Le Fonds monétaire international a approuvé le 24 juin 2026 un nouveau programme de 95,8 millions de dollars sur 42 mois pour la Mauritanie. Ce financement, qui s'inscrit dans la continuité d'un précédent programme jugé satisfaisant, intervient dans un contexte ouest-africain contrasté, marqué par la sortie du Ghana de son propre plan de sauvetage. Il confirme la confiance renouvelée de l'institution dans les réformes mauritaniennes, mais pose la question de leur soutenabilité à long terme.
Mauritanie : 95,8 millions $ du FMI
Un signal de confiance dans un contexte ouest-africain contrasté
Ghana entame son plan de sauvetage de 3 milliards $ avec le FMI
Pression budgétaire croissante en Côte d'Ivoire et au Sénégal
16 mai : Ghana sort du plan · 24 juin : Mauritanie obtient 95,8 millions $
Le FMI valide un 2e programme consécutif pour la Mauritanie, après un précédent jugé satisfaisant.
Le Ghana tourne la page de son plan de 3 milliards $ ; la Mauritanie poursuit ses réformes.
La question de la viabilité à long terme des réformes reste posée, malgré le signal positif.
Le conseil d'administration du FMI a validé le nouveau programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de financement (MEDC). Les autorités mauritaniennes s'engagent à consolider la stabilité macroéconomique, à promouvoir une croissance inclusive via le capital humain et la réduction de la pauvreté, et à améliorer la gouvernance, notamment celle des entreprises publiques. Le programme vise aussi à préserver les réserves de change et à faciliter la mobilisation de financements extérieurs.
Cette décision du FMI tranche avec l'actualité récente en Afrique de l'Ouest. Le 16 mai 2026, le Ghana annonçait la fin de son plan de sauvetage de 3 milliards de dollars entamé en 2023, se tournant vers un dispositif de consolidation (Policy Coordination Instrument). La Côte d'Ivoire et le Sénégal, de leur côté, continuent d'emprunter sur les marchés obligataires, mais sous la pression d'une dette publique croissante. La Mauritanie semble ainsi emprunter une voie plus orthodoxe, en poursuivant sa collaboration avec le FMI.
Un bilan jugé positif
L'institution se félicite des résultats obtenus dans le cadre du précédent programme (2022-2026). Elle cite une croissance soutenue hors industries extractives, un recul de l'inflation, une réduction du déficit courant et le maintien de réserves internationales à un niveau jugé satisfaisant. Tous les objectifs quantitatifs fixés pour décembre 2025 ont été atteints. Ce satisfecit justifie le renouvellement du partenariat, mais le FMI appelle à poursuivre les efforts, en particulier sur le front des recettes publiques.
Les défis de la gouvernance
Si les performances macroéconomiques sont saluées, le FMI insiste sur les réformes structurelles. La gouvernance des entreprises publiques reste un point faible, tout comme la mobilisation des recettes fiscales. La Mauritanie dépend encore fortement des recettes extractives (fer, or, hydrocarbures), ce qui expose son économie aux chocs externes. Le nouveau programme devra donc démontrer sa capacité à diversifier l'économie et à renforcer les institutions.
Un test pour la région
L'approbation de ce programme intervient dans un climat régional où les programmes du FMI sont diversement appréciés. Le Ghana a choisi de s'en affranchir, tandis que d'autres pays, comme le Sénégal, négocient des financements sans entrer dans un programme formel. La Mauritanie, avec ce nouvel engagement, devient un cas d'école : elle montre qu'une relation prolongée avec le FMI peut être compatible avec une croissance inclusive, à condition de s'attaquer aux faiblesses structurelles.
Ce programme mauritanien offre une illustration des trajectoires divergentes des économies ouest-africaines face aux institutions financières internationales. Alors que certains pays cherchent à s'émanciper des conditionnalités du FMI, d'autres misent sur un accompagnement continu pour ancrer leurs réformes. La réussite de la Mauritanie dépendra de sa capacité à transformer les recommandations en actions tangibles, notamment dans la gouvernance des entreprises publiques. Un dossier à suivre, tant pour ses implications nationales que pour le signal qu'il envoie aux autres économies de la région.