Le 29 mai 2026, le magazine CADRECO a lancé à Cotonou la première édition de son Business Meeting, consacré à la faible participation des entreprises béninoises à la BRVM. Alors que la capitalisation de la bourse régionale dépasse 15 800 milliards de FCFA en mai 2026, ce rendez-vous intervient dans un contexte de reprise du marché et de recherche de nouveaux leviers de financement par le secteur privé local. L'événement, organisé en partenariat avec Moov Business, a mis en lumière les défis persistants de l’appropriation du marché financier régional par les acteurs béninois.
Bénin : le grand absent de la BRVM
Malgré une croissance à 7,5 % et une bourse régionale à 15 800 milliards FCFA, les entreprises béninoises brillent par leur absence. Décryptage.
La bourse régionale ouest-africaine atteint des sommets, mais les sociétés béninoises ne pèsent qu’une part infime des cotations.
Le Bénin affiche une des croissances les plus dynamiques de l’UEMOA. Pourtant, ses entreprises restent en retrait de la BRVM.
« Les entreprises béninoises doivent s’approprier la BRVM » — Claudia Kenou, CADRECO
Le Cadreco Business Meeting, organisé avec Moov Business, veut créer un espace d’échanges économiques concret pour lever les blocages. Première édition consacrée à la sous-représentation béninoise.
Un constat partagé : la sous-représentation béninoise à la BRVM
Claudia Kenou, chargée de communication et de projet à CADRECO, a souligné que l’objectif du Cadreco Business Meeting est de dépasser le simple cadre de discussion pour créer un véritable espace d’échanges économiques. Pour cette première édition, le choix du thème s’est imposé : la faible présence des entreprises béninoises sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Ce constat n’est pas nouveau. Alors que la BRVM affiche une capitalisation boursière de plus de 15 800 milliards de FCFA en mai 2026, portée par une reprise récente de l’indice composite (+0,40 % le 19 mai), les sociétés béninoises ne représentent qu’une part modeste du nombre total de sociétés cotées. Ce décalage interroge, d’autant que le Bénin connaît une croissance économique soutenue et que ses entreprises cherchent des sources de financement long terme pour accompagner leur développement.
Les freins à l’entrée en Bourse pour les entreprises locales
Les échanges entre entrepreneurs, investisseurs et experts financiers ont mis en évidence plusieurs obstacles. La méconnaissance des mécanismes de cotation demeure un frein majeur, tout comme les coûts perçus comme élevés (frais d’introduction, obligations de reporting). La transparence financière exigée par le régulateur peut également rebuter des entreprises familiales peu habituées à divulguer leurs comptes. Ces difficultés ne sont pas propres au Bénin, mais elles y sont particulièrement marquées : le tissu économique béninois est composé majoritairement de PME, pour lesquelles l’introduction en bourse reste un saut dans l’inconnu.
Une initiative pour vulgariser le marché financier régional
Le Cadreco Business Meeting se veut un rendez-vous régulier pour confronter les idées et réfléchir aux enjeux du développement économique du Bénin, comme l’a rappelé Claudia Kenou. En associant Moov Business, partenaire de cette première édition, l’événement a aussi abordé la transformation digitale comme levier pour faciliter l’accès à la bourse. Abdoulaye Bako Boureïma, directeur de Moov Business, a présenté des solutions numériques qui pourraient aider les entreprises à structurer leur information financière et à se rapprocher des intermédiaires du marché. Cette approche pragmatique reflète une volonté de décloisonner le débat et de proposer des pistes concrètes.
Un contexte régional porteur, des disparités persistantes
La BRVM a connu des évolutions significatives en 2026 : un partenariat stratégique annoncé en marge de l’Africa CEO Forum et une capitalisation en hausse témoignent de l’intérêt croissant des investisseurs pour le marché régional. Pourtant, la répartition des sociétés cotées reste inégale entre les huit pays de l’UEMOA. La Côte d’Ivoire domine largement, tandis que les autres États peinent à attirer des émetteurs. Le cas du Bénin est emblématique : malgré un dynamisme économique reconnu, le nombre d’entreprises béninoises cotées n’a que faiblement augmenté ces dernières années. Ce déséquilibre interroge sur la capacité du marché financier à financer réellement l’économie de l’ensemble de la zone.
Vers une meilleure appropriation de la bourse par les acteurs béninois
L’initiative de CADRECO s’inscrit dans une tendance plus large de vulgarisation des marchés financiers en Afrique de l’Ouest. Des afterworks économiques, des formations et des rencontres se multiplient pour rapprocher les entreprises de la bourse. La question centrale reste de savoir comment transformer cette sensibilisation en actes concrets. La BRVM a récemment assoupli certaines conditions d’accès pour les PME, mais l’effet de ces mesures tarde à se concrétiser au Bénin. Le dialogue initié par le Cadreco Business Meeting pourrait contribuer à lever les blocages, à condition d’être suivi d’un accompagnement technique et financier adapté.
Au-delà du seul cas béninois, cette initiative reflète une prise de conscience régionale de la nécessité de densifier le tissu de sociétés cotées pour renforcer la liquidité et l’attractivité de la BRVM. Alors que la bourse affiche des performances records, la question de son ancrage dans le financement des PME reste entière. La réussite de la BRVM en tant qu’outil de développement économique dépendra de sa capacité à intégrer des entreprises de tous les pays membres, y compris celles du Bénin.