Au Gabon, l'assurance automobile a enregistré une croissance de 6,4% de ses primes en 2025, atteignant 26,9 milliards FCFA, portée essentiellement par la responsabilité civile. Cette progression contraste avec le recul global du marché des dommages (-3,6%) et intervient dans un contexte régional où la BRVM affiche une dynamique haussière et où les économies ouest-africaines cherchent à diversifier leurs moteurs de croissance.
Une croissance tirée par la responsabilité civile
Les données provisoires de la FEGASA révèlent que la hausse de l'assurance automobile repose entièrement sur la responsabilité civile, dont les primes augmentent de 10,2% (18,5 milliards FCFA), tandis que les autres risques automobiles reculent légèrement. Cette évolution suggère une prise de conscience accrue des risques routiers ou une application plus stricte de l'obligation d'assurance, plutôt qu'un dynamisme global du secteur automobile.
Un marché des dommages en mutation
Le recul de 3,6% des dommages, à 103 milliards FCFA, contraste avec la performance de l'automobile, qui voit sa part passer de 24% à 26% du segment. La maladie demeure la première branche (34,3 milliards FCFA), mais l'automobile s'en rapproche, soulignant une mutation des priorités des assurés gabonais.
Des rapports de force redistribués
Sur le marché dommages, Assinco conserve la première place malgré une baisse de 16,8%, tandis qu'OGAR grimpe de la cinquième à la troisième position grâce à une progression de 28%. Cette recomposition illustre la volatilité des positions concurrentielles dans un marché en contraction.
Une perspective régionale contrastée
Cette situation gabonaise s'inscrit dans un contexte ouest-africain où la BRVM confirme une dynamique haussière, portée par des valeurs comme Ecobank, et où les économies de la CEDEAO cherchent à renforcer leur intégration régionale. L'assurance, secteur clé de la résilience économique, reflète ces disparités : pendant que le Gabon (hors UEMOA) voit ses dommages reculer, la zone UEMOA pourrait tirer des enseignements de la croissance automobile, qui témoigne d'une formalisation économique.
Des enseignements pour l'UEMOA
L'essor de la responsabilité civile au Gabon, même modeste, montre que la croissance peut venir de segments spécifiques, portés par la réglementation et la sensibilisation. Pour les pays de l'UEMOA, où l'assurance automobile est souvent sous-développée, cette évolution offre une piste de réflexion sur les leviers de croissance du secteur, sans pour autant négliger les risques de concentration.
Une dynamique à surveiller
Alors que les réserves de change de la BEAC devraient progresser de 25% en 2026 (scénario de base à 87,2 dollars le baril), la santé du secteur financier régional devient un indicateur clé. La croissance de l'assurance auto gabonaise, bien que modeste, révèle une capacité d'adaptation des acteurs locaux, dans un environnement où la CEDEAO et l'UEMOA doivent concilier intégration et résilience face aux chocs externes.
Cette micro-tendance gabonaise invite à observer comment les segments de niche peuvent devenir des moteurs de croissance dans des marchés matures, et comment les régulateurs ouest-africains pourraient s'en inspirer pour renforcer la bancarisation et la protection des ménages, dans un contexte de ralentissement global.