Depuis mai 2026, le secrétaire général de la préfecture de Bouna, Loukou Éric Kouamé, déploie une stratégie de développement communautaire fondée sur les coopératives et la valorisation des ressources locales. Cette démarche intervient dans un contexte où la Côte d'Ivoire multiplie les efforts pour attirer les investisseurs étrangers, comme en témoigne la tournée de Sidi Tiémoko Touré aux États-Unis en mai dernier. L'articulation entre les dynamiques nationales et locales devient un enjeu central pour une croissance durable.
Gouvernance participative : le modèle Bouna
Depuis mai 2026, le secrétaire général Loukou Éric Kouamé mise sur les coopératives et les filières locales pour ancrer le développement. Une approche qui fait écho à la stratégie nationale d’attractivité.
Création de plus de 80 coopératives par Loukou Éric Kouamé (Bobi, Raviart, Bouna)
Organisation des communautés autour de filières porteuses : anacarde et riz. Autonomisation des femmes et des jeunes.
En mai 2026, le ministre Sidi Tiémoko Touré mène une offensive de charme aux États-Unis. La Côte d’Ivoire participe aussi au premier sommet des investisseurs de la NBA Afrique à Kigali.
L’afflux de capitaux étrangers ne garantit pas une répartition équitable. L’initiative de Loukou Éric Kouamé vise à ancrer les retombées au niveau communautaire.
Sources : article Cauris « Bouna : la gouvernance participative, clé du développement local » · FMI · données vérifiées
Loukou Éric Kouamé n'est pas un novice. Sous-préfet de Bobi puis de Raviart, il a déjà à son actif la création de plus de 80 coopératives et des projets d'une valeur cumulée de 5 milliards de francs CFA. À Bouna, dans la région du Bounkani, il mise sur le même principe : organiser les communautés autour de filières porteuses comme l'anacarde et le riz. Sa méthode, la gouvernance participative, vise à responsabiliser les populations locales et à autonomiser les femmes et les jeunes.
Cette approche locale trouve un écho dans la stratégie économique nationale. En mai 2026, le ministre Sidi Tiémoko Touré menait une offensive de charme aux États-Unis pour attirer les investisseurs vers la Côte d'Ivoire. Parallèlement, le pays participait au premier sommet des investisseurs de la NBA Afrique à Kigali, marquant sa volonté de diversifier son image au-delà du cacao. Cependant, l'afflux de capitaux étrangers ne garantit pas une répartition équitable des retombées. L'initiative de Loukou s'inscrit en complément : créer un maillage économique local qui capte et redistribue la valeur.
Les coopératives comme outil de résilience
Les coopératives ne sont pas une nouveauté en Afrique de l'Ouest, mais leur succès dépend souvent de l'encadrement institutionnel. Loukou a prouvé à Bobi et Raviart que des structures bien gérées peuvent transformer l'économie d'une sous-préfecture. Avec 1 000 tonnes d'anacarde et 3 000 tonnes de riz paddy par an, les résultats sont tangibles. À Bouna, le défi est d'adapter ce modèle à un territoire frontalier, marqué par l'insécurité et l'enclavement. Le secrétaire général insiste sur la valorisation des « multiples potentialités » de la région, qu'il s'agisse de l'agriculture, de l'élevage ou des ressources forestières.
Une articulation nécessaire avec les politiques nationales
Le gouvernement ivoirien a fait du développement local une priorité, mais les disparités régionales persistent. Le Bounkani, à l'est du pays, bénéficie moins des investissements étrangers que le Sud agricole ou le littoral. L'action de Loukou, sous la supervision du préfet Chérif Brahima, montre une volonté d'harmoniser les interventions de l'État avec les initiatives communautaires. « Un habitant, un hectare de riz » est un slogan qui rappelle le programme présidentiel, mais qui doit être décliné au plus près des réalités. La construction de barrages hydro-agricoles et de forages solaires répond à des besoins concrets, souvent négligés par les grands projets.
Regard régional : un modèle pour l'UEMOA ?
Dans un espace CEDEAO/UEMOA où les États cherchent à renforcer leur tissu économique local face aux chocs globaux (inflation, changements climatiques), l'expérience ivoirienne pourrait inspirer. Au Tchad, le Plan national de développement mise sur un soutien international renouvelé, mais la participation communautaire reste faible. Au Sénégal, les débats économiques de la Chambre de Commerce de Dakar soulèvent les mêmes enjeux. La clé semble être la capacité de l'administration à jouer un rôle de catalyseur, comme le fait Loukou, sans se substituer aux acteurs locaux.
La démarche de Loukou Éric Kouamé à Bouna pose une question plus large : comment passer d'une croissance tirée par les investissements étrangers à un développement endogène et inclusif ? Les coopératives et la gouvernance participative sont des pistes prometteuses, mais leur essor dépendra de la volonté politique de les soutenir dans la durée. Alors que la Côte d'Ivoire affiche des taux de croissance enviables, le test ultime sera la réduction des inégalités territoriales.