Le 4 septembre 2026, la Guinée confirme le calendrier de production du minerai de fer de Simandou, tandis que la Côte d'Ivoire et le Botswana scellent un partenariat sur les minéraux critiques. Pendant ce temps, l'or ouest-africain, dont les cours restent soutenus, continue de quitter la région sous forme brute. Une trajectoire contrastée qui révèle les défis de la création de valeur locale.
Simandou en route, l'or ouest-africain cherche sa valeur ajoutée
Le 4 septembre 2026, la Guinée confirme le calendrier de production du minerai de fer de Simandou, tandis que la Côte d'Ivoire et le Botswana scellent un partenariat sur les minéraux critiques. Pendant ce temps, l'or ouest-africain, dont les cours restent soutenus, continue de quitter la région sous forme brute. Une trajectoire contrastée qui révèle les défis de la création de valeur locale.
Production aurifère en croissance continue, mais exportée brute.
Partenariats récents (Côte d'Ivoire-Botswana) tentent d'inverser la tendance.
Partenariat Côte d'Ivoire – Botswana
Accord sur les minéraux critiques et l'or. Transfert d'expertise en transformation industrielle.
SCMK-Mn lance un appel à partenaires
Projet d'unité de production de MnO₂ (batteries) — investissement estimé à 100 millions.
Simandou : calendrier confirmé
La Guinée confirme la production de minerai de fer. Un projet suivi de près.
Les principaux producteurs d'Afrique de l'Ouest exportent leur or sans transformation locale significative.
Transfert d'expertise pour la transformation industrielle et les minéraux critiques.
Simandou avance — la Guinée confirme son calendrier de production de minerai de fer en 2026.
Partenariat ivoiro-botswanais — un accord pour les minéraux critiques et l'or, signé à Gaborone.
L'or brut s'exporte — le Mali, le Burkina et la Guinée peinent à créer de la valeur ajoutée locale.
Dynamique continentale — du Zimbabwe à la RDC, les États africains multiplient les initiatives de transformation.
La Côte d'Ivoire et le Botswana scellent un partenariat stratégique sur les minéraux critiques et l'or. Pendant ce temps, la RDC cherche des partenaires privés pour construire une unité de production de MnO₂. L'or ouest-africain, lui, continue de quitter la région sous forme brute — un défi de taille pour la création de valeur locale.
Une région en quête de transformation
Le 30 juillet 2026, à Gaborone, la Côte d'Ivoire et le Botswana ont signé un partenariat stratégique portant sur les minéraux critiques et l'or. L'accord prévoit un transfert d'expertise en matière d'exploitation et de transformation industrielle. Il s'inscrit dans une dynamique continentale où les États africains, du Zimbabwe à la RDC, multiplient les initiatives pour sortir de la simple extraction. En RDC, la Société commerciale La Minière de Kisenge Manganèse (SCMK-Mn) a ainsi lancé un appel à partenaires privés pour construire une unité de production de dioxyde de manganèse électrolytique (MnO₂), un composant clé des batteries, pour un investissement estimé à 100 millions de dollars.
Cette tendance trouve un écho particulier en Afrique de l'Ouest, où la production aurifère ne cesse de croître mais où la valeur ajoutée reste embryonnaire. Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée figurent parmi les principaux producteurs du continent, mais la grande majorité de leur or est exportée sous forme de doré, raffinée ensuite à l'étranger. Les récentes initiatives, comme la construction de la raffinerie d'or au Mali ou les appels à la transformation locale, témoignent d'une prise de conscience.
Kobada, un test grandeur nature
Le projet aurifère de Kobada, développé par Toubani Resources dans le sud du Mali, illustre cette nouvelle donne. Avec des ressources minérales de 2,2 millions d'onces, dont 90 % en catégorie indiquée, la société vise une première production au troisième trimestre 2027. Le projet se distingue par une approche pragmatique : exploitation de minerais oxydés, faibles coûts opératoires, et un calendrier de construction maîtrisé. Plus de 65 % des coûts du projet sont déjà engagés, et les infrastructures clés, comme le barrage de retenue d'eau, sont achevées.
Mais au-delà de la technique, Kobada est un test pour le Mali, qui cherche à concilier attractivité pour les investisseurs et exigences de développement local. Le protocole de développement signé avec le gouvernement malien, ainsi que l'approbation du Plan d'action pour la réinstallation, montrent que les exigences sociales et environnementales sont désormais au cœur des projets miniers. La proximité de Kobada avec la frontière guinéenne en fait également un projet intégré régionalement, dans une zone où les dynamiques transfrontalières sont fortes.
L'or, miroir des fragilités régionales
Pendant que ces projets se développent, l'orpaillage illégal continue de prospérer au Burkina Faso et au Mali, alimentant des économies parallèles et des tensions sécuritaires. Ce phénomène, loin de se résorber, s'est intensifié avec la hausse des cours de l'or, qui a dépassé les 3 000 dollars l'once en 2026. Les États peinent à contrôler des sites souvent isolés, tandis que les circuits de commercialisation échappent en grande partie aux chaînes légales. Cette situation crée une distorsion : d'un côté, une industrie minière formelle, encadrée et de plus en plus exigeante en matière de contenu local ; de l'autre, une économie informelle qui échappe à toute régulation.
La région doit aussi composer avec d'autres transformations énergétiques qui redessinent la carte des investissements. Le gaz naturel du projet GTA, à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, a commencé à alimenter les marchés régionaux, tandis que le pétrole du champ Sangomar, au Sénégal, a atteint une production soutenue. Ces hydrocarbures offrent de nouvelles recettes fiscales et pourraient financer des infrastructures, mais ils créent également une concurrence pour les ressources humaines et financières, au détriment parfois du secteur minier.
Dans ce contexte, le partenariat ivoiro-botswanais apparaît comme un modèle possible : associer un pays ouest-africain émergent à un acteur historique de la transformation minière pour accélérer le transfert de compétences. Le Botswana, qui a bâti sa prospérité sur le diamant et une stratégie de valorisation locale, pourrait aider la Côte d'Ivoire à développer des chaînes de valeur dans les minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique mondiale.
Le temps long de la valeur ajoutée
Mais la transformation locale ne se décrète pas. Elle exige des capitaux, des compétences techniques et une énergie fiable, autant de défis que les projets actuels peinent à relever. Le projet de manganèse en RDC, avec son montage en PPP sur 20 à 30 ans, montre la complexité de ces opérations. En Afrique de l'Ouest, les initiatives de raffinage d'or peinent à trouver un modèle économique viable, et les tentatives passées, comme au Ghana, ont montré les limites d'une transformation sans marché local suffisant.
Simandou, avec ses 200 kilomètres de chemin de fer et ses 100 millions de tonnes de minerai par an, pourrait changer la donne en créant un pôle industriel régional. Mais son succès dépendra de la capacité des gouvernements à imposer une part de transformation locale, comme l'a fait la Guinée dans ses négociations avec Rio Tinto et le consortium SMB-Winning. L'enjeu n'est pas seulement économique : il est aussi politique, car la création de valeur ajoutée est devenue un critère de légitimité pour des régimes soumis à une forte pression sociale.
Alors que l'or ouest-africain continue de s'exporter en lingots, les initiatives se multiplient pour inverser la tendance. Mais la route est longue : entre les héritages coloniaux, les infrastructures lacunaires et les résistances des acteurs établis, la transformation locale demeure un chantier de longue haleine. Le partenariat avec le Botswana, les projets comme Kobada ou les ambitions de Simandou dessinent les contours d'une nouvelle cartographie minière régionale, où la valeur ajoutée pourrait enfin rester sur le continent. Reste à savoir si les volontés politiques suffiront à concrétiser ces promesses.