Le 21 juillet 2026, le régulateur nigérian NUPRC a annoncé l’attribution de 37 blocs pétroliers et gaziers à 31 entreprises, à l’issue du cycle de licences 2025. Cet exercice, l’un des plus importants depuis la Petroleum Industry Act (PIA) de 2021, traduit un regain de confiance des investisseurs dans le premier producteur africain de brut. Il confirme également un intérêt inédit pour les bassins frontaliers, dont celui du Tchad, et pose la question de la place du Nigeria dans la nouvelle dynamique extractive ouest-africaine.
Nigeria : 37 blocs pétroliers attribués, le secteur renaît après la PIA
Le 21 juillet 2026, le régulateur NUPRC annonce l’attribution de 37 blocs pétroliers et gaziers à 31 entreprises. Un record depuis la réforme de 2021.
Chronologie des réformes
Réforme du cadre réglementaire : transparence, incitations fiscales, attractivité.
50 blocs mis en vente. Appel d’offres record.
37 blocs attribués à 31 entreprises. Regain de confiance des investisseurs.
Nouveaux bassins frontaliers
Pour la première fois, des offres retenues dans des zones historiquement délaissées.
Contexte macro-économique
Sources : Banque mondiale, FMI. Données Nigeria.
« Ce cycle est l’un des plus importants depuis l’entrée en vigueur de la PIA. »
— NUPRC, régulateur pétrolier nigérian
13 blocs n’ont suscité aucun intérêt et seront réintégrés au portefeuille public. L’attribution des 37 blocs confirme un regain de confiance des investisseurs et pose la question du rôle du Nigeria dans la nouvelle dynamique extractive ouest-africaine.
Un signal fort pour les réformes
L’attribution de 37 blocs sur 50 proposés marque une étape clé dans la mise en œuvre de la Petroleum Industry Act (PIA) de 2021. Cette loi a profondément réformé le cadre réglementaire nigérian, en introduisant plus de transparence et des incitations fiscales pour attirer les investissements. Selon la NUPRC, ce cycle est l’un des plus importants depuis l’entrée en vigueur de la PIA, un signe que les efforts du gouvernement pour assainir le secteur portent leurs fruits. Sur les 50 blocs mis en vente, 37 ont reçu des offres, mobilisant près de 200 candidatures provenant de 143 entreprises, tandis que 13 blocs n’ont suscité aucun intérêt et seront réintégrés au portefeuille public.
Un intérêt inédit pour les bassins frontaliers
Pour la première fois dans l’histoire énergétique du Nigeria, les bassins du Tchad, d’Anambra, du Bénin et de la fosse de la Bénoué ont enregistré des offres retenues. Ces zones, jusque-là délaissées au profit du delta du Niger et des eaux profondes, attirent désormais les investisseurs. Cette diversification géographique est perçue comme un indicateur de la confiance des opérateurs dans la stabilité réglementaire. Elle pourrait également réduire la pression sur le delta du Niger, région historiquement sujette à des tensions sociales et environnementales liées à l’exploration pétrolière.
Un contraste avec les autres pays d’Afrique de l’Ouest
Pendant que le Nigeria capitalise sur ses réformes, d’autres pays de la région font face à des trajectoires contrastées. Au Niger, le projet d’uranium porté par Orano reste entravé par des incertitudes politiques et sécuritaires, comme l’indiquent les récentes alertes d’information. Au Sénégal et en Mauritanie, le grand projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) subit des retards et des pressions financières, rappelant la fragilité des nouveaux entrants dans le secteur extractif. Le succès nigérian montre ainsi que la confiance des investisseurs est étroitement liée à la clarté du cadre légal et à la continuité des politiques publiques.
Des enjeux géopolitiques et de souveraineté énergétique
Au-delà des chiffres, ce cycle de licences renforce la position du Nigeria comme pivot énergétique régional. Avec une capacité de production actuelle oscillant autour de 1,4 million de barils par jour, le pays cherche à inverser la tendance baissière observée depuis une décennie. L’attribution de blocs dans des bassins frontaliers – notamment près du Tchad et du Bénin – pourrait aussi raviver des tensions diplomatiques sur le partage des ressources transfrontalières. Toutefois, la NUPRC a souligné que les procédures respectent les accords bilatéraux existants.
Les défis persistent : 13 blocs sans preneur
Si le bilan est globalement positif, le fait que 13 blocs n’aient reçu aucune offre rappelle que l’attractivité du Nigeria reste incomplète. Ces zones, souvent situées dans des régions plus isolées ou à fort risque sécuritaire (comme certaines parties du delta ou le nord-est), n’ont pas convaincu les investisseurs. Le régulateur prévoit de les remettre en vente ultérieurement, peut-être avec des conditions plus attractives. Cela souligne que la PIA, bien que saluée, n’a pas résolu tous les obstacles à l’investissement, notamment la violence locale et le vieillissement des infrastructures.
Cette attribution massive de licences pétrolières au Nigeria intervient dans un contexte où les pays d’Afrique de l’Ouest tentent de diversifier leurs partenaires et de sécuriser leurs revenus extractifs. Si le Nigeria semble tirer son épingle du jeu grâce à des réformes structurelles, la région reste marquée par des disparités : le gaz sénégalo-mauritanien cherche son rythme, l’uranium nigérien peine à décoller. Le succès nigérian pourrait servir de modèle, mais il pose aussi la question de la soutenabilité à long terme d’un modèle extractif dominant, face à la transition énergétique mondiale.