Alors que l’année 2025 a été marquée par des défis sécuritaires persistants et des tensions géopolitiques au sein de l’UEMOA et du Sahel, le secteur aurifère ouest-africain émerge comme un potentiel catalyseur de transformation énergétique. La région, riche en gisements d’or, voit dans l’exploitation minière un moyen de financer des infrastructures électriques cruciales, dans un contexte de cours élevés du métal jaune. Cette dynamique interroge la capacité des États à conjuguer attraits extractifs et construction d’une souveraineté énergétique durable.
Or ouest-africain : souveraineté énergétique et recomposition géopolitique
Alors que 2025 a été marquée par des défis sécuritaires persistants et des tensions géopolitiques au sein de l’UEMOA et du Sahel, le secteur aurifère ouest-africain émerge comme un potentiel catalyseur de transformation énergétique.
Comment conjuguer attraits extractifs (or, valeur refuge, investissements) et construction d’une souveraineté énergétique durable (hydroélectricité, solaire) dans un contexte de cours élevés du métal jaune ?
- • Insécurité persistante au Sahel en 2025
- • Tensions géopolitiques au sein de l’UEMOA
- • Or comme valeur refuge et moteur d’investissement
- • Recettes minières → financement hydroélectrique & solaire
- • Mali, Burkina Faso, Guinée en tête
- • Barrage de Souapiti (Guinée) : formation d’ingénieurs lancée en mai 2026
Ces pays utilisent une partie de leurs recettes minières pour financer des projets hydroélectriques et solaires.
Le barrage de Souapiti en Guinée, dont le programme de formation d’ingénieurs a été lancé en mai 2026, illustre cette stratégie : former des compétences locales pour une souveraineté énergétique durable.
2025, une année charnière pour le secteur minier régional
L’environnement régional de 2025, marqué par l’insécurité dans le Sahel et les incertitudes économiques, a pesé sur les marchés financiers de l’UEMOA. Pourtant, les entreprises cotées à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ont montré une résilience inattendue, portées par les secteurs minier et énergétique. Cette performance souligne le rôle croissant de l’or comme valeur refuge et moteur d’investissement dans une zone souvent fragilisée.
L’or, levier de financement des infrastructures énergétiques
La corrélation entre production aurifère et souveraineté énergétique devient plus explicite en 2026. Plusieurs pays, à l’instar du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, utilisent une partie de leurs recettes minières pour financer des projets hydroélectriques et solaires. Le barrage de Souapiti en Guinée, dont le programme de formation d’ingénieurs a été lancé en mai 2026, illustre cette stratégie : former des compétences locales pour gérer des infrastructures qui alimenteront aussi bien les mines que les populations.
Une demande électrique en forte hausse
Les mines d’or, gourmandes en énergie, nécessitent une électricité stable et abordable. Or, le déficit énergétique régional reste criant : le Togo, par exemple, continue de recourir aux centrales thermiques malgré une accélération des renouvelables. L’or permet donc de justifier et de financer des investissements dans le mix énergétique, créant un cercle vertueux entre extractivisme et développement durable.
Revenus miniers et tensions géopolitiques
La manne aurifère n’est pas sans risques. Les tensions entre États de la région et les groupes armés non étatiques autour des zones d’extraction se sont intensifiées. Le « Pacte d’avenir » en six piliers dévoilé par la CEDEAO en mai 2026 vise justement à consolider l’intégration régionale et à harmoniser les politiques minières et énergétiques. L’enjeu est de taille : empêcher que l’or ne devienne un facteur de fragmentation supplémentaire.
Vers une redistribution des cartes énergétiques
La hausse des cours de l’or, combinée à la baisse relative des coûts des technologies renouvelables, offre une fenêtre d’opportunité historique. Des pays comme le Ghana et le Sénégal, déjà leaders dans le secteur, pourraient devenir des hubs énergétiques régionaux s’ils parviennent à convertir leurs revenus miniers en capacités électriques exportables. Cependant, la volatilité des cours et les aléas sécuritaires rappellent la fragilité de ce modèle.
L’Afrique de l’Ouest se trouve à un carrefour où l’or n’est plus seulement une matière première exportée, mais un outil de transformation structurelle. La réussite de cette transition dépendra de la capacité des États à dépasser les logiques de prédation et à inscrire l’exploitation minière dans une vision régionale cohérente, où la souveraineté énergétique et la stabilité géopolitique sont les priorités communes.