Samedi 4 juillet, les djihadistes du JNIM et les séparatistes touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont lancé une offensive coordonnée sur le camp stratégique d'Anefis, dans le nord du Mali. Cette attaque intervient un peu plus de deux mois après la chute de Kidal et la mort du ministre de la Défense, illustrant l'incapacité de la junte à restaurer sa souveraineté sur le territoire. Les combats, qui se poursuivent lundi, mettent en lumière une stratégie d'épuisement qui isole un peu plus les autorités de transition.
L'étau rebelle se resserre autour de la junte
Offensive coordonnée JNIM + FLA sur le camp d'Anefis · Stratégie d'épuisement multidimensionnelle
Attaques simultanées sur Anefis, localités nord/centre et prison près de Bamako → dispersion des forces maliennes
Tirs d'obus et drones kamikazes contre les paramilitaires russes du Corps africain retranchés à Anefis
Renforts de Gao pris en embuscade par le FLA : 5 à 8 véhicules détruits → incapacité de sécuriser le territoire
Incapacité de la junte à restaurer sa souveraineté sur le territoire
L'étau rebelle se resserre · La stratégie d'épuisement isole un peu plus les autorités de transition
Une offensive multidimensionnelle
Les rebelles ont démontré leur capacité à frapper simultanément sur plusieurs fronts. Outre Anefis, des attaques ont visé des localités dans le nord et le centre du pays, ainsi que l'une des plus grandes prisons du Mali, située à quelques dizaines de kilomètres de Bamako. Cette dispersion des frappes contraint l'armée malienne à disperser ses maigres moyens, tandis que les paramilitaires russes du Corps africain, retranchés dans le camp d'Anefis, subissent des tirs d'obus et des drones kamikazes. Selon une source sécuritaire, les renforts venus de Gao ont été pris en embuscade par le FLA, perdant entre cinq et huit véhicules.
Une stratégie d'épuisement
Cette nouvelle vague d'attaques s'inscrit dans une stratégie de harcèlement permanent. En mai dernier, la coalition djihadiste et séparatiste avait déjà infligé un revers cuisant à la junte en s'emparant de Kidal. L'offensive actuelle semble conçue pour empêcher toute reconstitution des forces gouvernementales. Le FLA a revendiqué la prise d'Anefis, verrou de la route vers Kidal, et les combats se poursuivent pour le contrôle du camp. L'armée malienne affirme tenir le camp, mais la réalité sur le terrain semble plus contrastée.
Le dilemme de la junte
La junte malienne, arrivée au pouvoir en 2020 sur la promesse de restaurer la sécurité, se trouve aujourd'hui acculée. La multiplication des fronts et l'incapacité à protéger les grandes villes affaiblissent sa crédibilité. La présence russe, censée être un atout, s'avère un fardeau : les mercenaires du Corps africain, déployés pour soutenir l'armée, sont eux-mêmes assiégés. Par ailleurs, la diplomatie régionale n'offre guère de répit : le nouveau président béninois Romuald Wadagni, tout juste investi, a effectué une visite simultanée à Niamey et Ouagadougou en juin, relançant les discussions sur une médiation que Bamako rejette.
Une contagion régionale
L'instabilité malienne ne reste pas confinée. Au même moment, le Maroc annonce le démantèlement d'une cellule loyale à l'État islamique au Sahel, preuve que la menace djihadiste s'étend au-delà des frontières. L'Afrique de l'Ouest, déjà fragilisée par les coups d'État en série, voit se dessiner un arc de crise allant du Mali au Niger, en passant par le Burkina Faso, où la généralisation du terme « camarade » dans l'administration signe une dérive autoritaire supplémentaire.
Plus qu'un simple affrontement local, la bataille d'Anefis révèle la profondeur de la crise de l'État malien et l'incapacité de la junte à inverser le rapport de force. Alors que les rebelles multiplient les frappes jusqu'aux portes de Bamako, la question n'est plus de savoir si le pouvoir central survivra, mais sous quelle forme et à quel prix une solution politique pourra émerger.