L'Université Nangui Abrogoua (Una) ouvrira une Licence professionnelle en Biomasse-énergie (Lbe), une formation duale associant apprentissage académique et immersion en entreprise. Cette initiative, soutenue par l'Union européenne et l'Allemagne, intervient alors que la Côte d'Ivoire cherche à structurer sa transition énergétique et à diversifier son économie au-delà des ressources traditionnelles.

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Le 29 mai 2026, la signature d'une convention entre l'Una et le secteur privé a officialisé la création de la Licence professionnelle en Biomasse-énergie. Ce cursus, calqué sur le modèle allemand de formation duale, vise à former des techniciens capables de valoriser les résidus agricoles et forestiers en énergie. Un enjeu majeur dans un pays où l'agriculture représente 20% du PIB et génère d'importants déchets organiques.

Un pas vers l'économie verte Cette licence répond à deux objectifs : la transition énergétique et l'emploi des jeunes. La Côte d'Ivoire, qui vise 42% d'énergies renouvelables dans son mix électrique d'ici 2030, doit former des compétences locales pour opérer les infrastructures de biomasse. En parallèle, le taux de chômage des diplômés, estimé à plus de 25%, pousse à réformer l'enseignement supérieur. Le ministre Adama Diawara, par la voix de son directeur de cabinet, a salué un modèle qui « associe apprentissage académique et immersion professionnelle », gage d'une employabilité accrue.

Un contexte régional porteur Deux semaines plus tôt, à l'Africa CEO Forum de Kigali, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé invitait les investisseurs à faire du pays une destination privilégiée. Ce nouveau programme s'inscrit dans cette stratégie d'attractivité : en formant une main-d'œuvre qualifiée dans les métiers verts, la Côte d'Ivoire se positionne sur un créneau porteur, alors que le Ghana sort tout juste d'un programme du FMI et que le Sénégal peine à promouvoir son tourisme. La coopération avec l'Allemagne et l'UE apporte une caution technique et financière.

Un partenariat public-privé inédit Le secteur privé, représenté par la Cie (Compagnie ivoirienne d'électricité ?) et d'autres entreprises, s'engage à accueillir les étudiants en stage et à co-construire les programmes. Ta Bi Soma Kouamé Cécile, directrice du développement des ressources humaines de la Cie, y voit « une opportunité majeure pour bâtir une jeunesse plus compétitive ». Ce rapprochement entre universités et entreprises rompt avec le cloisonnement traditionnel des filières académiques. Le coordonnateur national des formations interuniversitaires en énergies renouvelables, Dr Franck Dodou, évoque un partenariat « gagnant-gagnant ».

Une extension prévue à d'autres filières À terme, cette initiative sera étendue à d'autres secteurs stratégiques, comme l'agroalimentaire ou le numérique. En mai 2026, Abidjan accueillait déjà le salon des téléphones et applications mobiles, confirmant l'ambition de structurer une filière numérique. La licence en biomasse-énergie s'inscrit dans une vision plus large : diversifier l'économie ivoirienne, réduire sa dépendance aux matières premières et créer des emplois durables.

Les défis de la mise en œuvre Reste à assurer la qualité des formations et l'engagement des entreprises sur le long terme. L'immersion professionnelle exige des tuteurs compétents et des postes d'accueil en nombre suffisant. Par ailleurs, la biomasse-énergie doit composer avec la concurrence d'autres usages (alimentation, bois de chauffe). Une évaluation en continu sera nécessaire pour ajuster les cursus aux besoins du marché.

En créant cette licence, la Côte d'Ivoire mise sur la formation pour accélérer sa transition énergétique et résorber le chômage des jeunes. Une expérience pilote qui, si elle réussit, pourrait inspirer d'autres pays de l'UEMOA confrontés aux mêmes enjeux de verdissement et d'emploi.

Données de référence : Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI)