Le mercredi 8 juillet 2026, le Comité régional de pilotage des projets WACA ResIP a ouvert ses travaux à Abidjan, réunissant États membres, institutions régionales et partenaires techniques. Alors que la région ouest-africaine poursuit ses réformes macroéconomiques – le Ghana vient de conclure son programme FMI, et une feuille de route régionale a été élaborée à Lagos en mai 2026 – la gestion durable du littoral apparaît comme un enjeu économique et climatique majeur. Avec plus de 50 % du PIB régional concentré sur les zones côtières, la résilience de ces territoires conditionne la stabilité économique de l’ensemble de la CEDEAO.
Un pilier de résilience économique et climatique
Lancé en 2018 avec la Banque mondiale, le programme régional WACA fédère États, institutions et partenaires pour protéger le littoral ouest-africain, où se concentre plus de la moitié du PIB de la CEDEAO.
Chronologie du programme
Partenaires du programme
Contexte macroéconomique régional
La première réunion de l’année du Comité régional de pilotage (CRP) du programme WACA ResIP a permis de faire le point sur une décennie d’efforts collectifs. Lancé en 2018 avec l’appui de la Banque mondiale, le programme a bénéficié d’un large partenariat associant l’Agence française de développement, les Pays-Bas, l’Espagne ou encore l’Allemagne. La spécialiste principale en gestion des ressources naturelles à la Banque mondiale, Bérangère Prince, a souligné que cette mobilisation « crée une sorte de solidarité régionale », indispensable face à l’érosion côtière et aux effets du changement climatique.
Les résultats présentés sont significatifs : 500 000 personnes sont désormais plus résilientes face aux aléas climatiques, entre 300 000 et 400 000 emplois ont été créés ou consolidés, et plus de 32 000 hectares d’écosystèmes côtiers ont été restaurés. Ces chiffres confirment l’efficacité d’une approche intégrée qui combine protection environnementale et développement économique. Le littoral ouest-africain, qui concentre « plus de 50 % du PIB » de la région, est en effet un moteur de croissance qu’il faut préserver.
Ce bilan intervient dans un contexte régional marqué par des réformes macroéconomiques ambitieuses. En mai 2026, le Ghana a achevé son programme de Facilité élargie de crédit avec le FMI, bouclant un plan de sauvetage de 3 milliards USD entamé en 2023. Parallèlement, les dirigeants ouest- et centrafricains réunis à Lagos ont élaboré une feuille de route pour renforcer la coopération économique. Le resserrement monétaire et la rationalisation des dépenses publiques, évoqués par le FMI, créent un environnement plus stable, mais ces efforts doivent être soutenus par des investissements structurants.
Une seconde phase pour consolider les acquis
Face à ces enjeux, le programme WACA+ va poursuivre et étendre les actions engagées. Les prochaines phases concerneront notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Togo et la Guinée-Bissau. Cette extension répond à un besoin croissant de gestion coordonnée des zones côtières, alors que les pressions démographiques et économiques s’intensifient. La Banque mondiale et ses partenaires misent sur une approche régionale pour mutualiser les coûts et les expertises.
L’intégration des infrastructures énergétiques, via le Programme d’échanges d’énergie électrique en Afrique de l’Ouest (WAPP), illustre également cette logique de solidarité. Plus de 4 000 km de lignes à haute tension relient désormais 15 pays, renforçant la résilience énergétique – un autre maillon essentiel de la stabilité économique régionale.
Un modèle de développement durable
Le succès de WACA repose sur sa capacité à combiner protection environnementale, création d’emplois et renforcement des capacités locales. Les 32 000 hectares d’écosystèmes restaurés (mangroves, plages, dunes) protègent non seulement la biodiversité, mais aussi les infrastructures économiques et les habitations. Les emplois générés – dans la restauration écologique, le tourisme durable ou la pêche – offrent des alternatives aux populations vulnérables.
Toutefois, la durabilité du modèle dépendra de la capacité des États à maintenir leur engagement budgétaire et à intégrer ces priorités dans leurs stratégies nationales. Le contexte macroéconomique, avec des dettes publiques encore élevées dans plusieurs pays de l’UEMOA, pourrait contraindre certains investissements. La Banque mondiale et l’AFD jouent ici un rôle crucial de catalyseur.
En parallèle, la question du financement en devise locale reste centrale. En mai 2026, la Banque mondiale a annoncé un renforcement du financement en monnaie locale pour soutenir le secteur privé dans l’UEMOA. Une initiative qui pourrait être étendue aux projets climatiques, facilitant l’accès aux crédits pour les PME locales engagées dans la transition écologique.
La réunion d’Abidjan confirme que la gestion du littoral est devenue une priorité stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. Alors que les réformes macroéconomiques portent leurs fruits – sortie du programme FMI pour le Ghana, feuille de route régionale –, la résilience climatique s’impose comme le socle d’une croissance durable et inclusive. WACA+ incarne cette nouvelle approche, où la solidarité régionale et le partenariat international se conjuguent pour bâtir un avenir plus sûr. Reste à savoir si les engagements financiers suivront le rythme des besoins, alors que les effets du changement climatique s’accélèrent sur tout le littoral ouest-africain.
Données de référence : Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI)