'investissement, l'innovation et la vision », a-t-il martelé. Cette insistance sur la souveraineté n'est pas anodine : elle reflète une volonté de reprendre le contrôle des ressources maritimes, souvent exploitées par des acteurs étrangers, et de développer une capacité nationale de transport et de logistique. Cela s'aligne avec l'Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui fait de la modernisation des infrastructures portuaires et du développement des corridors logistiques une priorité.
Au-delà des déclarations, le forum doit aboutir à une feuille de route post-forum assortie d'un mécanisme de suivi-évaluation, piloté par le ministère des Pêches et de l'Économie maritime. Les discussions porteront sur les défis structurels – vétusté des infrastructures, formation professionnelle, financement – et les opportunités d'investissement dans la chaîne de valeur de l'économie bleue. La réussite de cette stratégie dépendra de la capacité à mobiliser des financements, tant publics que privés, et à coordonner les actions avec les partenaires régionaux et internationaux.
Ce forum de Dakar pourrait marquer un tournant dans la manière dont les États ouest-africains abordent leur espace maritime, passant d'une exploitation fragmentée à une stratégie intégrée de souveraineté et de développement durable. En choisissant de mettre l'accent sur le transport maritime et la logistique, le Sénégal mise sur un secteur à forte valeur ajoutée, capable de connecter l'Afrique de l'Ouest aux chaînes de valeur mondiales. Reste à savoir si les engagements pris se traduiront par des projets concrets, dans un environnement régional marqué par des rivalités et des contraintes budgétaires.
L'initiative sénégalaise s'inscrit dans une tendance régionale de valorisation de l'économie bleue, mais sa portée dépendra de la capacité à transformer les ambitions en réalisations tangibles, dans un contexte de défis économiques et de quête de souveraineté partagée par plusieurs États ouest-africains.
Données de référence : Croissance du PIB réel : 7.9% (FMI)