Le secrétaire permanent du Cos-Petrogaz, Khadim Bamba Diagne, a affirmé que le Sénégal n’exclut « absolument rien » dans la renégociation des contrats pétroliers, y compris une remise en cause des accords avec Woodside et BP. Cette déclaration, faite en marge de l’Africa CEO Forum, intervient dans un contexte de hausse des prix du brut liée aux tensions au Moyen-Orient, qui profite aux majors mais laisse les pays producteurs africains sur leur faim. Elle marque une inflexion notable par rapport aux positions plus conciliantes affichées lors du SIEPA 2026, il y a seulement deux jours, et s’inscrit dans une tendance régionale de contestation des modèles d’exploitation historiques.
Sénégal : la renégociation des contrats pétroliers
Test de souveraineté pour l’Afrique de l’Ouest
« On n’exclut absolument rien du tout. »
Khadim Bamba Diagne — Secrétaire permanent du Cos-Petrogaz
Africa CEO Forum, 13 mai 2026
Remise en cause des accords historiques
Contrats avec Woodside et BP (30 à 50 ans) dans le viseur. « Nous ne pouvons pas accepter des exploitations qui laissent des externalités négatives. »
Contexte : flambée des prix du brut
Hausse liée aux tensions au Moyen-Orient. « Les compagnies se frottent les mains. Le Sénégal aussi doit commencer à se frotter les mains. »
Inflexion stratégique
Position plus ferme qu’au SIEPA 2026 (11 mai). S’inscrit dans une contestation régionale des modèles d’exploitation historiques.
🔁 Inflexion en 48 heures
SIEPA 2026
Position conciliante. Dakar au cœur des enjeux énergétiques ouest-africains.
Africa CEO Forum
« On n’exclut absolument rien. » Remise en cause possible des contrats Woodside & BP.
⏱️ Données au 13 mai 2026 · Sources : Jeune Afrique, Cos-Petrogaz
📅 Contexte régional : la vague de contestation
Mai 2026
Sénégal : déclaration choc du Cos-Petrogaz
Khadim Bamba Diagne : « On n’exclut absolument rien. »
Mai 2026
SIEPA 2026 : Dakar au cœur des enjeux
Position plus conciliante, avant l’inflexion du 13 mai.
Mai 2026
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Signal pour l’Afrique de l’Ouest : tensions sur l’offre.
2025-2026
Essor gazier mozambicain
Précédent pour le Sénégal et la Mauritanie : modèle contesté.
🔗 Acteurs clés & relations
Schéma des relations au 13 mai 2026 · Données issues de l’article Cauris
Une détermination affichée sans précédent
« On n’exclut absolument rien du tout. » Ces mots de Khadim Bamba Diagne, rapportés par Jeune Afrique le 13 mai 2026, sonnent comme un avertissement aux compagnies pétrolières opérant au Sénégal. Le secrétaire permanent du Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-Petrogaz) a précisé que les contrats avec Woodside et BP, qui courent sur trente à cinquante ans, doivent être clarifiés dès les premières années. « Nous ne pouvons pas accepter des exploitations qui laissent les pays africains des externalités négatives et les autres qui prennent les ressources », a-t-il martelé, en évoquant l’impact sur la pêche artisanale.
Le contexte de la flambée des prix
La déclaration survient alors que les cours du pétrole ont grimpé en raison du conflit au Moyen-Orient. « Les compagnies se frottent les mains. Le Sénégal aussi doit commencer à se frotter les mains », a insisté M. Diagne. Cette approche, basée sur un partage plus équitable des profits en période de hausse, reflète une volonté de rompre avec les schémas passés où les États africains captaient une part trop faible de la rente. Elle fait écho à la situation mozambicaine, où les mégaprojets gaziers ont attiré des investissements records mais aussi des critiques sur la redistribution des bénéfices.
Un virage dans la stratégie sénégalaise
Jusqu’à récemment, le discours officiel mettait l’accent sur la coopération avec les majors et l’attractivité du secteur. Le salon SIEPA 2026, qui s’est tenu à Dakar le 12 mai, présentait encore le Sénégal comme une destination stable pour les investissements pétroliers. Mais les propos de M. Diagne, corroborés par une source de La Nouvelle Tribune, montrent que la donne a changé. Le pays semble vouloir suivre l’exemple du Ghana ou du Nigeria, où les renégociations de contrats ont été au cœur des débats politiques.
Les enjeux de transparence
Au-delà de la souveraineté, c’est la question de la transparence des contrats qui est posée. L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a souvent pointé les lacunes des accords pétroliers en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal, qui a adhéré à cette initiative, pourrait faire de la renégociation un test de sa crédibilité. « Il vaut mieux que dans les premières années, que ça soit très clair, qu’on puisse savoir les erreurs, les fautes, qu’on les rectifie », a souligné M. Diagne, dans une allusion aux clauses controversées qui ont entaché d’autres pays producteurs.
Une tendance régionale
Ce durcissement sénégalais s’inscrit dans un mouvement plus large. Au Ghana, la révision du cadre fiscal pétrolier est en débat ; en Côte d’Ivoire, le plan stratégique 2026-2030 de Corlay met l’accent sur la gouvernance et la valorisation du capital humain, signe que les acteurs locaux cherchent à mieux contrôler la chaîne de valeur. Par ailleurs, l’incident du Africa Forward Summit, où le PDG de TotalEnergies a été bloqué par des manifestants, illustre la défiance croissante envers les multinationales. Le Sénégal, avec ses récentes découvertes de gaz et de pétrole, est devenu un laboratoire pour ces nouvelles exigences de souveraineté.
La déclaration de Khadim Bamba Diagne n’est pas un incident isolé : elle cristallise une aspiration panafricaine à une meilleure répartition des richesses extractives. Reste à savoir si cette volonté politique se traduira par des révisions concrètes des contrats, et si d’autres pays de la région emboîteront le pas. Le Sénégal, souvent perçu comme un îlot de stabilité, pourrait devenir un modèle – ou un avertissement – pour les compagnies pétrolières opérant sur le continent.