La Société financière internationale (SFI) prépare un soutien de 45 millions de dollars à destination des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) au Sénégal et au Burkina Faso. L'opération, qui cible Coris Bank International Sénégal et Vista Bank Burkina Faso, prévoit qu'au moins 25% des ressources soient allouées à des entreprises dirigées par des femmes. Cet engagement intervient dans un contexte où le déficit de financement des PME sénégalaises est estimé à 1,5 milliard de dollars, soit plus de 7% du PIB du pays.

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Le dispositif annoncé par la SFI, filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, se déploie en deux opérations totalisant jusqu'à 45 millions de dollars. Le premier volet, doté de 25 millions de dollars, est destiné à Coris Bank International Sénégal, filiale du groupe Coris Holding fondé par le banquier burkinabè Idrissa Nassa. Sur cette enveloppe, 10 millions de dollars sont apportés directement par la SFI sous forme de prêt senior non garanti d'une durée maximale de cinq ans, tandis que 15 millions de dollars seront mobilisés auprès d'autres partenaires financiers. Le second volet, d'un montant non précisé, vise Vista Bank Burkina Faso, dirigée par l'homme d'affaires Simon Tiemtoré.

Une condition majeure accompagne ces financements : au moins 25% des ressources devront bénéficier à des entreprises détenues ou dirigées par des femmes. Cette exigence reflète une tendance croissante des institutions de développement à intégrer des critères de genre dans leurs opérations en Afrique de l'Ouest. Au Sénégal, les femmes représentent une part significative des micro-entrepreneurs, mais leur accès au crédit formel reste limité, freiné par des exigences de garanties et des procédures administratives complexes. L'initiative de la SFI pourrait contribuer à réduire cet écart, bien que son impact dépende de la capacité des banques à atteindre effectivement ces cibles.

Au-delà des ressources financières, les deux opérations prévoient un accompagnement technique destiné à renforcer les dispositifs de gestion des risques environnementaux et sociaux au sein des banques bénéficiaires. Les évaluations menées par la SFI ont en effet mis en évidence des insuffisances dans la formalisation et le déploiement de ces mécanismes. L'institution entend ainsi accompagner Coris Bank International Sénégal et Vista Bank Burkina Faso dans l'amélioration de leurs pratiques, afin de renforcer leur résilience et leur capacité à financer durablement les PME. Cette composante technique est souvent négligée dans les programmes de crédit, mais elle est cruciale pour assurer la pérennité des investissements.

Ce soutien intervient dans un contexte régional marqué par des initiatives visant à renforcer l'intégration économique et le développement du secteur privé. En mai 2026, la CEDEAO a dévoilé un "Pacte d'avenir" en six piliers pour consolider l'intégration, tandis que des projets structurants comme le barrage de Souapiti en Guinée (lancé en 2015, avec un programme de formation d'ingénieurs récemment mis en place) illustrent les efforts d'investissement à long terme. Parallèlement, le Port de Lomé, hub logistique clé, a traité plus de 30,6 millions de tonnes de marchandises en 2024, soulignant l'importance des infrastructures dans la facilitation des échanges. Ces développements créent un environnement favorable à la croissance des PME, à condition que le financement suive.

Le choix de Coris Bank International Sénégal n'est pas anodin. Le groupe Coris Holding, présent dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, s'est imposé comme un acteur bancaire régional de premier plan, avec une stratégie axée sur les PME et les services financiers digitaux. En s'appuyant sur ce réseau, la SFI espère maximiser l'impact de son financement. De même, Vista Bank Burkina Faso, dirigée par Simon Tiemtoré, a développé une offre dédiée aux petites entreprises. Toutefois, la capacité de ces banques à absorber les fonds et à les distribuer efficacement reste un enjeu. Les retards dans l'approbation du conseil d'administration de la SFI (mentionnés dans les documents) pourraient également reporter la mise en œuvre.

Cette opération s'inscrit dans une tendance plus large de mobilisation des bailleurs de fonds pour combler le déficit de financement des PME en Afrique de l'Ouest. Selon la Banque mondiale, l'écart de financement pour les MPME dans la région dépasse 50 milliards de dollars. Les initiatives se multiplient, qu'elles émanent de la SFI, de la Banque africaine de développement ou des institutions régionales comme la BOAD. Cependant, l'accent mis sur l'entrepreneuriat féminin et la gestion des risques environnementaux et sociaux représente une évolution notable par rapport aux programmes précédents, qui privilégiaient souvent des critères purement financiers.

L'initiative de la SFI illustre une approche de plus en plus intégrée du financement du développement, où les considérations de genre et de durabilité deviennent des conditions de prêt à part entière. Au-delà des 45 millions de dollars, c'est la capacité des banques régionales à internaliser ces exigences et à les transformer en avantages concurrentiels qui déterminera l'impact réel sur le tissu entrepreneurial ouest-africain. Alors que la CEDEAO renforce son cadre d'intégration et que les investissements dans les infrastructures portuaires et énergétiques se multiplient, le financement des PME reste un maillon essentiel pour transformer la croissance régionale en développement inclusif.