Le ministre ougandais des Finances, Henry Musasizi, a annoncé une prévision de croissance de 7,3 % pour l'exercice 2025/26, portée par l'entrée en production pétrolière attendue fin 2025. Cette dynamique place Kampala sous les projecteurs et soulève des interrogations sur la capacité des États ouest-africains à tirer parti de leurs ressources extractives pour renforcer leur souveraineté énergétique.
Pétrole ougandais : un moteur de croissance pour l’Afrique de l’Ouest ?
Le ministre ougandais des Finances, Henry Musasizi, table sur une croissance de 7,3 % en 2025/26 grâce au pétrole. Quelles leçons pour les pays ouest-africains en quête de souveraineté énergétique ?
- ✓ Entrée pétrole fin 2025
- ✓ Croissance 7,3% (2025/26)
- ✓ PIB 69,3 Mrd USD
- ⚡ Mix énergétique en diversification
- ⛰️ Ressources minières sous-exploitées
- 🔋 Souveraineté énergétique en chantier
i Trois leviers pour l’Afrique de l’Ouest
Comme au barrage de Souapiti (Guinée), former des ingénieurs sur site évite la dépendance technologique.
L’Ouganda fixe l’entrée en production fin 2025 – un horizon qui discipline les investissements.
Le Togo accélère sur les énergies vertes tout en conservant ses centrales thermiques – un mix réaliste.
“Le pétrole peut transformer une économie, mais la souveraineté énergétique passe par la formation et la diversification.”
Alors que l'Ouganda s'apprête à devenir producteur de pétrole, le pays table sur une expansion économique rapide. Selon le ministre Henry Musasizi, le PIB devrait atteindre 69,3 milliards de dollars, soutenu par les revenus pétroliers. Ces projections interviennent dans un contexte où plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest cherchent à diversifier leur mix énergétique et à maximiser les retombées de leurs ressources minières.
Un levier de souveraineté énergétique
Le cas ougandais illustre comment l'entrée en production d'hydrocarbures peut transformer une économie. Au Togo, les centrales thermiques occupent encore une place prépondérante, mais les investissements dans les énergies renouvelables s'accélèrent. Le barrage de Souapiti, en Guinée, incarne une autre voie : celle de l'hydroélectricité comme pilier de l'indépendance énergétique. Pourtant, comme le montre le programme de formation d'ingénieurs lancé à son pied, la maîtrise technique locale est cruciale pour éviter une dépendance aux opérateurs étrangers.
Des recettes publiques en hausse
Les revenus pétroliers ougandais devraient gonfler les caisses de l'État, permettant d'augmenter les investissements publics. En Afrique de l'Ouest, l'or et le pétrole sont des sources majeures de devises. Le Port de Lomé, hub logistique régional, a traité plus de 30,6 millions de tonnes de marchandises en 2024, dont une part importante liée aux filières extractives. Mais sans transformation locale, la valeur ajoutée reste faible. L'Ouganda mise sur l'intégration en amont pour capter davantage de bénéfices.
Géopolitique des ressources
Le démarrage du pétrole ougandais modifie les équilibres régionaux en Afrique de l'Est, tout comme la montée en puissance des mines d'or au Burkina Faso, au Mali ou au Ghana redessine les alliances. La Cedeao a récemment dévoilé un « Pacte d'avenir » en six piliers pour consolider l'intégration, incluant la gestion des ressources naturelles. Mais la souveraineté énergétique passe aussi par des infrastructures régionales, comme le barrage de Souapiti, dont l'électricité pourrait alimenter plusieurs pays.
Leçons pour l'Afrique de l'Ouest
L'expérience ougandaise montre que le calendrier d'entrée en production est déterminant. L'attente de 2025/26 a permis de préparer le cadre fiscal et réglementaire. En Afrique de l'Ouest, les retards dans les projets miniers ou pétroliers (comme le gaz au Sénégal) freinent les retombées. Par ailleurs, la formation d'ingénieurs locaux, comme à Souapiti, est un investissement stratégique que l'Ouganda semble aussi prioriser.
Alors que l'Ouganda s'engage sur la voie du pétrole, l'Afrique de l'Ouest observe avec attention. La région possède des atouts similaires – or, pétrole, gaz, hydroélectricité – mais doit encore surmonter les défis de la coordination régionale et de la valorisation locale. Le modèle ougandais, bien que perfectible, offre une grille de lecture pour penser la souveraineté économique dans un contexte de transition énergétique mondiale.