Le 23 juin 2026, la première assemblée générale mixte de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière café-cacao de Côte d’Ivoire s’est tenue à Abidjan. Cette réunion, qui a rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière, avait pour objectif de définir les grandes orientations de la campagne 2026-2027. Dans un contexte de volatilité des prix et d’exigences croissantes en matière de durabilité, cette rencontre marque une étape importante dans la gouvernance du secteur.
La filière café-cacao se structure
Première assemblée générale mixte de l’interprofession — un tournant dans la gouvernance du secteur.
Jalons de la gouvernance
Poids dans l’offre globale
La Côte d’Ivoire reste le premier producteur mondial, avec environ 40 % de l’offre globale.
Défis structurels de la filière
Contexte macroéconomique (Côte d’Ivoire)
En mai 2026, des fluctuations importantes ont été observées sur les cours du café robusta au Cameroun, signe d’une attention soutenue aux marchés ouest-africains.
Les acteurs de l’interprofession
L’assemblée générale mixte réunit l’ensemble de ces maillons pour instaurer un dialogue permanent et apaiser les tensions historiques sur la répartition de la valeur.
Sources : Article Cauris « Côte d’Ivoire : la filière café-cacao se structure pour la campagne 2026-2027 » • Banque mondiale • FMI • Alertes Google cacao (juin 2026).
La Côte d’Ivoire reste le premier producteur mondial de cacao, avec environ 40 % de l’offre globale. La filière fait face à des défis structurels : vieillissement des plantations, pression foncière, et exigences internationales de traçabilité. L’assemblée générale de l’interprofession intervient alors que les cours mondiaux du cacao connaissent des fluctuations importantes, comme en témoignent les alertes de mai 2026 sur les prix du café robusta au Cameroun, signe d’une attention soutenue aux marchés régionaux.
Un tournant dans la gouvernance de la filière
La tenue de cette première assemblée mixte – réunissant producteurs, transformateurs, exportateurs et pouvoirs publics – illustre une volonté de coordination accrue. Historiquement, la filière café-cacao ivoirienne a été marquée par des tensions entre les différents maillons, notamment sur la répartition de la valeur. La création de cette interprofession, officialisée en 2025, visait justement à instaurer un dialogue permanent. Les orientations discutées pour 2026-2027 portent sur la stabilisation des revenus des planteurs, l’amélioration de la qualité, et le respect des normes environnementales.
Les enjeux de la campagne 2026-2027
Parmi les sujets stratégiques, la question du « revenu décent » pour les producteurs reste centrale. En 2025, le Conseil du Café-Cacao avait relevé le prix garanti aux planteurs, mais les coûts de production augmentent. L’assemblée a également abordé la certification et la traçabilité, indispensables pour accéder aux marchés européens, qui imposent des réglementations strictes contre la déforestation importée. La Côte d’Ivoire doit aussi composer avec la concurrence croissante du Ghana, son voisin, et avec l’émergence de nouveaux producteurs comme le Nigeria.
L’évolution temporelle : des crises aux solutions structurelles
Les articles de mai 2026 sur les prix du café robusta au Cameroun rappellent que la volatilité des cours reste une réalité pour l’ensemble des filières africaines. Cependant, la réunion d’Abidjan montre une évolution : on passe d’une gestion réactive des crises (grèves de planteurs, chutes des prix) à une planification stratégique. L’interprofession incarne une tentative de stabilisation à long terme, en impliquant tous les acteurs dans la définition des règles du jeu.
Les défis persistants
Malgré ces avancées, des obstacles demeurent. Le changement climatique menace les zones de production, avec des saisons des pluies de plus en plus erratiques. La déforestation, bien que en recul, n’est pas éradiquée. Par ailleurs, le financement des programmes de durabilité repose encore largement sur les primes de certification, qui ne sont pas toujours répercutées aux producteurs. L’assemblée a acté la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et d’accompagnement technique.
Une dynamique régionale à consolider
La Côte d’Ivoire n’est pas seule dans cette démarche. Le Ghana a également mis en place une interprofession similaire. L’harmonisation des stratégies entre les deux pays – qui représentent plus de 60 % de l’offre mondiale – est cruciale pour peser sur les marchés. L’assemblée d’Abidjan a évoqué la possibilité d’un front commun pour négocier les prix et les conditions de vente, un signal fort pour les acheteurs internationaux.
Cette première assemblée générale de l’interprofession café-cacao ivoirienne dépasse le simple cadre d’une réunion technique. Elle reflète une maturation institutionnelle qui pourrait servir de modèle à d’autres filières agricoles en Afrique de l’Ouest, comme le coton ou l’arachide, confrontées aux mêmes défis de valorisation locale et de durabilité. Reste à savoir si les orientations adoptées se traduiront concrètement dans les champs et sur les marchés.