La Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo affichent les meilleurs scores de climat des affaires de l'UEMOA en 2025, selon les données de la BCEAO publiées en juin 2026. Ces performances, confirmées par le rapport Business Ready 2025 de la Banque mondiale, témoignent de l'impact des réformes engagées depuis plusieurs années. Elles interviennent dans un contexte où le financement du Plan national de développement ivoirien 2026-2030 a déjà attiré des promesses massives, signalant une dynamique régionale positive.
Programme d'appui à l'amélioration du climat des affaires (lancé en 2023) : simplification administrative et digitalisation.
Réformes structurelles continues, reconnues par les classements régionaux et internationaux.
Côte d'Ivoire : 102 pts
Sénégal : 101,8 pts
Togo : 101,2 pts
Les 3 pays figurent parmi le top 10 africain.
Les classements internationaux ne sont pas de simples palmarès : ils traduisent des choix politiques concrets. En 2025, la Côte d'Ivoire (102 points), le Sénégal (101,8) et le Togo (101,2) dominent l'indice du climat des affaires de l'UEMOA, établi par la BCEAO. Ces trois pays figurent également parmi les dix premières places africaines du rapport Business Ready 2025, une reconnaissance qui dépasse le cadre régional. Ce leadership n'est pas le fruit du hasard : il résulte de réformes structurelles dont les effets commencent à se matérialiser.
En Côte d'Ivoire, le Programme d'appui à l'amélioration du climat des affaires, lancé en 2023, a ciblé la simplification administrative et la digitalisation des procédures. Le pays a aussi bénéficié d'un contexte macroéconomique favorable, illustré par les promesses de financement de 80 milliards de dollars captées lors du Groupe consultatif pour le PND 2026-2030, en juillet 2026. Cette confiance des bailleurs (Banque mondiale, BAD, UE) reflète une crédibilité accrue, adossée à des réformes perçues comme crédibles.
Le Sénégal, de son côté, a adopté en 2025 un nouveau Code des investissements, avec un guichet unique digitalisé et un traitement des dossiers en moins de dix jours. Ces mesures visent à réduire les frictions administratives, un frein majeur pour les investisseurs. Le Togo, souvent cité comme un réformateur discret, poursuit la modernisation de son administration, une stratégie qui lui vaut la quatrième place africaine du classement Business Ready.
Ces performances régionales s'expliquent aussi par un effet de convergence : l'indicateur de l'UEMOA est resté stable à 101,1 points en 2025, mais les écarts entre pays se creusent. Le Mali, à 98,7 points, se situe en huitième position, un retard lié à un contexte sécuritaire et politique plus difficile. Cette disparité interne souligne que les réformes ne peuvent être déconnectées de la stabilité macroéconomique et politique.
L'évolution depuis juillet 2026 est notable : les engagements financiers en faveur de la Côte d'Ivoire et la dynamique régionale suggèrent que les réformes commencent à attirer des capitaux. Le rapport Business Ready 2025, qui remplace le célèbre Doing Business, intègre des critères plus exigeants, comme la qualité des réglementations ou l'égalité d'accès. Le fait que trois pays de l'UEMOA figurent dans le top 10 africain est un signal fort pour la compétitivité de la zone.
Cette dynamique s'inscrit dans un mouvement plus large de la CEDEAO et de l'UEMOA vers une intégration économique renforcée. La Chambre Consulaire régionale de l'UEMOA a réaffirmé en juillet 2026 son ambition de construire un espace économique intégré et prospère. Les réformes nationales, si elles restent menées au niveau des États, s'appuient sur des cadres régionaux harmonisés, notamment en matière de droit des affaires (OHADA) et de politiques commerciales.
Pour les observateurs, la prudence reste de mise : les scores de climat des affaires mesurent des perceptions et des cadres réglementaires, pas nécessairement les flux réels d'investissements. Mais la concordance entre les classements internationaux, les réformes nationales et les promesses de financement suggère une dynamique vertueuse. La Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo pourraient bien servir de modèles pour leurs voisins, à condition que les réformes soient poursuivies et adaptées aux réalités locales.
Au-delà des scores, c'est la crédibilité des politiques économiques ouest-africaines qui se joue. Alors que la Côte d'Ivoire et le Sénégal attirent des financements massifs, la question est de savoir si ces performances pourront être durablement étendues à l'ensemble de la région, et si les réformes engagées résisteront aux chocs politiques et sécuritaires. L'Afrique de l'Ouest semble avoir trouvé une recette, mais sa mise à l'échelle reste un défi.