La Banque mondiale a nommé Nicola Pontara au poste de directeur de division pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad à compter du 1er juillet 2026. Ce choix intervient dans une région marquée par une insécurité persistante, des fragilités climatiques et des réformes macroéconomiques sous l’égide du FMI. Il témoigne d’une volonté d’approfondir l’engagement de l’institution dans une zone stratégique pour l’Afrique de l’Ouest.

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Un profil d’expert pour des pays sous tension

Nicola Pontara, entré à la Banque mondiale en 2000 via le programme Young Professional, apporte une expérience éprouvée des contextes fragiles et affectés par les conflits. Ayant travaillé en Afrique subsaharienne, en Amérique latine, en Asie de l’Est et du Pacifique, en Europe et en Asie centrale, il connaît les dynamiques complexes du Sahel pour y avoir débuté sa carrière. « C’est avec fierté et un profond sens des responsabilités que je me mets au service du Sahel », a-t-il déclaré, soulignant une familiarité personnelle qui pourrait faciliter le dialogue avec des gouvernements souvent méfiants envers les institutions internationales.

Des cadres de partenariat à renouveler

L’une des premières missions de Pontara sera de piloter l’élaboration et la mise en œuvre des nouveaux Cadres de partenariat pays (CPFs) pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Ces documents stratégiques définissent les priorités d’investissement de la Banque sur plusieurs années, dans un contexte d’insécurité alimentaire, de pauvreté chronique et de systèmes étatiques fragiles. Les CPFs devront trouver un équilibre entre réponses d’urgence et investissements de long terme.

Un environnement marqué par les réformes et l’insécurité

Depuis 2023, les pays sahéliens ont engagé des ajustements macroéconomiques sous la supervision du FMI, comme en témoigne la fin récente du programme de 3 milliards USD au Ghana. Parallèlement, la Banque mondiale soutient des initiatives régionales telles que le West African Power Pool (WAPP), qui a permis la construction de plus de 4 000 km de lignes électriques reliant 15 pays. Mais l’insécurité liée aux groupes armés freine les investissements et la croissance. En mai 2026, la Banque a annoncé un renforcement du financement en devise locale au sein de l’UEMOA pour soutenir le secteur privé et l’emploi, une orientation que Pontara devra accélérer.

Une feuille de route axée sur l’emploi et la résilience

Le communiqué officiel met l’accent sur la promotion de l’emploi à travers des investissements stratégiques dans les infrastructures, l’énergie et l’agriculture. Pontara hérite d’une région où la pression démographique et les chocs climatiques redéfinissent les priorités. Son expérience dans les zones de conflit sera cruciale pour adapter les programmes aux réalités du terrain, tout en maintenant le dialogue avec des partenaires parfois sous tension.

Cette nomination pose la question de l’efficacité des instruments de la Banque mondiale dans des contextes de fragilité multidimensionnelle. Alors que le Sahel reste confronté à des défis sécuritaires et économiques structurels, la capacité de Pontara à concilier urgence humanitaire et développement durable sera suivie de près, tant par les capitales sahéliennes que par les partenaires internationaux.