Le 10 juillet 2026, le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP) a signé un accord de coopération avec l’ONG Renewables for All (RELP). Ce partenariat, qui prévoit une assistance technique gratuite pour renforcer le marché régional de l’électricité, intervient après plusieurs semaines de tensions sur l’approvisionnement électrique en Afrique de l’Ouest. En juin, le WAPP signalait des délestages dans plusieurs pays, causés par une demande de pointe dépassant 16 000 MW, l’indisponibilité de grandes centrales et une baisse saisonnière de la production hydroélectrique. L’accord avec RELP vise à transformer la coopération énergétique en infrastructures concrètes, dans un contexte où la souveraineté électrique de la région reste fragile.
Un partenariat pour structurer le marché régional de l’électricité
Accord WAPP-RELP · Assistance technique gratuite · Contexte de crise électrique en Afrique de l’Ouest
📅 Chronologie des événements
🔑 L’apport de RELP : 4 axes d’assistance gratuite
⚡ Contexte : une région sous tension électrique
En juin 2026, le WAPP signalait des délestages dans plusieurs pays ouest-africains. La demande de pointe a atteint un niveau inédit, tandis que des centrales thermiques étaient indisponibles pour maintenance et que la saison sèche réduisait la production hydroélectrique (notamment du barrage de Souapiti, mis en service en 2025). L’accord avec RELP vise à transformer la coopération énergétique en infrastructures concrètes, dans un contexte où la souveraineté électrique de la région reste fragile.
🔁 Corridor électrique ouest-africain
Axes d’interconnexion existants et projets de renforcement — le WAPP vise à fluidifier les échanges transfrontaliers.
Transformer la coopération énergétique en infrastructures concrètes
— WAPP · Juillet 2026
Un contexte de crise de l’approvisionnement électrique
Les récents délestages ont mis en lumière la vulnérabilité du système électrique ouest-africain. La demande croissante, portée par l’urbanisation et l’activité économique, n’a pas été suivie d’investissements suffisants dans la production et le transport. Selon le WAPP, la demande de pointe a dépassé 16 000 MW en juin 2026, un niveau inédit. Parallèlement, plusieurs centrales thermiques étaient indisponibles pour maintenance, et la saison sèche a réduit la production des barrages hydroélectriques, comme Souapiti en Guinée, dont la mise en service en 2025 devait pourtant améliorer la résilience régionale.
L’apport de RELP : assistance technique et financements mixtes
Renewables for All (RELP) est une ONG financée par la philanthropie, spécialisée dans l’accélération du déploiement des énergies renouvelables dans les pays émergents. Son accord avec le WAPP prévoit un soutien gratuit sur plusieurs volets : renforcement des capacités institutionnelles, préparation du marché journalier de l’électricité (Day-Ahead Market), synchronisation des réseaux nationaux, et conseils sur les mécanismes de réduction des risques et de financement mixte pour les interconnexions, le stockage et les projets propres. Bien que la durée et la valeur financière de l’assistance n’aient pas été précisées, cet appui est crucial pour le WAPP, dont les ressources techniques et financières sont limitées.
Un levier pour la souveraineté énergétique régionale
Ce partenariat intervient alors que la CEDEAO cherche à réduire sa dépendance aux importations d’électricité coûteuses et aux centrales thermiques alimentées au gazole ou au gaz. En facilitant l’intégration des énergies renouvelables et en améliorant la coordination des réseaux, le WAPP espère lisser les prix et limiter les délestages. L’interconnexion permettrait de mutualiser la production excédentaire (par exemple, l’hydroélectricité guinéenne en saison des pluies, ou le solaire sahélien) et de réduire le recours aux centrales thermiques de secours, qui pèsent sur les finances publiques et les émissions de CO2.
Des implications géopolitiques et économiques
La réussite de ce marché régional conditionne aussi la souveraineté énergétique des États. Actuellement, plusieurs pays de la région dépendent de fournisseurs extérieurs pour leur électricité, notamment le Nigeria (via la Société nigériane d’électricité) ou la Côte d’Ivoire. Un marché régional performant pourrait équilibrer les pouvoirs entre États producteurs et consommateurs, et attirer des investissements privés dans les énergies propres. Cependant, des défis persistent : harmonisation des cadres réglementaires, fiabilité des réseaux nationaux, et financement des infrastructures de transport, estimé à plusieurs milliards de dollars.
Une réponse aux défis structurels du secteur
Au-delà de l’urgence conjoncturelle, l’accord WAPP-RELP s’inscrit dans une tendance plus longue de renforcement des institutions régionales de l’énergie. Depuis 2023, le WAPP a multiplié les initiatives pour standardiser les échanges et attirer les financements climatiques. Parallèlement, des projets comme le barrage de Souapiti en Guinée ou le programme d’interconnexion Ghana-Côte d’Ivoire-Burkina Faso montrent une volonté politique d’intégration. Toutefois, la lenteur des réformes et la persistance de tensions géopolitiques (notamment dans le Sahel) freinent la concrétisation des ambitions.
À moyen terme, le succès de ce partenariat dépendra de la capacité du WAPP à lever des fonds pour les infrastructures et à coordonner les politiques énergétiques nationales. L’appui de RELP, bien que modeste en apparence, pourrait servir de catalyseur pour attirer d’autres bailleurs et investisseurs privés, à condition que les États membres s’engagent réellement dans la voie de l’intégration.
L’accord WAPP-RELP illustre une prise de conscience collective que l’électricité ne peut plus être gérée uniquement à l’échelle nationale. En s’appuyant sur une assistance technique ciblée, la région tente de poser les bases d’un marché régional capable de répondre à la fois à la demande croissante et aux impératifs climatiques. Reste à savoir si cette dynamique parviendra à surmonter les inerties politiques et financières qui ont jusqu’ici limité les avancées concrètes de l’intégration énergétique en Afrique de l’Ouest.